NPA 79 Nord Deux Sèvres
Guiyu, en Chine, plus de 100 000 ouvriers, sous-payés et travaillant dans des conditions sanitaires déplorables, s'attellent régulièrement au recyclage de produits
électroniques, selon des organisations non gouvernementales. Cette ville du Sud-Est chinois est-elle condamnée à rester le symbole des travers de la "pollution high-tech" ? Ça se pourrait. Un rapport du Programme des
Nations unies pour l'environnement (PNUE), publié lundi 22 février, indique que les quantités de déchets électroniques devraient encore fortement augmenter durant les dix prochaines
années.-
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"Tous les cinq à huit ans, les stocks d'ordinateurs personnels sont remplacés, ce qui les transforme aussitôt en e-déchets", note le rapport. Avec un milliard de terminaux mobiles vendus
en 2007, contre 896 millions en 2006, les équipements électroniques d'aujourd'hui constituent donc les déchets de demain.
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"LA CHINE, DÉCHARGE DES PAYS DÉVELOPPÉS"
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"Malgré une interdiction des importations de déchets électroniques, la Chine demeure la décharge des pays développés", souligne aussi le document. Mais désormais, le pays doit aussi faire
face à la demande intérieure. A elle seule, la Chine produit déjà environ 2,3 millions de tonnes de déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE) par an, uniquement devancée par les
Etats-Unis, qui en produisent 3 millions.
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Le phénomène devrait aussi se poursuivre durant les dix prochaines années dans les pays étudiés par le PNUE. En 2020, la quantité de déchets électroniques liés aux seuls ordinateurs hors
d'usage devrait bondir de 500 % en Inde, entre 200 et 400 % en Afrique du Sud ou en Chine, par rapport au niveau de 2007. En Chine, les déchets liés aux terminaux mobiles seront par ailleurs 7
fois plus nombreux qu'en 2007, et 18 fois plus nombreux en Inde. Le nombre de déchets liés aux téléviseurs ou aux réfrigérateurs devraient aussi doubler en dix ans en Inde et en Chine.
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UNE "E-OPPORTUNITÉ" ?
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Cette augmentation pose d'abord des problèmes environnementaux et de santé publique. Les équipements électroniques actuels renferment en effet jusqu'à 60 composants différents, dont de
l'or, de l'argent ou du platine. "La plupart des e-déchets chinois sont brûlés par des recycleurs dans des arrière-cours, afin de recueillir des métaux précieux comme comme l'or", note
le rapport, qui préconise l'instauration d'une véritable filière de recyclage, moins nocive et plus efficace.
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L'organe onusien pointe aussi les effets néfastes des déchets électroniques sur les émissions de gaz à effet de serre. Les émissions liées à l'extraction des matériaux nécessaires pour les produits électroniques représenteraient 23 millions de tonnes, soit 0,1 % des émissions mondiales de CO2. Ces chiffres n'incluent pas les émissions liées à l'assemblage des appareils.
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Les responsables du PNUE se veulent toutefois optimistes. "Promouvoir le recyclage dans les pays en voie de développement peut engendrer des emplois décents" ou encore "réduire les
gaz à effet de serre." De nombreux pays peuvent transformer un "e-defi", en "e-opportunité", soulignent-ils. Mais parmi les pays étudiés, tous ne sont pas égaux : "Le
Brésil, la Colombie, le Mexique, le Maroc et l'Afrique du Sud ont le plus grand potentiel pour établir des technologies de pointe en matière de recyclage", précise le rapport.
Laurent Checola




