NPA 79 Nord Deux Sèvres
Le NPA est confronté à une campagne médiatico-politique autour d'une de ses 2000 candidat-e-s aux régionales, Ilham Moussaid, qui porte un foulard, quatrième de la liste NPA - Alternatifs du Vaucluse (PACA) dont la tête de liste départementale est Jacques Hauyé.
Contrairement à ce que certains ont laissé entendre, il ne s'agit en rien d'un « coup politique et médiatique » orchestré par la direction du NPA mais bien une décision prise dans le Vaucluse. Une minorité de membres du NPA de ce département s'y est opposée. La décision prise par les camarades du Vaucluse ne peut faire office de position pour l'ensemble du NPA, puisqu'il n'a pu en discuter avant à quelque niveau que ce soit.
2/ Notre camarade Ilham Moussaid est membre du NPA et, à ce titre, peut postuler à la candidature au même titre que les autres membres de notre parti. Une majorité de camarades du Vaucluse a décidé d'acter cette candidature. Quoi que l'on pense de cette décision, celle-ci est statutaire. Nous assurons la liste NPA-Alternatifs, l'ensemble des ses candidates et candidats, de notre solidarité dans ce moment difficile.
3/ Ilham porte un foulard (et pas une burqa comme on a pu l'entendre ou le lire). Elle n'y voit pas de contradiction avec les principes fondateurs dont la dimension féministe et laïque constitue une des clés de voûte et affirme son attachement à ces valeurs ainsi qu’à l’ensemble des principes fondateurs du NPA.
Le foulard est non seulement un symbole religieux visible mais il est également un instrument de soumission des femmes utilisé sous diverses formes et à diverses époques par les trois monothéismes même si Ilham ne le vit pas comme tel et elle n'est pas la seule dans la société.
4/ L'annonce de la candidature d'Ilham Moussaid a suscité de nombreuses réactions. Toutes ne sont pas de la même nature. Les critiques et désaccords formulés, à l'intérieur du NPA ou par des mouvements ou des militante-s du mouvement social et du mouvement féministe sont autant d'arguments qui alimentent la discussion et le débat va continuer.
En revanche, nous dénonçons le flot haineux et hypocrite provenant de l'extrême droite, de l'UMP, ou du PS voire du PG et du PCF. On les entend moins quand le Président de la République se jette dans les bras du pape, se signe de la croix en public en voyage officiel, ou quand Boutin brandit la Bible à l'Assemblée. Les partis institutionnels financent par millions les lycées privés confessionnels, notamment catholiques. Quant au PCF, il ferait mieux d'être plus prudent, lui qui, aux côtés du PS, a accepté sur ses listes une candidate qui portait le foulard pendant la campagne et continue de le porter au sein du conseil municipal d'Echirolles (38) où elle siège.
5/ Au sein du NPA, le CE confirme que le débat sur « religion et émancipations », prévu avant cette campagne politico médiatique, aura lieu. Le débat interne qui nous traverse est un débat public. La décision prise dans le Vaucluse ne crée aucune « jurisprudence » en la matière. Le congrès du NPA est souverain.
6/ L'heure est d'abord et avant tout à la campagne derrière les listes que nous présentons ou soutenons, une campagne pour faire entendre notre véritable spécificité, celle d'une gauche anticapitaliste, antiraciste, écologiste, internationaliste, féministe, qui a toujours été solidaire des femmes qui résistent à ceux qui veulent leur imposer le voile.
Adopté à l'unanimité des présent-e-s, moins une abstention, le 8 février 2010
Le bal des hypocrites
L’annonce de la candidature d’Ilhem Moussaïd a précipité une tourmente médiatique. Il ne s’agit pas évidemment ici de confondre, de quelque façon que ce soit, les charges violentes d’une grande partie de la classe politique avec les
arguments qu’échangent militantes et militants du NPA, du mouvement social et féministe.
Sans surprise, l’affaire autour d’Ilhem a révélé les incompétences ou le manque d’objectivité de certains médias. Quand une radio de grande audience annonce que le NPA a fait le choix de
présenter aux élections une « intégriste musulmaneportant la burqa », on n’est plus dans l’info mais bien dans l’intox. Quoique l’on pense de sa candidature, il vaut mieux partir de la
réalité. Ilhem porte un foulard et pas une burqa. Elle marque sa croyance religieuse, mais elle proclame son accord avec les principes fondateurs du NPA basés sur l’anticapitalisme,
l’antiracisme, le féministe et la laïcité. Rien à voir avec l’intégrisme. Les mêmes
savent faire preuve de plus de nuance en faisant la différence entre Gaillot et Benoît XVI quand il s’agit des cathos.
Relayée par exemple par un Mélenchon mal inspiré, la thèse du « coup politique » a connu un certain succès. En réalité, la direction du NPA a été obligée de gérer dans l’urgence le
contre-coup d’une secousse dont l’épicentre est localisé dans le Vaucluse. C’est le Figaro, relayé par tous les médias, qui a fait le choix de braquer les projecteurs sur une de nos 2000
candidat-e-s.
Les porte flingue de Sarkozy n’y sont pas allés de main morte. Ne concevant la communication politique que comme de la manipulation, Xavier Bertrand y a logiquement vu... la manip chez
Olivier Besancenot. Nadine Morano a dénoncé « un coup médiatique contre les valeurs de la République ». Valeurs de la République auxquelles elle attribue tout de même un sens particulier
quand tout récemment elle exhortait les « musulmans à enlever leur casquette », participant d’un climat islamophobe et raciste détestable. Le gouvernement est un expert en manipulations
de toutes sortes. Le débat nauséabond sur l’identité nationale dont l’un des buts est de faire oublier le chômage, les licenciements, la crise écologique en est un exemple.
Pas de problème en revanche quand le chef de la meute, à la fois président de la République et chanoine de Latran, reçoit le Pape en grande pompe et lui tombe dans les bras ou quand il se
signe en public dans le cadre d’un voyage officiel. Pas de problème non plus quand la très bigote et homophobe Boutin brandit la Bible à l’Assemblée nationale.
PS et PCF ne sont pas en reste. La socialiste Aurélie Filipetti nous invite à relire Marx. Ce ne serait pas mal qu’elle ne se contente pas de le feuilleter mais qu’elle le lise
entièrement, ce qui lui permettrait de comprendre à la fois les causes profondes de la crise majeure du capitalisme et l’insipidité des réponses du PS. Il faut par ailleurs rendre à Marx,
ce qui est à Marx. Très utilisée, la citation « la religion est l’opium du peuple » est tronquée. En réalité, celui-ci disait : « La détresse religieuse est, pour une part, l’expression
de la détresse réelle et, pour une autre, la protestation contre la détresse réelle. La religion est le soupir de la créature opprimée, l’âme d’un monde sans cœur, comme elle est l’esprit
de conditions sociales d’où l’esprit est exclu. Elle est l’opium du peuple. (...) L’abolition de la religion en tant que bonheur illusoire du peuple est l’exigence que formule son bonheur
réel. Exiger qu’il renonce aux illusions sur sa situation c’est exiger qu’il renonce à une situation qui a besoin d’illusions ». On voit que l’idée est un brin plus sophistiquée.
Mais sur la question de la laïcité, on croit rêver ! N’est-ce pas le Parti socialiste qui a subventionné main dans la main avec le droite à coups de millions d’euros les écoles privées
confessionnelles, notamment catholiques ?
Faussement désintéressé, Pierre Laurent, le futur numéro 1 du PCF a déclaré ne pas vouloir se « mêler des affaires internes du NPA », mais pour ajouter immédiatement que les féministes de
notre parti « ont sans doute dû être désarçonnées par ce type d’utilisation ». Peut être faut-il y voir la marque de l’expérience quand on sait qu’à Échirolles (Isère) siège, pour le
compte du PCF, une élue portant le foulard. Quant à Martine Aubry, elle ferait bien elle aussi d’être plus prudente car à Échirolles, il s’agit d’une majorité municipale d’union de la
gauche et à Creil (Oise), c’est une élue socialiste qui est concernée. Vont-il demander leur démission ?
Au bout du compte, nous prenons la mesure de l’ensemble de ces attaques sans toutefois nous vivre comme une citadelle assiégée. Le NPA y fait face ensemble, tout en assumant un débat
approfondi, aussi nécessaire que public.
Fred Borras
Mercredi soir à Pantin, pendant le “speed dating citoyen” dont nous vous parlions hier , un jeune militant UMP interpelle Omar Slaouti, tête de liste NPA : “C’est pas vous qui provoquez en présentant une candidate voilée ?”. Aussitôt, le candidat s’emporte : “C’est une candidate sur 2000! Elle ne peut plus rentrer chez elle son quartier est bouclé par les paparazzis, elle craque nerveusement!”.
Et de reprendre : “Aujourd’hui, en France, un parti qui défend les arabes et les noirs, il perd des voix; un parti qui défend le fait qu’une femme puisse porter le foulard et être présente sur une liste, il perd des voix. Par contre le PS et le PC ils ont tout les deux des candidates avec des foulards dans des communes mais ils vont pas les mettre en avant. A Sarcelles, au conseil municipal, il y en a qui siègent avec la kippa ça ne pose pas de problème… Il y a une islamophobie rampante, si tu lèves pas le menton tu te fais écraser. Nous on lève le menton!”
Retrouvez toute l’actualité des élections régionales en Île-de-France sur Ramdam en Région.
//Point de vue Pour Ilham Moussaid, par Karima Delli,... LEMONDE.FR | 19.02.10 | 12h04 • Mis à jour le 19.02.10 | 13h13
ous pensions que le "grand débat" sur l'identité nationale allait s'achever après les déclarations du premier ministre, en clôture du séminaire gouvernemental, lundi 8 février. Cela ressemblait en effet à un enterrement.
Nous étions soulagées et espérions ne plus entendre ce flot de dérapages verbaux auquel nous avions assisté, qui n'était au fond que l'explicitation d'une logique xénophobe au sommet de l'Etat à l'approche des élections régionales.
La France a changé, et le visage qu'elle dévoile déplaît et heurte, notamment ceux qui nous dirigent.
C'est ainsi que nous interprétons les attaques dont est victime Ilham Moussaid, jeune femme, étudiante et militante du groupe local d'Avignon du Nouveau Parti anticapitaliste [NPA], dont elle assure par ailleurs la trésorerie. De nombreux responsables politiques, de droite ou de gauche, y sont allés de leur condamnation, certains y voyant même un coup électoral, alors même que le débat sur l'identité nationale n'a eu de cesse de stigmatiser l'islam et sa pratique et de désigner les Français musulmans comme étrangers au corps national. Il y a mieux comme calcul électoraliste.
Contre Ilham Moussaid, l'argument est rodé, imparable et toujours le même : tout le monde sait mieux que celle qui le porte ce que dit le foulard. En l'occurrence, tout le monde fait dire au foulard ce qu'Ilham Moussaid ne dit pas. Ce que dit cette jeune femme ne semble guère intéresser d'ailleurs tous ceux qui la condamnent. En fait, ses mots n'ont pas le droit de cité. Elle est accusée de vouloir dire ce qu'elle récuse.
Nous ne nous voterons pas NPA aux prochaines élections régionales, mais nous tenons à affirmer notre soutien à Ilham Moussaid. Nous avons lu ses déclarations et ne mettons pas en doute son engagement féministe. Nos considérons que l'on peut être à la fois croyante et laïque et que l'on peut s'appeler Ilham Moussaid et être une militante anticapitaliste et féministe. Nous affirmons qu'elle a, comme nous, le droit de se présenter au suffrage des électeurs et n'avons pas de raison particulière d'exiger qu'elle montre patte blanche pour être candidate. Que les choses soient claires : nous nous réjouissons que cette jeune citoyenne ait choisi l'engagement politique dans un pays où nous y sommes toujours sous-représentées.
Karima Delli est deputée européenne (Europe Ecologie-Les Verts) ; Véronique Dubarry, est adjointe au maire de Paris (Les Verts) ; Anne Souyris est membre de la direction des Verts et conseillère régionale d'Ile-de-France ; Emmanuelle Cosse est journaliste et Caroline Mécary est avocate. Les trois dernières sont candidates Europe Ecologie en Ile-de-France.
Et si c'était précisément parce qu'il s'agit d'un parti pour qui la politique compte, pour qui la libération ou l'émancipation sont toujours des devenirs, solidaires de luttes, que le NPA ne se conformait pas aux mots d'ordre de la bien-pensance progressiste ? Et s'il avait raison de refuser le rassemblement autour de l'étendard de "nos valeurs". Comme si l'émancipation des femmes était inscrite dans le ciel des idées, ou était tombée de l'arbre de notre "civilisation" à la manière d'une pomme, quand elle est mûre. Il y a toujours chez les bien-pensants comme une amnésie des luttes au nom de ce qui a été "acquis", et c'est ce qui rend ces acquis, séparés de la mémoire active de leur création, vulnérables à une capture qui transforme leur signification. Là les droits conquis par les travailleurs sont impunément caractérisés comme des charges, à alléger bien sûr. Ici les droits à la non-discrimination des femmes, ou des homosexuels/les servent à stigmatiser quiconque tente de prendre une position qui n'exclue pas a priori ceux et celles à qui il s'agit de s'adresser, avec qui il s'agit de penser et de devenir. Non, il faut s'incliner devant eux comme devant de grands principes transcendants dont la fonction est précisément de nous éviter la nécessité (la difficulté) de penser collectivement : on ne transige pas, on juge et on condamne. Comment appeler cela autrement qu'une religion ?
Cela nous rappelle un autre débat, où les partis de gauche se sont montrés aussi stupides que ceux de droite : celui sur les drogues illégales. Sous prétexte d'une "guerre à la drogue", c'est en fait une "guerre aux drogués" qui a été et qui continue d'être menée. Les usagers de drogues illégales ont été interdits de soins pendant longtemps (sauf à accepter d'entrer dans un programme d'abstinence), mis en prison, toujours plus marginalisés socialement. Faut-il défendre l'usage de drogues ? C'est là une question truquée comme la droite adore en fabriquer pour nous empêcher de penser, pour que les problèmes ne puissent pas être explorés collectivement. Du point de vue d'un parti pour qui une question n'est pas séparable des mouvements qui contribuent à en inventer les solutions, le droit pour les usagers de drogues illicites d'être des "citoyens comme les autres", leur possibilité de se réunir, d'échanger autour de leur expérience des drogues, donc d'exister comme une force sociale, est primordial : c'est ce qui permet que l'on commence à passer d'une question de police à une question politique.
Ce sont justement les mouvements féministes qui nous ont appris une autre manière de faire de la politique, avec l'invention de ces groupes où il s'agissait de produire une situation rendant capable de penser, de dire, pour chacune et avec les autres, comment ce qui est personnel est politique. C'est là que s'est fait le premier apprentissage des manières, on dira même des techniques, qui produisent une capacité de penser et agir ensemble sur un mode qui est celui de l'intelligence collective. Loin de toute transcendance qui détache et abstrait, qui permet de juger au nom de quelque chose de général, il s'agit alors d'apprendre, d'expérimenter, de créer de la pensée et de l'action en commun même si cela ne va jamais de soi. Même si ce n'est jamais facile.
Si la création du NPA a pu avoir un sens, même pour ceux qui comme nous n'en sont pas membres mais qui refusent les impératifs capitalistes, c'est dans la promesse de ne pas faire de la politique comme en font les partis classiques, c'est-à-dire en supposant les problèmes résolus dans le ciel des idées avant même que ceux qui sont concernés aient trouvé les moyens de se les approprier et d'en formuler les termes dans une syntaxe qui leur convienne, d'inventer des modes d'exploration qui ne se bornent pas à accueillir mais acceptent, et ce n'est pas facile, de faire mouvement avec les pratiques, les expériences et les expérimentations de tous ceux, toutes celles, qui luttent contre le désordre capitaliste et les questions truquées de l'État.
Nous sommes certainement nombreux à penser : pourvu que le NPA ne cède pas à la tentation de la facilité, aux idées générales rassurantes, à la politique du bon sens qui lui est proposée de toutes parts ; pourvu qu'il prouve à cette occasion sa capacité à fabriquer les questions politiques avec celles qui sont concernées et en premier lieu, ici, les femmes qui ont choisi de porter le voile et celles qui ont fait le choix inverse, réunies, au-delà de leurs choix divergents par des ennemis communs : le capitalisme, mais aussi les servants de l'ordre établi, de la politique réduite à la police.
Bref ceux, et malheureusement celles qui n'ont pas très envie qu'elles apprennent à penser et agir ensemble. Mais cela implique de mettre son jugement en suspens, de refuser de séparer le monde entre, d'un côté, les laïcs et féministes éclairés et, de l'autre, les obscurantistes. Cela suppose de ne pas croire tout savoir sur les raisons pour lesquelles une femme porte le foulard et accepter d'entrer dans un processus de cohabitation et d'apprentissage. Cela revient à ne plus se comporter en juges mais en aventuriers de la démocratie.
Isabelle Stengers est philosophe, Philippe Pignarre est éditeur. Ils ont écrit ensemble La Sorcellerie capitaliste. Pratiques de désenvoûtement, La Découverte, 2007.
Quatre foulards et une soutane en politique
18 Février 2010 Par
Stéphane Alliès (Mediapart)
Alors que les passions n'en finissent pas de se déchaîner suite à la candidature d'Ilham Moussaïd, en quatrième position de la liste départementale du Vaucluse du NPA aux régionales de PACA, Mediapart revient sur cinq exemples récents où la vie politique française s'est diversement accomodée de la laïcité. De Sabiha Hejli «démissionnée» de Clermont-Ferrand en 1989 aux municipales à Besma Mechta l'élue d'Echirolles (Isère) ou Maïmouna M'Baye l'élue de Creil (Oise) depuis 2008, en passant par Najette Sounni, qui s'est elle retirée du conseil municipal d'Arbois (Jura) six mois après son élection, et frère Pierre-Marie Jourdan, qui siège depuis 2008 en soutane au conseil municipal de Plouharnel (Morbihan).
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Nous avons été bien naïves. En fait, ce débat a échappé aux apprentis sorciers gouvernementaux : il a ouvert la porte à la manifestation d'un inconscient colonial, qui mêle peurs de toutes sortes et racisme latent.
Devant la violence des attaques, nous estimons que le NPA a raison d'assumer d'avoir ouvert sa liste à cette militante.
Point de vue
Le plus religieux n'est pas celui qu'on croit, par Isabelle Stengers et Philippe Pignarre
LEMONDE.FR
omment désormais croiser une femme portant le foulard, ou même dissimulant son visage sur quelque mode que ce soit, sans se demander : a-t-elle encore le droit d'avoir des idées politiques ? Si sa candidature à une élection pose problème, ne sera-t-elle pas, demain, privée du droit de vote ?
La nécessité de faire attention aux conséquences des propos que l'on tient n'est évidemment pas ce qui est le mieux partagé. Quelles sont les conséquences de ce rejet hors de la sphère politique des femmes portant le foulard ? Comment ne pas trembler en entendant les appels à "éradiquer" le voile (le mot est de Fadela Amara) qui ont suivi l'annonce qu'une candidate du NPA en portait un. De Nadine Morano à Jean-Luc Mélenchon, il semble bien y avoir unanimité dans l'excommunication : aurait-on enfin trouvé à cette occasion ce qui définit l'"identité nationale" ? Que ce soit une candidate du NPA est bien sûr ce qui permet de se déchaîner. N'y aurait-il pas là trahison à l'encontre des mouvements de libération et d'émancipation dont ce parti se doit d'être solidaire ?
D'ailleurs c'est Bensaïd lui-même en 2006 qui a fait rééditer La Question juive aux éditions La Fabrique et l'a commenté.. Tout est là :