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(Le Monde) Simples amendes pour les salariés de Continental  




LILLE (Reuters) - Condamnés à de la prison avec sursis en première instance, six salariés de l'usine Continental de Clairoix (Oise) ont écopé de simples amendes en appel pour le saccage de la sous-préfecture de Compiègne.

 

Lors de l'audience, à la mi-janvier, les prévenus avaient expliqué leur irruption dans ce bâtiment public comme un geste de colère non prémédité après l'annonce de la fermeture de l'usine du fabricant allemand de pneumatiques.

L'annonce du jugement de la cour d'appel d'Amiens vendredi a été accueilli par une explosion de joie et les larmes des prévenus.

Les réactions ont afflué de toute la gauche, dont des responsables avaient été appelés à la barre en tant que témoins.

Olivier Besancenot, porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) et Arlette Laguiller, qui fut leader de Lutte ouvrière, avaient fait le déplacement à Amiens vendredi.

"L'abandon de peines de prison pour les syndicalistes de Continental est un premier succès a mettre à l'actif de l'intense mobilisation. La lutte paie", a déclaré la secrétaire nationale du Parti communiste, Marie-George Buffet.

Pour le Parti socialiste, qui s'en réjouit, la justice n'a pas voulu "ajouter une peine pénale à la peine sociale provoquée par des licenciements nombreux et injustes dans une entreprise importante de la région".

Condamné à 4.000 euros d'amende, Xavier Mathieu, délégué CGT de l'usine, a fondu en larmes à la sortie du tribunal.

"QU'ON NOUS FOUTE LA PAIX!"

"C'est un gros soulagement parce que la ministre de la Justice avait réclamé des peines lourdes", a-t-il dit.

"Apparemment la justice a un peu plus de coeur que ce gouvernement", s'est-il réjoui, se félicitant devant les journalistes d'un "désaveu" pour le pouvoir.

Le syndicaliste a dit espérer qu'il n'y aurait pas de poursuite au civil, pour réclamer des dommages et intérêts.

"Qu'on nous foute la paix maintenant et que le gouvernement n'insiste pas", a-t-il lancé après avoir fait un tour d'honneur devant le tribunal où des dizaines de personnes s'étaient massées dans l'attente du jugement.

L'usine Continental, qui comptait 1.120 salariés, a fermé ses portes en 2009. Après des semaines de lutte, les salariés ont obtenu une prime de départ supplémentaire de 50.000 euros.

Le 21 avril 2009, des salariés avaient saccagé les locaux de la sous-préfecture de Compiègne après la décision du tribunal de grande instance de Sarreguemines (Moselle) de ne pas annuler le plan de fermeture de leur usine.

La cour d'appel n'a pas suivi les réquisitions de l'avocat général qui demandait la confirmation des peines de première instance, allant de deux à cinq mois de prison avec sursis.

Les amendes des cinq autres prévenus s'élèvent à 2.000 euros. Leur avocate avait plaidé la relaxe, que l'avocat général refusait au motif que cela aurait été une "forme d'impunité".

A la demande du président de la cour d'appel, des images de reportages de télévision sur le saccage avaient été projetées à l'audience. On y reconnaissait plusieurs des prévenus.

Pierre Savary, édité par Yves Clarisse

Ven 5 fév 2010 Aucun commentaire