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Le 12 octobre 2009, à la suite de la Journée anticarcérale organisée le 10 par le Collectif contre la prison de Vivonne, se tenait le « procès » des 8 inculpés.
Un procès marathonien et caricatural dans la forme comme dans le fond. Pendant huit heures trente se sont étalés au grand jour les contradictions flagrantes des témoignages policiers ainsi que l’acharnement du procureur contre les inculpés. Au même moment, le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, venu précipitamment à Poitiers, a exercé par ses déclarations un gros coup de pression sur l’institution judiciaire – en demandant des peines de prison ferme pour tous, sans se soucier des preuves, et en violant une fois de plus l’indépendance de la justice vis-à-vis du pouvoir exécutif.
A 1 h 15 du matin, le couperet est tombé :
Vont également avoir lieu, le 5 janvier prochain, le procès d’une mineure pour rébellion et refus de prélèvement d’ADN et, le 23 février, celui de deux autres personnes également pour refus de prélèvement d’ADN (ainsi que pour refus de prise de photo et d’empreintes concernant l’une d’entre elles). Enfin, nous venons d’apprendre que le parquet a décidé de faire appel afin d’aggraver les lourdes peines déjà prononcées scandaleusement. L’acharnement du pouvoir à réprimer sans distinction ni ménagement les fractions de la jeunesse précarisée, les militants politiques et syndicaux, les milieux populaires et les SDF ne s’arrêtera donc pas là !
Le procès du 12 octobre et les verdicts prononcés servent pour le gouvernement à jeter quelque chose en pâture à l’opinion publique, alors qu’il peine à prouver l’efficacité de sa politique aussi bien dans le domaine économique que social. La mise en branle du rouleau compresseur médiatico-politique pour criminaliser toute une jeunesse – à travers une description apocalyptique des événements du 10, où on a vu sans cesse revenir les termes d’« émeute », de « casseurs » et d’« ultra-gauche » – a permis d’occulter la répression sauvage et totalement gratuite qu’a exercée le soir même du 10 octobre, durant cinq heures, une horde de policiers désireux de trouver des boucs émissaires au « Numéro 23 », le local qu’une association à caractère culturel et artistique avait mis à disposition afin que puissent se tenir un débat et un concert en clôture de la Journée anticarcérale.
Lors de la manifestation, nous avions noté l’effectif plus réduit qu’à l’ordinaire de la police pour canaliser des formes d’expression politique qu’elle jugeait condamnables et illégales. A 20 heures, nous avons pu remarquer, en revanche, une augmentation spectaculaire de ses forces et de son zèle dans sa chasse aux « pseudo-coupables » : dégradation du matériel de musique (pour plusieurs milliers d’euros) par le versement de jus d’orange dessus et une série de coups de matraque ; distribution de coups également sur les personnes présentes, qui étaient venues débattre puis assister au concert ; contrôles d’identité humiliants (avec obligation de rester assis ou couché, mains sur la tête, durant toute la durée de l’opération). Ces interrogatoires musclés se sont terminés par la mise en garde à vue de 3 personnes, et des menaces de faire fermer le local ont suivi.
Au même moment, le centre-ville subissait un quasi-couvre-feu : arrêt des concerts organisés par Poitiers Jeunes dans le cadre des Expressifs, interdiction de pénétrer dans certains quartiers – l’impressionnant dispositif policier donnant à Poitiers une ambiance de chasse aux jeunes et aux précaires, avec une oscillation entre gardes à vue et garde-à-vous très inquiétante…
Le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux appelle chacun-e à se mobiliser en tous lieux (facs, lycées, espaces publics) pour manifester son soutien aux condamnés et à leurs familles.
Abandon de l’instruction judiciaire !
Solidarité avec les condamnés !
Libération des incarcérés !
Non à la répression des mouvements sociaux !
Le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux appelle à un
Rassemblement lundi 19 octobre à 18 h 30 place
d’Armes
Rajouter des injustices aux injustices - Les militants poitevins condamnés à de lourdes peines, qui peuvent encore être aggravées par l’appel du procureur, ne font pas partie des auteurs des violences du 10 octobre sur la ville.
Nous dénonçons une justice expéditive et à charge, rendue dans l’urgence. Le ministre de l’intérieur, en visite médiatique à Poitiers, est venu faire pression.
Tous les rassemblements sur Poitiers, aussi minimes soit-ils, quel qu’en soit le thème, voient une présence policière sur-dimensionnée. Cette fois-ci la présence de personnes violentes, inconnues et très organisées a coincidé avec l’absence de CRS.
Suite à cela nous avons assisté à une sur-médiatisation de la violence du 10 octobre, à des condamnations "pour l’exemple", à l’acharnement du procureur. On assiste à une stratégie visant à exploiter la peur. La droite veut discréditer les mobilisations, justifier la solution répressive et désigner la jeunesse comme classe dangereuse. Elle espère ainsi faire oublier la crise, le chômage et la pauvreté qui augmentent, les salaires qui stagnent et les scandales tel celui du fils Sarkozy.
Nous renouvelons notre condamnation des actes de violence de samedi qui desservent la cause qui justifiait la manifestation.
Lundi 19 octobre (18h30) place d’Armes à Poitiers
Publié le 15/10/2009 à 14h31 dans Conflits