NPA 79 Nord Deux Sèvres
Par R.D (avec Reuters) dans leJDD.fr Mercredi 05 Août 2009
A l'issue d'une réunion mardi soir, le directeur du développement de la firme américaine Molex aurait été agressé à la sortie de l'usine du groupe située à Villemur-sur-Tarn, selon le
ministère de l'Intérieur et la direction du site. Une version contestée par les syndicats, qui affirment qu'il n'y a eu que quelques jets d'oeufs et une légère bousculade. En représailles,
l'entreprise a annoncé la fermeture du site.

Les salariés en grève de Molex s'en sont pris à un dirigeant. Reste à savoir sous quelle forme. (Maxppp)
La colère est nettement montée d'un cran mardi soir à l'usine Molex de Villemur-sur-Tarn. En grève depuis cinq semaines pour lutter contre la fermeture programmée du site, les salariés ont en
effet appris la cessation des négociations entre l'actuelle direction et un éventuel repreneur et ont vu l'incertitude sur leur avenir grandir un peu plus. Les dirigeants leur ont en outre
indiqué qu'ils ne comptaient plus céder l'usine mais plutôt procéder à une réindustrialisation du site. La colère a alors donné lieu à des débordements, dont la cible a été Eric Doesburg, le
directeur du développement de la firme américaine. Sur la nature de l'agression subi par le représentant américain, les versions différent.
Pour Marcus Kerriou, directeur général de Molex France, Eric Doesburg a été victime d'une agression en bonne et due forme. "Il a été réellement frappé par une quarantaine d'ouvriers à la
sortie du site, a assuré le dirigeant. Il a été protégé par deux gardes du corps qui ont réussi à l'extraire. Un constat médical a permis ensuite de constater ces blessures et nous avons
décidé de porter plainte." Cette plainte a d'ailleurs était déposée dès mercredi matin pour "violences". L'entreprise américaine a en outre annoncé dans la soirée la fermeture pure et simple
du site. Une annonce qui sonne comme une sanction.
"Essentiellement des jets d'oeufs et peut-être une légère bousculade"
Christian Estrosi souscrit visiblement à cette version des faits. Dans un communiqué, le ministre de l'Industrie "condamne fermement ces actes de violence exercés par une minorité, qui
desservent la cause des salariés et rendent encore plus difficiles les négociations." Selon le texte, Eric Doesburg a été "agressé mardi soir à la sortie de l'entreprise et le médecin
qui l'a examiné lui a interdit tout déplacement". La rencontre entre les deux hommes, prévue ce mercredi, a été annulée et reportée de quelques jours.
Guy Pavant, délégué CGT de l'entreprise ne donne pas de son côté le même son de cloche. "Il n'y a eu aucun blessé à ma connaissance à la suite des incidents qui ont éclaté mardi soir entre
des salariés et deux directeurs de Molex", a-t-il affirmé. "C'est vrai qu'à 18h30 puis vers 21h00, à la sortie de deux des dirigeants français de Molex, il y a eu quelques petits
incidents. Essentiellement des jets d'oeufs et peut-être une légère bousculade. Mais il n'y a eu aucun blessé. (...) Les dirigeants sont repartis normalement". Le syndicaliste a ensuite
justifié l'état d'esprit des employés de Molex: "Il faut comprendre la colère des salariés qui venaient d'apprendre de la direction la cessation des pourparlers avec un éventuel repreneur et
le rejet de toutes nos propositions de poursuite d'activité."