
Transports Laroche-Peltier : la phase de la dispersion
Matériels et véhicules des sociétés liquidées à Azay-le-Brûlé et La Crèche sont vendus aux enchères depuis hier. Dernier acte d’un retentissant drame social.
Armoire, chaises, ordinateur, fax et balance : le premier lot est adjugé 100 €. Ce mardi après-midi, on se bouscule dans le minuscule hall d’accueil de l’ex-transporteur routier et frigorifique Laroche-Peltier, à Azay-le-Brûlé. Une cinquantaine d’acheteurs et curieux participent à la vente aux enchères, sous le marteau de Me Gaël Biard, du mobilier de bureau et matériels informatiques de l’entreprise liquidée l’été dernier (280 licenciements). Le commissaire- priseur niortais cadence à un bon rythme la dispersion. La plupart sont des acquéreurs locaux, certains venus de plus loin comme ce revendeur aveyronnais d’outillages. Lui attendra la deuxième partie de cette vente pour se manifester, le matériel lourd du garage et des quais, transpalettes et autres chariots élévateurs. Présence insolite d’un groupe de lycéens en bac pro vente, pour une leçon grandeur nature.
“ Ils sont là, hallucinant ! ”
Attentive depuis l’ouverture des enchères, Allam Khadisa espère bien emporter un ordinateur. Finalement, ce sera la grande table de salle de repos. Question : « Comment vais-je la ramener ? » Elle était employée à la facturation à La Crèche, siège de la filiale frigorifique Laroche-Peltier Frigeline. Trois mois de travail à peine depuis juin dernier : « Je vais faire une formation de prothésiste ongulaire… » Stéphane, son ancien collègue responsable des litiges, est aussi là : « Je n’avais pas l’habitude de venir à Azay. Ceci dit, même si je ne travaillais que depuis huit mois chez Laroche-Peltier, tout ça fait vraiment mal au cœur. » Il repart avec deux bureaux, quatre chaises, une armoire et un radiateur pour 50 €. Un autre petit groupe des « frigos » suit silencieusement l’attroupement qui circule dans l’entreprise, chaque pièce étant refermée sitôt la vente du matériel effectuée. Frédéric, qui a retrouvé un travail de chauffeur, est venu voir, très remonté, « s’ils sont là ». « Ils », ses anciens patrons. « Et ils sont là ! Je suis malade. Hallucinant ! » Ce premier acte n’était qu’une mise en bouche. Le gros morceau de la vente aux enchères a lieu cet après-midi, au centre routier de La Crèche. Mobilier de bureau encore, mais surtout vingt et un semi-remorques et sept camions porteurs devront changer de main.
nr.niort@nrco.fr
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