Jeudi 15 octobre 2009 4 15 /10 /2009 14:31
Lundi 19 octobre (18h30) place d’Armes à Poitiers

Infos sur les événements du 10 Octobre:
Le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux communique

Le 12 octobre 2009, à la suite de la Journée anticarcérale organisée le 10 par le Collectif contre la prison de Vivonne, se tenait le « procès » des 8 inculpés.

Un procès marathonien et caricatural dans la forme comme dans le fond. Pendant huit heures trente se sont étalés au grand jour les contradictions flagrantes des témoignages policiers ainsi que l’acharnement du procureur contre les inculpés. Au même moment, le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, venu précipitamment à Poitiers, a exercé par ses déclarations un gros coup de pression sur l’institution judiciaire – en demandant des peines de prison ferme pour tous, sans se soucier des preuves, et en violant une fois de plus l’indépendance de la justice vis-à-vis du pouvoir exécutif.

A 1 h 15 du matin, le couperet est tombé :

  • Nathalie : Déclarée coupable de détention de feux d’artifice ; 2 mois avec sursis
  • Charles : Déclaré coupable de détention de feux d’artifice ; 2 mois avec sursis
  • Patrick : Déclaré coupable de violence sur commissaire (jet de pile) ; 8 mois dont 4 avec sursis et 800 euros d’amende
  • Serge : Déclaré coupable de dégradations volontaires sur bien privé ; 6 mois avec sursis, 2 ans de mise à l’épreuve (obligation de soins, d’activité et de dédommagement) et 2 850 euros d’amendes
  • Samuel : Déclaré coupable de violence sur commissaire ; 6 mois dont 5 avec sursis
  • Jean-Salvy : Déclaré coupable de violence sur officier de police ; 6 mois dont 5 avec sursis
  • Léo : Déclaré coupable de dégradations volontaires par incendie et jets de pierre ; 6 mois avec sursis
  • Candice : Déclarée coupable de dégradations volontaires sur un bien d’utilité publique ; 6 mois avec sursis et mise à l’épreuve, 300 euros d’amende pour refus d’ADN et 650 euros pour la Mairie de Poitiers

Vont également avoir lieu, le 5 janvier prochain, le procès d’une mineure pour rébellion et refus de prélèvement d’ADN et, le 23 février, celui de deux autres personnes également pour refus de prélèvement d’ADN (ainsi que pour refus de prise de photo et d’empreintes concernant l’une d’entre elles). Enfin, nous venons d’apprendre que le parquet a décidé de faire appel afin d’aggraver les lourdes peines déjà prononcées scandaleusement. L’acharnement du pouvoir à réprimer sans distinction ni ménagement les fractions de la jeunesse précarisée, les militants politiques et syndicaux, les milieux populaires et les SDF ne s’arrêtera donc pas là !

Le procès du 12 octobre et les verdicts prononcés servent pour le gouvernement à jeter quelque chose en pâture à l’opinion publique, alors qu’il peine à prouver l’efficacité de sa politique aussi bien dans le domaine économique que social. La mise en branle du rouleau compresseur médiatico-politique pour criminaliser toute une jeunesse – à travers une description apocalyptique des événements du 10, où on a vu sans cesse revenir les termes d’« émeute », de « casseurs » et d’« ultra-gauche » – a permis d’occulter la répression sauvage et totalement gratuite qu’a exercée le soir même du 10 octobre, durant cinq heures, une horde de policiers désireux de trouver des boucs émissaires au « Numéro 23 », le local qu’une association à caractère culturel et artistique avait mis à disposition afin que puissent se tenir un débat et un concert en clôture de la Journée anticarcérale.

Lors de la manifestation, nous avions noté l’effectif plus réduit qu’à l’ordinaire de la police pour canaliser des formes d’expression politique qu’elle jugeait condamnables et illégales. A 20 heures, nous avons pu remarquer, en revanche, une augmentation spectaculaire de ses forces et de son zèle dans sa chasse aux « pseudo-coupables » : dégradation du matériel de musique (pour plusieurs milliers d’euros) par le versement de jus d’orange dessus et une série de coups de matraque ; distribution de coups également sur les personnes présentes, qui étaient venues débattre puis assister au concert ; contrôles d’identité humiliants (avec obligation de rester assis ou couché, mains sur la tête, durant toute la durée de l’opération). Ces interrogatoires musclés se sont terminés par la mise en garde à vue de 3 personnes, et des menaces de faire fermer le local ont suivi.

Au même moment, le centre-ville subissait un quasi-couvre-feu : arrêt des concerts organisés par Poitiers Jeunes dans le cadre des Expressifs, interdiction de pénétrer dans certains quartiers – l’impressionnant dispositif policier donnant à Poitiers une ambiance de chasse aux jeunes et aux précaires, avec une oscillation entre gardes à vue et garde-à-vous très inquiétante…

Le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux appelle chacun-e à se mobiliser en tous lieux (facs, lycées, espaces publics) pour manifester son soutien aux condamnés et à leurs familles.

Abandon de l’instruction judiciaire !

Solidarité avec les condamnés !

Libération des incarcérés !

Non à la répression des mouvements sociaux !

 

Le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux appelle à un

Rassemblement lundi 19 octobre à 18 h 30 place d’Armes


Communiqué de presse du NPA86 sur les condamnations de lundi 12 octobre Rajouter des injustices aux injustices

mercredi 14 octobre 2009 par redac-npa86

Rajouter des injustices aux injustices - Les militants poitevins condamnés à de lourdes peines, qui peuvent encore être aggravées par l’appel du procureur, ne font pas partie des auteurs des violences du 10 octobre sur la ville.

Nous dénonçons une justice expéditive et à charge, rendue dans l’urgence. Le ministre de l’intérieur, en visite médiatique à Poitiers, est venu faire pression.

Tous les rassemblements sur Poitiers, aussi minimes soit-ils, quel qu’en soit le thème, voient une présence policière sur-dimensionnée. Cette fois-ci la présence de personnes violentes, inconnues et très organisées a coincidé avec l’absence de CRS.

Suite à cela nous avons assisté à une sur-médiatisation de la violence du 10 octobre, à des condamnations "pour l’exemple", à l’acharnement du procureur. On assiste à une stratégie visant à exploiter la peur. La droite veut discréditer les mobilisations, justifier la solution répressive et désigner la jeunesse comme classe dangereuse. Elle espère ainsi faire oublier la crise, le chômage et la pauvreté qui augmentent, les salaires qui stagnent et les scandales tel celui du fils Sarkozy.

Nous renouvelons notre condamnation des actes de violence de samedi qui desservent la cause qui justifiait la manifestation.

Nous exprimons notre totale solidarité avec les militants injustement et lourdement condamnés.
    NPA 86


voir aussi (cliquer sur les liens)

Communiqué NPA86 sur les faits de samedi 10 Octobre à Poitiers

Rassemblement "Non à la répression !" - Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux

Lundi 19 octobre (18h30) place d’Armes à Poitiers



Rassemblement de soutien à Samuel et Jean-Salvy Samedi 17 octobre (14h00) place du Palais de Justice à Poitiers


Rendez-vous d’information sur Samuel et Jean-Salvy Vendredi 16 octobre (12h00) fac de Poitiers


Samuel et Jean-Salvy sont innocents ! (Communiqués reçus) -
  Blog de soutien à Samuel Bastard et Jean-Salvy Compte, condamnés injustement suite aux événements de samedi 10 octobre

Par NPA 79 Nord - Publié dans : Conflits - Communauté : les anti-capitalistes
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Partager    
Retour à l'accueil

Commentaires

Il n’y a pas eu plus d’émeute à Poitiers le 10 octobre que de socialisme en France en 1981

l’Organisation Communiste Libertaire (OCL-Poitou) sur événements de Poitiers

 

 

Quelques poubelles qui brûlent, quelques vitrines brisées (celles de banques essentiellement, ainsi que de Bouygues Télécom – le maître d’œuvre de la nouvelle prison à Vivonne –, et d’un journal local), quelques fumigènes, le tout mettant aux prises quelques dizaines de personnes avec la police pendant une petite heure, cela ne fait pas encore une émeute !

Une émeute, c’est, rappelons-le, un soulèvement populaire mis en œuvre par une partie importante et significative de la population dans un espace politique donné.

En revanche, l’intrusion policière couverte par le procureur de la République, à huit heures du soir, dans un lieu privé, bien après et loin du lieu de la manifestation, pour procéder au contrôle d’identité des 100 personnes présentes pour un débat, un repas et un concert (toutes choses qui ne purent avoir lieu de ce fait), cela ressemble fort à un état de siège interdisant toute réunion la nuit venue ! Tous et toutes au sol, mains sur la tête en plein air pendant cinq heures, cela n’est pas encore si banal que l’on ne puisse en faire grand état.

La journée anticarcérale du 10 devait être l’occasion – en profitant du transfert, prévu le lendemain, des prisonniers de la vieille prison de Poitiers vers la neuve de Vivonne, à quelques kilomètres – de poser la question cruciale de la prison dans une société où le sécuritaire et l’enfermement sont les deux pivots du maintien de l’ordre capitaliste.

Un premier débat s’est tenu en début d’après-midi, parfaitement introduit par une militante de l’Association pour le respect des proches des personnes incarcérées (ARPI). Il fut l’occasion d’aborder de multiples questions dans une ambiance d’écoute et de réflexion assez rare sur ces sujets particulièrement sensibles. Quel sens donner à l’abolitionnisme ? Quelle population croupit dans les prisons ? Dans une société « libertaire », quel sens aura la déviance ; faudra-t-il ou non « punir », pourquoi, comment ? Bref, autant de questions guère débattues en public. Une réussite.

Ensuite, départ pour la manif « festive ». Mais s’il y a eu problème alors, ce n’est pas tant dans les événements décrits succinctement plus haut – qui, répétons-le, ne furent en rien une émeute, et dont la responsabilité revient essentiellement aux forces de l’ordre – que dans l’ambiance qui y régnait. Des groupes de militants, ceux que nous appelons « hors-sol », ont, de fait, pris le contrôle de la manifestation, qui regroupait environ 300 personnes, imprimant leurs décisions, leur rythme, leur manière d’agir et leurs fantasmes à l’ensemble des manifestants (sans se préoccuper des retombées sur l’environnement local). A disparu alors tout souci d’expliquer le pourquoi de cette manifestation – pas de tract clair, pas de slogans lancés, des banderoles vides de toute inscription ( !). Or, quand de tels messages sont absents, il ne reste plus que celui des vitrines brisées comme but en soi et unique non-message ! Comme si l’objectif de la journée, qui était de sensibiliser un peu une frange de la population à l’absurdité de la prison, devenait secondaire par rapport à, par exemple, l’inscription du slogan le plus imbécile de l’année : « La plus belle jeunesse est celle qui est en prison », ou encore à s’affronter avec la police. Bref, une ambiance pas trop démocratique (il n’est pas de démocratie que bourgeoise !) et un avant-gardisme rappelant de sinistres heures du gauchisme militaro que l’on croyait renvoyé aux poubelles de l’Histoire. Une manifestation où la peur et l’angoisse devant des visages figés par des masques et des uniformes sombres nous plaçaient aux antipodes des yeux dans les yeux et de la communication colorée et festive prévue.

Ce n’est pas la première fois que cela se produit, et il est urgent que les pendules soient remises à l’heure, afin que le sens des mobilisations en cours ne passe pas au second plan en nous faisant entrer dans un cycle permanent de violence-répression où notre énergie s’usera au nom de la solidarité (« malgré tout », puisque ce sera un choix forcé). Autrement, les sempiternelles obligations antirépressives risquent de devenir pour nous le pendant des journées d’action rituelles de la CGT.

OCL-Poitou

Commentaire n°1 posté par l’Organisation Communiste Libertaire (OCL-Poitou) le 16/10/2009 à 20h08

Présentation

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés