

Agnès, salariée, témoigne : « Chaque fois qu’il y a eu un plan social chez Pier Import, le magasin de Niort était menacé, et finalement il a été sauvé. Cette fois-ci encore, jusqu’à ce qu’on nous dise “ vous êtes licenciés ”, on y a cru un peu. »
Il n’y aura pas de nouveau miracle. Le Pier Import de la zone Mendès-France disparaîtra le 19 février, comme 24 autres en France, condamnés par la
débâcle du groupe, en liquidation judiciaire.
Quinze heures, hier après-midi. Les salariés en grève font signer une pétition aux clients avec l’appui de la CGT. Ils n’ont plus d’espoir de sauver leur emploi mais se battent pied à pied pour
des conditions de départ « décentes ».
“ Cette fois-ci encore, on y a cru un peu ”
Car pour le moment, les voilà mis à la porte sans dispositif de reclassement, après sept ou quatorze ans d’ancienneté. Et avec des indemnités
« ultra-light » : deux dixièmes de salaire mensuel par année d’ancienneté. Pour un salarié présent depuis cinq ans, cela fait un chèque… de mille euros. Pas plus de 4 à
5.000 euros pour quatorze ans d’ancienneté.
Hier, les grévistes avaient les yeux cernés. Agnès, la directrice adjointe, Yannick le magasinier, Betty la vendeuse et Jesabelle Rocher, la directrice, licenciée elle aussi, sont montés lundi
à Villepinte, au siège de Pier Import, avec des collègues de toute la France. Les grévistes ont retenu la PDG et le directeur général, relâchés le lendemain matin à 10 heures.
« Ça s’est passé dans le calme, raconte Agnès, mais on a surpris la direction : elle ne s’attendait pas à une telle détermination. »
Le ministre de l’Industrie, Christian Estrosi, a regretté sur LCI « la violence du geste ». La pression avait permis d’obtenir un rendez-vous hier après-midi avec
l’actionnaire majoritaire, Forfinance, qui contrôle également les magasins Foir’fouille : celui-ci ne s’y est même pas présenté.
« On était attachés à Pier Import. On travaillait jusqu’à 22 heures pour que le magasin soit prêt pour les soldes », raconte Jesabelle Rocher, qui a commencé sa carrière
comme simple caissière il y a 14 ans. Son adjointe confirme : « On n’avait pas de treizième mois, on n’était pas payé davantage quand on ouvrait le dimanche pour Noël. Mais on
s’est toujours battu pour l’entreprise. On réparait nous-mêmes certaines choses dans le magasin quand il n’y avait pas d’argent pour le faire. »
Hier, un client, après avoir signé la pétition, leur a lancé : « Je vous souhaite de tout cœur de retrouver du boulot le plus rapidement possible. »
nr.niort@nrco.fr