

Le brasero n’était pas pour les marrons chauds. Mais pour y brûler – symboliquement, certes, mais dans un feu d’enfer – les dossiers d’inscription adressés aux personnels de santé par le Conseil National de l’Ordre Infirmier (CNOI). Ce que refusent les organisations syndicales – FO, CGT, UNSA Santé, CFDT – qui n’acceptent pas la mise en place d’un « ordre infirmier » (comme il y a un Ordre des médecins). Elles avaient donc appelé, mardi matin, à une mobilisation et à une manifestation devant les locaux de la DDASS, rue Thiers, à Niort. Après remise d’une motion et entrevue avec la préfète, soixante-dix personnes environ se sont donc rassemblées pour immoler par le feu l’objet du conflit.
Etendu aux salariés et fonctionnaires
Conflit qui remonte à fin 2007, quand fut créé cet Ordre infirmier. Au départ, il ne devait concerner que les libéraux. Mais, pour des raisons économiques plus ou
moins avouées, il a été étendu aux salariés et fonctionnaires de la santé. Le 13 octobre 2008, un vote a été organisé. Un appel au boycott a été suivi : 14 % de votants, seulement, pour la
création de l’Ordre. Ce qui n’a pas empêché la ministre d’en faire voter l’instauration par la loi Hôpital-Patients-Santé-Territoires du 20 août 2009. Aussitôt, les syndicats hospitaliers
sont montés au créneau : non à toute inscription obligatoire, non à la cotisation annuelle de 75 euros, qui pourrait bien monter à 125 euros dès l’an prochain !
« Nous ne voulons ni inscription, ni cotisation » déclarent les syndicats, qui demandent par contre le retour au fichier ADELI, instauré par la DDASS pour lutter contre tout
exercice illégal médical. « Ce n’est que le début d’un combat qui a débuté à La Rochelle fin septembre en ce qui concerne notre région. Et nous appelons à maintenir la pression
ainsi qu’à apporter son soutien à toutes les initiatives qui pourront être prises localement. » C’est ainsi qu’une semaine du «dés“ordre” » va être organisée du 14 au
19 décembre, avec un temps fort le mardi 15 décembre. Les infirmiers salariés sont les plus « remontés » : « Nous allons vers une non-reconnaissance de notre
diplôme d’infirmier, car si nous ne sommes pas inscrits nous ne pouvons pas exercer. Tout cela n’est en fait qu’une privatisation rampante de la santé ! ».