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André Durand et Philippe Moreau. « On organise des grands-messes, de grandes discussions. Et on s'aperçoit que les choses sont déjà mises
en place. » - - Photo NR
Nous n'irons plus dans des réunions pour être dans des chambres d'enregistrement. Ou on discute pour de vrai, ou on n'a rien à y faire. L'avertissement lancé hier par André Durand est
clair : le dialogue social entre la CGT et la Ville risque la rupture. André Durand, au sein de la CGT des territoriaux (1), pilote le dossier Ville. On est loin des débuts de l'équipe Gaillard
lorsqu'il y a deux ans, le syndicat saluait enfin le retour « d'un vrai interlocuteur » à la mairie.
Hier matin, lors d'une réunion d'un comité technique paritaire (instance où siègent employeur et représentants des salariés), la CGT, d'entrée de jeu, s'est fendue d'une déclaration très
offensive. Cette entrée en matière suivait une lettre au maire diffusée en interne à 800 exemplaires, le 31 mai dernier. Lettre dont l'intitulé dit tout : « Les mauvais coups de l'été ne
viendront pas que de l'Élysée ».
Que reproche la CGT à la municipalité ? De ne pas remplacer la totalité des départs à la retraite (« Il y a de l'argent pour la poudre aux yeux comme Téciverdi, pas pour le personnel
», critique André Durand), et de mener une politique de privatisation rampante. Philippe Moreau, secrétaire général du syndicat, cite des exemples : le passage dans le giron associatif des
fonctionnaires territoriaux qui travaillent au golf, ou la volonté de confier au privé le nettoyage des salles de sport. Dossier plus lourd : la Foirexpo. La Ville a entamé des discussions avec
la chambre de commerce et d'industrie sur l'avenir de la manifestation dont l'étoile pâlit, particulièrement depuis l'échec de l'édition 2010. Traduction de la CGT : on veut privatiser la
foire. Du coup, le syndicat brandit les réponses à un questionnaire fournies avant les municipales par Geneviève Gaillard, où la candidate s'engageait à « maintenir les régies municipales
là où elles existent ». Un document dont la CGT a fait son « guide » pour juger de la politique de la Ville.
'' On nous prend pour des lapins de trois semaines ! ''
Il y a le fond. Et la forme. Là encore, le syndicat critique : « On organise des grands-messes, de grandes discussions, on a l'impression d'être associés aux décisions et on s'aperçoit que
les choses sont déjà mises en place. On nous prend pour des lapins de trois semaines ! », fustige André Durand. Demain matin, à Saint-Maxire, la CGT des territoriaux réunit ses élus, en
présence des politiques locaux. L'ambiance promet.
(1) Le syndicat fédère les agents de la Ville mais aussi ceux de la communauté d'agglomération, du syndicat des eaux et du centre communal d'action sociale.