
Catherine, professeur des écoles à plein-temps en ZEP à Niort, au 7e échelon après 21 ans d’ancienneté, nous a montré sa feuille de paie d’août : 1.867 € nets (2.319 € bruts). D’où son commentaire mardi à midi à l’arrivée du cortège des 200 manifestants devant l’hôtel de ville à Niort : « Notre métier se déclassifie. Autrefois on gagnait une fois et demie le Smic. Aujourd’hui, c’est à peine une fois un tiers ». Elle a fait suivre également le bulletin d’une jeune consœur à Saint-Maxire – au 5e échelon après 10 ans de travail –, rémunérée 1.620 € nets (2008 € bruts). De quoi lui inspirer cette seconde réflexion : « Nos charges et nos responsabilités augmentent, pas nos salaires. Et en plus on veut nous faire entrer dans un monde plus prégnant ».
Secrétaire départemental de la FSU 79, Pascal Fuzat a élargi le mécontentement au sein des enseignants. « La loi de finances 2010 nous promet
16.000 suppressions de postes, après les 15.000 enregistrées cette année. On ne trouve plus de remplaçants pour les collèges et les lycées, ou bien on fait appel à Pôle Emploi ! La
réforme des lycées paraît tout aussi dangereuse, avec la mise en place des moyens horaires globaux et d’une enveloppe pour les dédoublements : la porte ouverte à une foire d’empoigne et à la
zizanie dans les établissements ».
Les enseignants dans le privé ne sont pas mieux lotis. C’est le message de Gilles Maréchal, prof de maths à Saint-Joseph Bressuire. « On a réduit le temps d’enseignement disciplinaire
de 10 % à 50 minutes au lieu de 55. Avec ça, on nous demande d’assurer deux séquences supplémentaires pour des accompagnements. Interpellé, le rectorat répond “ autonomie des
établissements ” ».
Secrétaire de l’UD-CGT, Michel Drapet s’est risqué à la synthèse : « L’appel à plus de service public, synonyme d’égalité des citoyens sur tout le territoire, est le même à l’Education
nationale, à la Poste, à Pôle Emploi, aux cheminots et à la direction de l’Equipement et de l’Agriculture ».