
Que sont devenues les diverses coordinations qui ont à des époques récentes joué des rôles de substitution dans la défense des travailleurs ? Certaines ont joué, momentanément un beau rôle, mais pas longtemps. Certaines se sont dissoutes après le conflit, les autres ont vite dégénéré en regroupements corporatistes.
Olivier Besancenot a choisi d’être syndiqué plutôt que non syndiqué. C’est un choix qui se discute (le débat et le dialogue sont faits pour cela). C’est aussi mon choix même si je suis syndiqué à un autre syndicat. Son activité de syndiqué, a conduit récemment Olivier .B. au palais de justice attaqué, par la direction de La Poste, en même temps qu’une série de collègues syndiqués et un dirigeant local de son syndicat. Il fait le choix syndical non pas dans le but de favoriser un outil au service du patronat mais parce qu’il croit que c’est nécessaire.
Olivier B. se déplace régulièrement à la porte d’entreprise en lutte officiellement invité par des structures syndicales locales (malgré la colère que cela suscite auprès des dirigeants nationaux)
Je ne confonds pas les directions syndicales actuelles et la base qui est diverses. Je ne ferai pas le contraste simpliste entre « une bonne base et les mauvaises directions ». La réalité est différente. Il existe des structures de bases qui ne valent pas mieux que leur direction, d’autres qui sont un peu mieux, d’autres sont bien meilleures.
Dans un France sans syndicats, les luttes éclateraient sans doute plus violentes mais localisées disparates et non coordonnées. Je pense pour ma part qu’aujourd’hui, une lutte uniquement locale ou sectorielle ne suffit pas. Aucun secteur ne peut vaincre Sarkozy tout seul. Il faudra une lutte globale et généralisée.
D’ailleurs, pourquoi critiqueraient-on uniquement les syndicats et pas les associations et les partis. Je pense que les
directions nationales des grandes associations et des grands partis ne valent pas mieux que les directions syndicales.
Et les partis ?
Quand les travailleurs voient comment ils sont représentés au parlement, certains parlent parfois des partis avec un dégoût pire que pour les syndicats. Mais un système de parti est nécessaire, comme un syndicalisme est nécessaire. C’est pourquoi nous créons un Nouveau Parti Anticapitaliste et non pas un regroupement qui ne serait pas un parti.
Qu’ont produits les collectifs antilibéraux qui se sont créés en vue de la dernière présidentielle, où régnait une certaine démagogie anti-partis. Leur dernier bébé s’appelle « La Fédération » qui prétend rassembler tout le monde « parce qu’elle n’est pas un parti ». Je n’y adhère pas. Sa prétention à être ou devenir l’outil de rassemblement et de l’unité est régulièrement démentie par les faits. De toute façon la démagogie anti-partis des collectifs antilibéraux reposait sur une incompréhension totale du bon sens des électeurs. Depuis longtemps les électeurs français considèrent tout regroupement qui se présente aux élections comme un parti, quel que soit son nom et même, s’il répète tout le temps « nous ne sommes pas un parti ».
Je suis convaincu que la défense des travailleurs nécessite un ou des syndicats, et des partis.
André Depouille