
Le Fonds stratégique d’investissement (FSI), qui fêtait hier son premier anniversaire, n’a toujours pas débloqué l’argent (10 M€,
placés sous séquestre dans une banque à Niort) qu’il a prévu d’engager chez Heuliez. En effet, l’entreprise cerizéenne constitue l’un des dossiers sensibles de ce fonds souverain à la française
voulu par Nicolas Sarkozy, dont la mission consiste notamment à sécuriser le capital d’entreprises stratégiques. Son directeur général, Gilles Michel, a été très clair. Il a redit que
l’opération aurait lieu « lorsque les fonds promis par le repreneur Bernard Krief Consulting (BKC) auront été versés […]. Quand cet argent aura été débloqué nous débloquerons le nôtre
en complément pour participer au capital de cette entreprise ».
Rappelons que dans le cadre du plan de reprise d’Heuliez, validé en juillet 2009, le repreneur BKC doit injecter 16 millions d’euros au capital de la filiale portant le projet de
développement de véhicules électriques. A la date butoir du 15 janvier dernier, BKC avait confirmé avoir apporté un titre de créance de valeur équivalente aux 16 millions d’euros pour
renflouer le constructeur automobile. Louis Petiet, le président du fonds, indiquait même avoir « reçu les derniers justificatifs des commissaires aux comptes qui constataient que
l’augmentation du capital en numéraire avait bien été effectuée ». Bien reçu, avait précisé de son côté le ministre de l’Industrie Christian Estrosi, indiquant toutefois que les
pièces comptables avaient été transmises au FSI « pour expertise ».
« Ce qui nous intéresse ce n’est pas qu’on apporte du papier. Une créance, c’est du papier. Avec du papier on ne paye pas les fournisseurs, on ne paye pas les salariés », a
fait valoir ce mercredi Gilles Michel. « Il s’agit simplement de tenir ses engagements », a résumé le directeur général du FSI, qui a assuré croire au
« potentiel » du projet de développement de véhicules électriques d’Heuliez.
BKC intéresse
la justice commerciale
Hier, on apprenait aussi que deux juridictions commerciales, à Paris et à Mulhouse (Haut-Rhin) vont examiner la situation de deux entreprises reprises par BKC. Le
tribunal de Paris devait se pencher sur le respect des engagements du repreneur à apporter les fonds promis (8 millions d’euros) à DMC SA (fil à broder à Mulhouse). Le tribunal de grande
instance de Mulhouse, de son côté, examinera mercredi prochain un éventuel dépôt de bilan de SAIC-Velcorex Concord (tissus à Saint-Amarin, Haut-Rhin).
La Nouvelle République
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