
La Montagne
Des hommes et un meeting de combat
Du PS au NPA en passant par le PC, les Verts, les Alterékolos, la CGT, Solidaires, la FSU, l'UNEF, ATTAC et autres associations féministes, caritatives et philosophiques, tout le « peuple de gauche » était représenté, hier soir dans la trop petite Maison du Peuple à Clermont. Et pour une bonne et simple raison : faire céder le gouvernement sur la réforme des retraites comme l'ont clamé et proclamé tout au long de la soirée les seize intervenants, dont Olivier Besancenot (NPA), André Chassaigne (PC) et Alain Lipietz (Europe Ecologie-Verts). Seul manquait à l'appel le socialiste Razzy Hammadi, excusé « pour des problèmes personnels » et remplacé par Gérard Courtadon, trésorier de la fédération du Puy-de-Dôme, puis Gérard Filoche, membre du conseil national PS.
Pour donner du corps à ce meeting de combat, rien ne vaut ce trio de choc Besancenot-Mélenchon-Chassaigne. Le premier nommé avait même adopté le langage d'un coach sportif : « nous sommes à une étape importante du bras de fer contre le gouvernement, chaque meeting permet de regonfler le moral de tout le monde [?]. La partie n'est pas perdue, gagner c'est possible. Il y a un gros bordel (sic) à droite qu'il faut savoir exploiter ».
Au passage, le leader du NPA a donné une bourrade à ses deux coéquipiers tiraillés par leurs ambitions présidentielles : « on ne doit pas regarder tout de suite 2012, ce n'est pas le moment. Il faut tenir bon sur la retraite à 60 ans et à taux plein ».
Une remontrance qu'André Chassaigne n'a pas relevé, trop occupé à faire partager son enthousiasme de lutteur : « le gouvernement peut céder, le rassemblement s'élargit : les jeunes, les femmes, le privé ». Un Chassaigne transporté pour lequel son « rival » Jean-Luc Mélenchon aura ce mot en aparté : « je me suis dit en voyant son résultat aux régionales : ce gars-là ne doit pas être si mauvais ».
Le sénateur de l'Essonne ne croit guère en ses condisciples qui examineront le texte de la réforme pendant trois semaines. Il a ironisé : « le sénat est extrêmement inventif quand il s'agit de prendre des mesures réactionnaires ». Bref, le salut ne peut venir que de la rue et rien que de la rue.