Vendredi 20 août 2010 5 20 /08 /Août /2010 08:06

  Groupe La Poste

La direction de La Poste a sanctionné un facteur de Bressuire (mise à pied durant un mois ferme + 2 mois avec sursis) parce que, selon la direction, il contestait une mauvaise nouvelle organisation du travail et aurait refusé d'obéïr.

Le facteur réprimé est adhérent de SUD PTT et est défendu par son syndicat. Article NR (1er Août): http://www.lanouvellerepublique.fr/deux-sevres/ACTUALITE/24-Heures/La-Poste-un-facteur-mis-a-pied

 

Version des faits de SUD PTT publiée le 2 Aout

Mise à pied : la version de Sud PTT très différente

  Un facteur du Bressuirais vient d'être mis à pied durant un mois pour des reproches que Sud PTT nie totalement.

Sud PTT ne compte pas en rester là. Après la mise à pied du facteur bressuirais pour une durée de trois mois dont deux avec sursis par sa direction, le syndicat à l'intention de déposer un recours au tribunal administratif de Poitiers. Traduit devant un conseil de discipline présidé par la directrice régionale des ressources humaines de La Poste, jeudi dernier, pour refus d'exécuter son travail en mai dernier et incitation à l'insubordination, le facteur* était déjà sous le coup d'un blâme, pour des reproches a priori à peu près identiques.


Ses collègues étaient divisés sur l'attitude à prendre

Le secrétaire départemental de Sud PTT en Deux-Sèvres, Patrick Giacalone, possède une version des faits totalement différente de la direction. Selon lui en mai dernier, dans un premier temps le facteur en question a refusé de porter ce qui est désormais dénommé la partie sécable de la tournée des facteurs.
C'est notamment le cas lorsqu'un facteur est absent pour motifs médicaux mais aussi désormais depuis les départs à la retraite non remplacés. Il est alors demandé à l'ensemble des facteurs de prendre le travail de celui qui ne peut plus l'effectuer.
« Ce qu'on nous demande est anormal a-t-il dit alors à ses collègues qui étaient très divisés sur le sujet. A 50-50. Finalement, tout le monde a décidé de travailler comme il était demandé, y compris le facteur dont il est question. L'appel à l'insubordination s'est résumé à cette simple formule : '' Vous êtes tous des moutons ! '' Cela n'a pas été au-delà ».
Quant aux reproches faits au facteur de ne pas avoir répondu par écrit aux demandes d'explications sur les dysfonctionnements de la nouvelle organisation en vigueur actuellement à La Poste, Sud répond que la demande n'a jamais été formulée.
« Le dossier est vide de chez vide, estime le syndicat. C'est du lynchage. On veut faire taire le mouvement. La nouvelle organisation n'est pas viable. Le premier dont la tête dépasse se fait allumer ».
Cette tension s'inscrit dans une réforme au sein du groupe La Poste intitulée Facteur d'Avenir. Le syndicat Sud PTT avait déposé un préavis de grève il y a peu. Plusieurs dysfonctionnements dans la distribution du courrier sont actuellement pointés du doigt par le syndicat.
* Les facteurs souvent embauchés par La Poste le sont désormais sous le régime du statut privé. Le facteur sous le coup d'une mise à pied est plus ancien dans l'entreprise et possède le statut de fonctionnaire.

Philippe Engerbeau

 

Pour resituer la répression à La Poste dans le contexte national, nous publions ci-dessous une analyse du NPA National, à partir de la lutte des postiers du 92

 

Autre Article: 

 


La Poste 92 : les leçons de 66 jours de grève

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Après des mois de grève dans les bureaux de poste des Hauts-de-Seine, le bras de fer entre les grévistes et la direction continue. L’analyse de la stratégie répressive de la direction, associée aux exemples de grèves générales, permet d’envisager les suites du conflit.

La grève dans les bureaux de poste des Hauts-de-Seine a été suivie majoritairement. Elle s’est même étendue, multipliant les difficultés pour la direction. Face aux vigiles et maîtres-chiens, aux huissiers, aux grilles fermées, les grévistes ont fait preuve d’une détermination inhabituelle dans ce type de conflit, qui rappelait parfois les mobilisations de ces derniers mois dans le privé contre les licenciements. C’est ce qui a permis de gagner plus que si les bureaux s’étaient battus de manière isolée.
En effet, la victoire est nette à Asnières, où les résultats immédiats de la grève sont satisfaisants1. Les agents sont désormais en position de force face à leur direction. Les résultats sont moins éclatants dans les autres bureaux, car la grève n’y est pas restée majoritaire.
De son côté, la direction poursuit sa répression féroce contre les postiers. Trois représentants SUD sont toujours sous le coup de mesures disciplinaires. Une commission disciplinaire s’est prononcé en faveur du licenciement pour l’un d’eux, Gaël. Seize postiers, dont plusieurs représentants SUD et CGT ainsi qu’Olivier Besancenot, seront jugés en juin 2011 pour une prétendue séquestration2.
Une telle répression se déclenche au moment où les plans d’austérité s’abattent sur la tête des salariés un peu partout en Europe. En France, les travailleurs subissent depuis des années une dégradation de leurs conditions de vie, mais la classe dirigeante s’apprête à passer à une nouvelle phase de l’offensive. Elle veut résoudre la crise en nous imposant un recul brutal. Jusqu’à maintenant, le patronat n’a pas réussi à briser la capacité de résistance des travailleurs et des jeunes, qui s’est exprimée ces dernières années lors des grandes mobilisations en 1995 et 2003, ou encore au moment du CPE et des grèves de 2009. Cette capacité de mobilisation est un obstacle de premier ordre pour les capitalistes, et briser les militants combatifs fait partie de leur feuille de route. Voilà pourquoi la bataille contre la répression fait partie de la lutte d’ensemble contre l’offensive capitaliste.
À la duite des deux grèves longues et combatives des postiers des Hauts-de-Seine, les réorganisations sont beaucoup moins avancées dans le département qu’ailleurs en France. La direction cherche à reprendre l’avantage, et désormais, il ne s’agit plus de retarder les réorganisations mais d’infliger une véritable défaite à La Poste. Pour y arriver, il faudra à la fois s’appuyer sur le contexte de mobilisation sur les retraites à la rentrée, et en même temps utiliser l’acquis des grèves de 2009 et 2010.
En 2009, la grève avait touché la majeure partie des bureaux et s’était structurée de manière plus efficace (avec des assemblées générales mais aussi un comité de grève). Il faut préparer une grève majoritaire dans les bureaux comme le mouvement actuel qui cherche à s’étendre sur tous les bureaux du département... et au-delà. Une bataille d’ampleur à la rentrée serait évidemment l’occasion de gagner sur les retraites, mais aussi de stopper les suppressions d’emplois et les réorganisations, et d’obtenir une réelle augmentation des salaires.
La conclusion à laquelle ont d’ores et déjà abouti les grévistes au terme du mouvement, c’est qu’il y a nécessité de regrouper les résistances, de tisser des liens entre les équipes qui animent les nombreux conflits locaux à La Poste. Un blog va être lancé dans cet objectif par les grévistes.
Xavier Guessou

Par NPA 79 Nord - Publié dans : Bressuire et le bocage - Communauté : les anti-capitalistes
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