Samedi 13 février 2010 6 13 /02 /Fév /2010 19:18

Heuliez est à nouveau dans l'oeil du cyclone. Selon nos informations, Régis Valliot, l'ancien administrateur judiciaire, va être nommé mandataire ad hoc du sous-traitant automobile. "Sa nomination est imminente", indique un proche du dossier. A l'origine de ce coup de théâtre : Bernard Krief Consulting (BKC), le repreneur désigné en juillet 2009, n'est toujours pas en mesure de tenir ses engagements.

 
Celui-ci devait verser 15 millions d'euros en liquide dans Heuliez Véhicule Electrique, or à ce jour, il n'a apporté qu'un titre de créance d'une valeur équivalente. Sans une conversion de cette créance en liquide, le Fonds stratégique d'investissement (FSI) refuse de verser les 10 millions d'euros promis. La cessation de paiement guette.

"Il y a encore quinze jours, tout le monde vivait dans la fiction que M. Petiet (le président de BKC) allait apporter l'argent. Aujourd'hui, tout le monde a pris conscience qu'il ne l'apporterait jamais et qu'il faut trouver une autre solution si l'on veut sauver Heuliez", explique-t-on au FSI. Dominique Bussereau, chef de file de l'UMP pour les élections régionales en Poitou-Charentes, a confirmé, vendredi 12 février, que le gouvernement était "en train de regarder quelque chose d'autre" pour sauver l'équipementier automobile. "Je ne pense pas que cela puisse marcher avec BKC. (Il) joue petit bras dans cette affaire", a déclaré le secrétaire d'Etat aux transports lors d'un déplacement au Vigean (Vienne), dans le cadre de la campagne pour les élections régionales.

Déjà, il y a deux semaines, lors d'une réunion du comité d'entreprise (CE), Emilio Galluccio, le patron d'Heuliez, a clairement indiqué qu'il fallait trouver un "plan B". "Si M. Petiet n'est pas capable d'apporter l'argent, il faut que quelqu'un prenne sa place, martèle de son côté Jean Grellier, député PS des Deux-Sèvres.

Jeudi soir, invité du "19/20" de France 3 Poitou-Charentes, Louis Petiet a tenté de s'expliquer tout en restant vague. "Cet argent est disponible et il sera débloqué en fonction des besoins d'Heuliez", continue-t-il à affirmer, précisant aussi "qu'il était prêt à accueillir des partenaires qui s'y intéresseront dans le futur". C'est "plus un bonimenteur qu'un sauveur", peste Emile Brégeon, élu au CE. Emmanuel Vallade, délégué syndical CFE-CGC, ironise : "Si ça continue comme ça, il va nous emmener jusqu'aux calendes grecques."

Le problème, c'est que l'entreprise pourrait se retrouver rapidement en cessation de paiement et s'orienter vers un dépôt de bilan, voire une liquidation judiciaire. D'où la nomination du mandataire ad hoc.

D'autres investisseurs

Les conséquences sont à la fois économiques (Heuliez emploie 660 salariés) et politiques, dans la mesure où BKC a reçu un large soutien de la présidente de la région Poitou-Charentes, Ségolène Royal. Le conseil régional a versé 5 millions d'euros pour assurer la reprise d'Heuliez.

Or même s'ils n'ont pas encore été utilisés - M. Galluccio se serait engagé à ne pas y toucher en attendant les autres versements -, ces fonds seraient engloutis en cas de liquidation judiciaire. Le défaut de BKC ne fait pas non plus les affaires du gouvernement, qui lui avait accordé sa confiance et son soutien.

Mais, de l'avis général, le mieux maintenant serait que M. Petiet se retire du dossier. Des discussions sont en cours avec d'autres investisseurs. Un candidat potentiel a visité l'usine de Cerizay (Deux-Sèvres) il y a quelques jours, d'après M. Brégeon. Cette nouvelle péripétie tombe mal pour Heuliez. Début mars, au salon de l'automobile de Genève, l'industriel doit présenter le nouveau prototype de son véhicule électrique, la Friendly.

Par NPA 79 Nord - Publié dans : Bressuire et le bocage - Communauté : les anti-capitalistes
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