
Eric Cantona fait-il de la démagogie en proposant aux particuliers de retirer leur argent des banques ?
C’est une proposition sympathique mais inefficace. C’est naïf de sa part car tout le monde ne peut pas retirer son argent des banques. Mais Eric Cantona a le mérite de mettre sur la place publique le rôle des banques. On les a sauvées et elles continuent aujourd’hui à spéculer et à mettre les Etats en difficulté.
Les réactions des responsables politiques sont donc disproportionnées à son égard ?
Il y a du mépris dans les réactions de Christine Lagarde ou de François Baroin. Tout le monde a le droit de s’exprimer, y compris les footballeurs ! Les ministres ne sont pas seuls compétents pour parler de ces sujets. Et puis le sport, on sait aussi l’utiliser quand on est au pouvoir...
Depuis la crise financiaire de 2008, peut-on évoquer de la méfiance vis-à-vis des banques ?
Elles ont une image négative à juste titre puisque leur activité est tournée vers la spéculation. Et il y a des problèmes de transparence : Vivons heureux, vivons cachés ! Durant la crise, leur image s’est ternie quand les Etats sont venus renflouer les capitaux. Elles ont reçu un traitement de faveur !
Fallait-il laisser faire ?
Je trouve ça fort de café que la France n’en ait pas profité pour entrer dans leur capital et intégrer les conseils d’administration. On a besoin d’un systême de crédit. Mais ce n’est pas aux banques, piliers du capitalisme, de s’en occuper.
Le NPA veut revenir à la nationalisation version années Mitterrand ?
Cette période a découragé les citoyens de recourir à la nationalisation. Mais cela évolue. L’idée se fait qu’il faut davantage de contrôle. Au NPA, nous sommes pour l’expropriation des banques privées, leur contrôle par les salariés et par la population, et la création d’un service public européen bancaire pour contrôler les banques à l’échelle européenne.
