Vendredi 23 avril 2010 5 23 /04 /Avr /2010 15:38

 

 

Le jeudi 25 février dernier le président Nicolas Sarkozy s’est rendu au Rwanda. C’était la première visite d’un chef de l’Etat français depuis 1994, date du génocide des Tutsis et du massacre des Hutus qui s’y opposèrent.
À l’occasion de cette visite le Président de la République a évoqué de « graves erreurs d’appréciations », des « erreurs politiques » et une certaine « forme d’aveuglement » en parlant de la politique de la France au Rwanda entre 1990 et 1994.

Depuis 1994, ces « erreurs » ont commencé à être décrites et analysées par la Mission d’Information Parlementaire Française de 1998 et précisées par des organisations internationales, des chercheurs, des historiens, des associations de droits de l’homme… Ces travaux font apparaître que les responsabilités françaises vont au-delà de simples erreurs. Il est indispensable de les préciser et d’en comprendre les causes.

Que s’est-il réellement passé ? De quelle nature juridique ces faits doivent-ils être qualifiés ? S’agit-il de fautes ? Y a-t-il eu des crimes ? Comment les autorités politiques et militaires françaises ont-elles pu soutenir, par des conseils militaires, la fourniture d’armes, et l’engagement direct de troupes, un régime qui avait fait du racisme anti-tutsi un point central de son identité et de son action ? Comment ces mêmes autorités, très bien informées par les coopérants militaires restés sur place après le 6 avril 1994 du démarrage du génocide, ont-elles pu appuyer au sein du Conseil de sécurité la diminution des effectifs militaires des Nations Unies et s’opposer à l’utilisation du mot génocide pendant des semaines ? Comment ont-elles pu continuer à organiser la fourniture d’armes au gouvernement génocidaire ?

Il est essentiel d’apporter des réponses claires à ces questions et de préciser la responsabilité de ces autorités, pour les victimes du génocide, et pour nous tous, qui ne voulons pas qu’une telle tragédie se reproduise. Ce travail de compréhension doit nous conduire à revoir le fonctionnement de nos institutions politiques : l’enjeu est de développer le contrôle de la politique étrangère par nos députés ainsi que le droit de regard et d’interpellation des citoyens, en vue d’obtenir une nouvelle orientation de la politique de la France en Afrique fondée sur le respect de la dignité de tout homme.

Au cours de ce printemps où vont se succéder la 16ème commémoration du génocide le 7 avril, puis le sommet réunissant les chefs d’Etats africains et français à Nice du 30 mai au 1er juin, il est essentiel pour notre pays de faire un nouveau pas en avant dans la compréhension du rôle qu’a joué la France au Rwanda à cette époque.

Pour cela :

- Nous demandons à tous les partis politiques de notre pays de prendre une position publique sur la nécessité de faire ce travail historique et de s’engager en faveur d’une recherche de vérité et de justice.

- Nous demandons aux députés et au gouvernement de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour faire la lumière sur le rôle joué par la France avant, pendant et après le génocide. Comme première étape nous demandons l’ouverture des archives et la levée du secret -défense sur tout ce qui se rapporte à l’action de la France au Rwanda depuis 1975.

- Nous demandons aux autorités politiques et judiciaires de notre pays de tout mettre en œuvre afin que les procédures judiciaires concernant des présumés auteurs ou complices de génocide soient conduites rapidement.


Premiers signataires

Associations: SOS Racisme, Terre des Hommes France, Ligues des Droits de l’Homme, fédération des Bouches du Rhône, Survie, MRAP, CPCR (Collectif des parties civiles pour le Rwanda), Mouvement de la Paix, Gandhi International, Mémorial 98, ACTES (Association de Coopération avec les Territoires africains pour l’Education et la Santé), collectif MISTRAL, Respaix Conscience Musulmane

Personnalités: Jean-Marie Muller, philosophe et écrivain, fondateur du MAN; Olivier Le Cour Grandmaison, Universitaire; Gustave Massiah, économiste, membre fondateur du CEDETIM/IPAM; Eric Fassin, sociologue, enseignant-chercheur, Ecole normale supérieure; Laure de Vulpian, journaliste à France Culture; Akhenaton, chanteur d’IAM; Keny Arkana

 

Dimanche 4 avril 2010 7 04 /04 /2010 21:12

 
Communiqué du NPA sur le Rwanda . Briser la loi du silence.

Le Nouveau Parti Anticapitaliste s'associe pleinement aux signataires de l'appel citoyen « France-Rwanda » et demande que toute la lumière soit faite sur les complicités de l'Etat français dans le génocide des Tutsi du Rwanda en 1994.

S'agissant d'un crime de cette nature, il est aujourd’hui plus que temps de reconnaître et sanctionner le rôle qu'ont joué les autorités politiques, militaires et diplomatiques françaises qui sont intervenues pour soutenir un régime génocidaire. Sans cela, il n’y aura pas de vigilance pour empêcher la répétition de la barbarie, il n’y aura pas de rupture avec la politique de domination de la France en Afrique.

Il s’agit de rendre justice non seulement aux Rwandais-e-s, mais à tous les peuples, en Afrique et de par le monde, qui ont subi ou subissent encore de telles exactions.

Nous voulons que soit brisée une loi du silence qui fait injure aux victimes et déshonore celle et ceux qui l'acceptent ; et nous demandons que soient engagées des poursuites judiciaires à l’encontre des complices de ce crime imprescriptible.

 

Le 28 avril 2010.

Par NPA 79 Nord - Publié dans : International - Communauté : les anti-capitalistes
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