Si l’on maintient les anciens plus longtemps en activité, ils vont venir grossir les rangs des demandeurs d’emploi et prendre notre place dans les
entreprises », affirmait Fanny, une étudiante de la Fac d'Angers, présente au beau milieu du cortège d'au moins 15 000 manifestants. Les jeunes sont de plus en plus nombreux à
manifester, considérant à juste titre qu’ils sont déjà concernés par une réforme qui risque de réduire leur accès à l’emploi.
« La réforme est désormais devant le Sénat, nous pouvons encore la faire retirer », scandait à son tour un groupe de syndicalistes bardés
d’autocollants « touche pas à ma retraite ». Pour tous les revendications étaient les mêmes à savoir : annuler cette réforme profondément injuste, souhaitant même que les règles concernant
l’attribution des retraites soient changées. « Nous avons une multitude de régimes en France. Certains au même âge et avec autant d’années de travail, sont
défavorisés par rapport à d’autres. Pourquoi ne pas mettre en place un régime unique qui permettrait d’harmoniser les différents régimes », déclarait un délégué syndical. «
Nous ne voulons pas de cette retraite, car en dehors de reporter l’âge légal, elle n’arrange rien, puisque les inégalités subsistent et vont s’aggraver dans
les années à venir ».
Les syndicats se sont montrés satisfaits de la très forte mobilisation de ce matin, laquelle rassemblait, comme la semaine dernière, fonctionnaires et salariés du privé. Ces derniers savent
déjà que le gouvernement campe sur ses positions, allant même jusqu’à minimiser le nombre de grévistes. « Il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas
voir », disait un candidat à la retraite en fin d’année.
Désormais l’épreuve de force est engagée. Les principales centrales ne désarment pas, proposant même d’aller plus loin, vers la grève générale s’il le faut, si le projet de réforme tel qu’il
a été approuvé par les députés, n’est pas retiré. Mais le vent de révolte qui souffle sur la France parviendra-t-il jusqu’à l’Elysée ? Pas si sûr, car c’est la notoriété même du Président
Sarkozy, où tout au moins ce qu’il en reste, qui est en jeu.
A noter que les partis de gauche, NPA en tête, lesquels saisissent l’opportunité de s'en prendre au gouvernement en place, étaient présents aux abord du défilé, distribuant des journaux
dénonçant l’injustice sociale de cette réforme.