Jeudi 6 août 2009 4 06 /08 /Août /2009 21:13

Communiqué ARDDI - Cimade – LDH – RESF - NPA

 

En début de semaine des enfants et leur mère ont vu leur père, son compagnon leur être enlevé pour être envoyé dans « son pays ».

Quel est son crime ? Il est étranger.

Il est père d’un enfant français, il travaillait pour subvenir aux besoins du ménage, il l’accompagnait à l’école, il a dormi dans sa chambre d’hôpital quand celui-ci a été malade ; bref, il a fait tout ce qu’un père fait sans demander de reçu ni de témoignage.

Mais tout cela ne suffit pas, il faut le prouver ! Combien de pères français seraient capables de prouver qu’ils s’occupent de leurs enfants ?

Il existe en France des services sociaux dont c’est le métier d’intervenir dans les familles pour vérifier la situation des enfants et de la femme : Ont-ils été contactés ?

Quel juge aurait dit « ces enfants seraient mieux à vivre sans leur père » ?

 Toutes ces procédures, pourtant prévues dans le droit français pour la sauvegarde des enfants et des familles, n’ont pas été prises en compte, le père est étranger ! Mais l’enfant est français, il a des droits lui !

 La préfecture avait engagé une procédure administrative contre lui, le tribunal de Poitiers n’a retenu que le fait qu’il devait prouver qu’il s’occupait bien de son enfant, il a fait appel à Bordeaux mais la préfecture n’a pas attendu le jugement de la cour d’appel.

L’usage veut que l’on attende que toutes les procédures judiciaires soient finies, avant de les mettre à exécution mais c’est trop long, il faut expulser !

 Alors que la famille était en confiance puisque les gendarmes les avaient prévenus d’une simple visites pour « faire signer un papier », ce sont trois voitures de gendarmes qui sont arrivés à leur domicile à 6h45. En moins de 48h, ce père a été arrêté à son domicile devant ses enfants, menotté, amené sur Niort puis expulsé malgré les pleurs et les malaises des enfants.

En moins de 48h, une famille qui a parfois du mal à se construire est détruite.

 Pourquoi cette précipitation : parce que si on dépasse 48h de rétention, le juge des Libertés et des Détentions par souci d’humanité peut dire : « ce monsieur restera assigné chez lui à attendre le résultat de l’appel ». C’était trop de risque !

 Voila un exemple de la politique du chiffre, il faut expulser le nombre d’étrangers prévus par le ministre. Ce n’est pas un cas particulier, de nombreuses familles, proches de chez nous, chez vous, vivent ainsi dans la précarité et la peur du lendemain.

 L’Association pour la Reconnaissance et la Défense du Droit des Immigrés, la Cimade , la Ligue des Droits de l’Homme, Réseau Education Sans Frontière, NPA rappellent que :

 Un étranger n’est pas un chiffre dans des statistiques.

C’est un homme qui a sa dignité et a le droit d’être reconnu.

C’est un conjoint, une conjointe qui voudrait pouvoir vivre normalement en famille

C’est un père ou une mère qui laisse derrière lui ou elle des enfants désemparés qui ne comprennent pas que leur seul crime est d’être enfants d’un étranger.

Par NPA 79 Nord - Publié dans : Département et région - Communauté : les anti-capitalistes
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