La manifstation ne fait pas vraiment partie de la culture des mutuelles
Francetv
Serait-ce le syndrome "France Telecom" ? Les salariés de la MACIF à Niort ont débrayé pour dénoncer leurs conditions de travail. Ils parlent de stress au travail
Vidéo
Stress, pression, souffrance, compression de personnels : les mots ne manquent pas pour les salariés de la MACIF qui ont débrayé mercredi à Niort à l'appel de leur intersyndicale. Ils disent même que le service aux sociétaire en pâtit et parlent de gestion à la "France Telecom". Tous se plaignent de la politique de réduction du coût du travail et dénoncent une gestion qui est loin de l'esprit et de la culture mutualistes.
La MACIF n'est pas la seule : la semaine précédente, un mouvement analogue avait été enregistré
Articles précédents
Grève à la MACIF appelée par l'ensemble des syndicats
VIDEO - GREVE A LA MACIF idf ------------- + MACIF Niort : la CGT débraie la CFDT signe les accords
Déclaration de la CGT au CCE de la MACIF concernant la reprise d'activités de l'ex Camif et les subventions
régionales
Débrayage Vendredi 11 à la MACIF Niort et grève le 14 déc. sur d'autres site
N°1 CHARRIE HEBDO - journal satyrique de la CGT MACIF Région Centre
Les enjeux
du rapprochement MAIF - MACIF - MATMUT
Voir "Le Canard en Pétard" publication de nos camarades de la MACIF à Agen
Matthieu Le Gall - La Nouvelle République
Mercredi, environ 150 salariés de la mutuelle niortaise sont descendus dans la rue. Ils dénoncent, entre autres, la progression de la souffrance au
travail.
Pour les syndicats et certains salariés, une « bataille d'image » s'est engagée : d'un côté, une direction rassurante qui affirme son
attachement aux valeurs mutualistes ; de l'autre, des représentants du personnel qui insistent, unanimes : « Non. Tout ne va pas bien à la Macif. La réalité démontre le
contraire, il est grand temps de le dire. » Mardi matin, ils étaient environ 150, essentiellement des salariés de « Macif Ile-de-France » - l'une des sections du groupe,
installée en partie à Niort - réunis en assemblée générale dans la cafétéria de l'entreprise. A leurs côtés, des syndicats unis (*).
'' On vit déjà à flux tendu ''
« S'entendre dire qu'on n'a qu'à aller voir ailleurs si on n'est pas content, ou que nous serions les '' dommages
collatéraux '' d'une politique '' assumée '' par la direction, ce discours ambiant est totalement inacceptable, confie Josette Lemer élue CFDT au CE. Les objectifs fixés
sont irréalistes et imposés de manière autoritaire. » Des mots qui font écho à ceux de son homologue de la CGT Macif Ile-de-France,
Fabrice Kalifa. Sa cible ? AMPERE, pour Améliorations des performances régionales. Ce plan, selon lui, passerait les salariés à la moulinette, invoquant la nécessité d'économies
et d'une réorganisation interne dans laquelle s'impose la polyvalence : « Les départs en retraite ne sont pas remplacés. Il s'agit de passer, pour Macif Ile-de-France, de
1.150 à 1.000 salariés. On vit déjà à flux tendu. Ça va à l'encontre de l'amélioration du service rendu à nos sociétaires, et à nos conditions de travail.
»
Or, c'est sur ce dernier point que les représentants syndicaux tirent la sonnette d'alarme : stress, dépressions et arrêts maladie
sont en augmentation, disent-ils. « Cette souffrance a longtemps été niée, confie Fabrice Kalifa. Nous ne sommes pas dans la situation d'Orange, mais on est en train
d'y arriver gentiment. » La NR a tenté, sans succès, d'interroger la direction du groupe mutualiste.
Autour des tables de la cafétéria, quelques minutes avant d'aller, symboliquement, marcher sur l'avenue de La Rochelle, certains grévistes ont fait part de leurs inquiétudes (lire
ci-dessous). Tous aspirent à une certaine « sérénité » au travail, nécessaire « pour avoir le sentiment que l'on est utile ».
(*) La mobilisation est soutenue, dans les Deux-Sèvres, par la CGT, la CFE-CGC, la CFDT, la CFTC, et Force ouvrière. A l'échelle nationale, en revanche, l'union
n'existe pas.
La question
Grève à la Macif : comment réagit-on à la MAIF ?
Conditions de travail dégradées, augmentations de salaires insuffisantes, nous faisons les mêmes constats, répond Alain Proust, délégué FO à la MAIF. « On nous a toujours
présentés comme des nantis, dans les mutuelles. Mais il y a eu un virage complet ces dernières années. » Les syndicalistes des deux mutuelles partagent, en outre, des inquiétudes
communes sur la SFEREN, géant née de l'alliance de la MAIF, de la Macif et de la Matmut (la NR du 10 décembre 2009). « Sans être alarmiste et crier au loup avant d'avoir été
mordu, il y a des inquiétudes à avoir, affirme Loïc Tabeaud, de la CGT. Le directeur de la SFEREN, recruté il y a quinze jours, s'est auparavant occupé de la fusion entre la
Banque populaire et la Caisse d'épargne... »
Le chiffre : 40
C'est, selon les syndicats, le nombre de sites Macitel parisiens (sur un total de 50), fermés pour cause de grève mercredi. La délégation parisienne a été reçue par Pierre
Lebreton, directeur régional adjoint. Les deux parties se sont mises d'accord sur la tenue prochaine d'une réunion paritaire. Une intersyndicale se tiendra le 20 mai, à 14 heures,
à Paris.


Mercredi 28 avril à 20 h 30 Maison du peuple, salle Timbaud (rue Saint Paul) à Poitiers.

