Droits de l'homme


Vendredi 9 juillet 2010 5 09 /07 /Juil /2010 17:16

Nous publions une lettre replaçant le débat sur la burqa dans l’histoire de la tenue des femmes.

Depuis la nuit des temps, les hommes légifèrent et inscrivent dans les textes civils ou religieux, la manière dont les femmes doivent s’habiller, ce qui est licite de montrer ou non, et la pudeur dont elles doivent faire preuve.
Tout est codifié, de la manière de s’assoir à celle de saluer. Même monter à cheval était indécent il y a moins de deux siècles.
En Europe, le droit de porter un pantalon fut un combat. Il fallait rester en jupe, qui devait bien couvrir les chevilles. Puis, après 1914, la nécessité pour les femmes d’aller travailler (on manquait d’hommes valides) a permis que les jupes raccourcissent au-dessus de la cheville et montrent les mollets, et surtout que les gaines et guêpières qui enserraient la taille des femmes se délacent.
Les femmes portant des cheveux longs ont toujours dû cacher leur chevelure, natter, attacher les cheveux. Bien sûr, c’était un moyen de lutter contre les vermines (teignes et poux), mais aussi un principe de « pudeur » et de soumission. Impossible d’aller à l’église ou de se promener dans la rue en « cheveux », jusque dans les années 1950. La mode des cheveux courts fut un vent de liberté. Sortir cheveux au vent fut le symbole d’une autre vie pour les femmes dès 1960.
L’indécence avançant, des mollets, on est passé aux genoux. Les jupes se sont évasées et ont diminué encore. Les vacances, la plage, le bikini et Brigitte Bardot, et bientôt la minijupe ont montré les cuisses.
Et comme toujours, les hommes se sont affrontés sur le droit des femmes à s’habiller : les pères refusant aux filles, les hommes hélant les femmes dans la rue, voire s’invitant à leur table dans les bars s’ils les jugeaient habillées trop « sexy ».
Le mouvement des femmes, outre les luttes pour l’avortement et la contraception, a dû travailler sur le droit des femmes à sortir, se promener, aller au bar ou au restaurant, habillées comme elles veulent.
Dans tous les pays du monde, l’habillement des femmes change, au moins en ville, et les droits des femmes augmentent, même si l’écart entre les pays occidentaux et les autres reste important.
On peut analyser que le port du voile religieux et plus encore de la burqa sont des reculs de ces libertés. Sauf que chez la plupart des femmes qui le portent en France, il s’agit d’un choix et qu’à nouveau, une assemblée va légiférer sur ce qui est licite ou non de porter comme vêtement en France pour des femmes. Toute islamophobie dehors, il s’agit de montrer les musulmans comme de mauvais français, qui refusent de « s’intégrer », mais on ne légifère pas sur le port de la djellabah, de la barbe ou de la kamis : non, c’est toujours la femme, ce qu’elle doit montrer ou non qui est en jeu.
Et tout le monde commente le sort des femmes enfermées vivantes derrière la burqa, mais personne ne se soucie pourtant des bonnes sœurs cisterciennes ou dominicaines, cloîtrées dans des couvents, interdites de parler ou de rire, voire de se laver... Et pourtant, il semble qu’elles soient encore bien plus nombreuses que les adeptes du niqab.
La loi votée ce mardi 13 juillet ne se soucie absolument pas du sort réel des femmes ultra religieuses, elle n’est là que pour faire oublier les soucis immédiats qui vont cloîtrer nos vies : la disparition programmée des services publics, de la retraite socialisée, et qui nous enterrera vivants dans la recherche de l’argent nécessaire pour éduquer et soigner nos enfants et protéger nos parents de la misère et de l’abandon.
Véronique Decker

 

 

Rappel sur le fonctionnement du blog: les articles signés n'engagent que leurs auteurs 

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Lundi 5 juillet 2010 1 05 /07 /Juil /2010 09:08

"Une brève histoire de la rafle" (Olivier Le Cour Grandmaison, tribune dans Libération du 15 juillet)

 

Les 16 et 17 juillet 1942, le régime de Vichy organise la rafle du Vél d’Hiv dont la commémoration approche. Le 10 juin 2010, des hommes et des femmes ont comparu devant le tribunal de grande instance de Pau suite à la plainte déposée contre eux par Philippe Rey, préfet des Pyrénées-Atlantiques, en vertu de l’article 433-5 du code pénal qui sanctionne le délit d’outrage à personne dépositaire de l’autorité publique. Leur tort ? Avoir, pour certains d’entre eux, utilisé le terme «rafle» pour dénoncer les arrestations d’étrangers en situation irrégulière.

Consultons donc le Dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française en sept volumes, dit le Robert, couronné par l’Académie française. «Rafle» est ainsi définie : «Spécialt. (fin XIXe siècle) Arrestation massive opérée à l’improviste par la police dans un quartier suspect, un établissement mal famé.» Et, à titre d’illustration, les auteurs citent un extrait de Nana, où Emile Zola relate la situation de péripatéticiennes parisiennes. «L’été, à douze ou quinze, ils (les agents) opéraient des rafles sur le boulevard, ils cernaient un trottoir, pêchaient jusqu’à trente femmes en une soirée.»

Intéressante définition et précieuse citation. De façon concordante, précise et circonstanciée, toutes deux prouvent ceci : la rafle est une technique utilisée dès la seconde moitié du XIXe siècle par la police contre les membres des classes pauvres, souvent jugées dangereuses, les prostituées et les vagabonds, notamment. A la fin de la IIIe République, des rafles furent aussi employées suite au décret du 18 novembre 1939 autorisant l’internement de tous les individus, nationaux ou étrangers, considérés comme «dangereux pour la défense nationale» et la «sécurité publique». Le 19 mars 1940, le radical-socialiste Albert Sarraut, ministre de l’Intérieur, y a recours lors d’opérations policières dirigées contre les militants du Parti communiste. 10 550 perquisitions, 3 400 arrestations et 499 internements, tel est le bilan qu’il dresse fièrement à la tribune de l’Assemblée nationale. Pour la première fois dans l’histoire de la France contemporaine et démocratique, les rafles et l’internement administratif étaient utilisés contre des nationaux pour des motifs politiques.

Contrairement à ce que beaucoup soutiennent - par ignorance ou par démagogie -, le régime de Vichy n’a nullement inventé cette technique policière dont il n’a pas le monopole quand bien même il en a fait un usage particulièrement important et criminel en collaborant ainsi de façon active au génocide des Juifs perpétré par les nazis. Dans un tout autre contexte, et à des fins complètement différentes, les IVe et Ve Républiques ont elles aussi procédé à des rafles. A preuve ce rapport rédigé en juin 1947 par le préfet de police de la Seine à l’intention du ministre de l’Intérieur. «Les statistiques récentes établies par mes services ont fait apparaître un important pourcentage d’originaires de l’Afrique du Nord parmi les individus coupables d’agressions ou de cambriolages nocturnes. […] Des rafles journalières sont menées […] par la Brigade volante de la police municipale.» Inutile d’être un universitaire ou un philologue de haute volée pour comprendre que le terme rafle, dépourvu ici de toute connotation péjorative, désigne des pratiques dont on découvre qu’elles sont alors quotidiennes.

Rappelons enfin que les 17 et 18 octobre 1961, des policiers agissant sous les ordres de Maurice Papon, préfet de police de la capitale, ont arrêté 14 000 manifestants algériens rassemblés pacifiquement à l’appel du FLN pour protester contre le couvre-feu raciste qui leur était imposé depuis le 5 octobre de la même année. Au regard des moyens mobilisés et de la définition du dictionnaire précité, nous sommes parfaitement en droit de qualifier ces opérations de rafles. C’est d’ailleurs le terme utilisé par Jean-Pierre Elkabbach le 13 octobre 1991 lors d’une émission de la Cinq consacrée à ces événements. En présence de Maurice Papon, il déclarait alors : «On a raflé ceux qui sortaient du métro, ceux qui sortaient des autobus, et on les a envoyés […] au Palais des sports et à Coubertin.» Nul ne s’est offusqué de l’emploi de ce mot, pas même le préfet mis en cause puisqu’aucune plainte ne fut déposée contre le journaliste.

Aujourd’hui, celles et ceux - nous en sommes - qui emploient le terme rafle pour désigner certaines actions policières dirigées contre des étrangers en situation irrégulière, le font donc à bon escient. Etre poursuivi pour avoir usé correctement de la langue française est pour le moins singulier. Etre condamné pour ce fait le serait plus encore au regard des principes et des droits fondamentaux inscrits dans la Constitution de la Ve République et dans son préambule. Si l’injustice venait à s’ajouter au ridicule de la situation, alors je demanderais à être poursuivi également en tant que directeur et auteur d’un ouvrage intitulé : Douce France. Rafles. Rétentions. Expulsions, publié en 2009 aux éditions du Seuil avec l’aide du Réseau Education sans frontières.

 

OLIVIER LE COUR GRANDMAISON Enseigne les sciences politiques et la philosophie politique à l’université d’Evry-Val-d’Essonne

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Samedi 3 juillet 2010 6 03 /07 /Juil /2010 11:26
Le 19 août a lieu la Journée des oubliés des vacances. Nommée cette année "Soleils d’Europe", cette grande journée de fête et de solidarité destinée à près de 40.000 enfants oubliés des vacances, venant de France et d’Europe, se tiendra sur le Champ-de-Mars, à Paris.
Affiche Soleils d'Europe - Journée des oubliés des vacances
Affiche Soleils d'Europe - Journée des oubliés des vacances

Après le 15 août, force est de constater qu’un enfant qui n’est pas parti en vacances, ne partira plus. 2010 est l’année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. C’est naturellement que le SPF s’y associe en mettant en lumière cette injustice qui fait qu’1 enfant sur 3 ne part toujours pas en vacances.

Pour que chaque enfant, à la rentrée scolaire, ait la possibilité de raconter ne serait-ce qu’une journée de découverte, le Secours populaire concocte depuis plus de 30 ans la "Journée des oubliés des vacances" (JOV).

Cette grande journée de fête et de solidarité destinée à près de 40.000 enfants oubliés des vacances, venant de France et d’Europe, se tient le 19 août sur le Champ-de-Mars, à Paris.

 

lien: http://www.secourspopulaire.fr/actualite.0.html?&cHash=739a269c7b&id_actu=3873

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Lundi 28 juin 2010 1 28 /06 /Juin /2010 17:16

 

 Les primes au préfets en fonction des résultats. Quand on pense, par exemple, que chaque préfet a un quota d'expulsion annuel à remplir. On voit quel mécanisme inhumain ce système peut créer.


Article du Monde

 

Des primes aux préfets et sous-préfets les plus méritants
LEMONDE.FR avec AFP | 28.06.10 | 08h23  •  Mis à jour le 28.06.10 | 09h31


es primes aux résultats "en fonction de critères édictés par le gouvernement en matière de sécurité publique, routière ou d'aide à l'emploi" sont versées "très discrètement" aux préfets et aux sous-préfets depuis fin 2009, révèle lundi Le Parisien. Le quotidien populaire estime que "ces bonus peuvent s'échelonner de 41 000 à 66 000 euros par an". Un préfet touche, en moyenne, 8 000 euros par mois, le traitement d'un sous-préfet à sa sortie de l'école est, lui, fixé à 3 600 euros pour atteindre près de 7 000 euros en fin de carrière.

 

Les préfets se verraient ainsi fixer des objectifs à atteindre chaque année, en matière de sécurité publique, de sécurité routière et de nombre de contrats aidés pour le retour à l'emploi. Selon Le Parisien, les expulsions d'étrangers sans papiers seraient aussi prises en compte. Le travail des préfets — ils sont cent vingt-six — est évalué par les services du ministre de l'intérieur, les primes des sous-préfets — ils sont quatre cent cinquante — étant décidées par les préfets. L'information peut surprendre, pourtant, ces primes de fonction et de résultats (PFR) aussi appelées "indemnités de responsabilité" ont été entérinées par un décret du ministère de l'intérieur du 7 novembre 2009.

Interrogé sur ces primes par le journal, Olivier Boisteaux, président du Syndicat indépendant des commissaires de police, estime qu'il s'agit du "système des bonus bancaires appliqué à la fonction publique" et pense que "ce système de primes pourrait pousser les fonctionnaires à falsifier les statistiques".

"Les primes sont un moyen de récompenser ces grands serviteurs de l'Etat, soutient-on à la sous-direction du corps préfectoral. C'est un peu du système libéral que l'on introduit dans la fonction publique, mais ces primes sont encadrées et répondent à des règles de transparence et d'équité."

"Dans la réalité, les préfets et sous-préfets ne touchent jamais le montant maximal qui peut leur être accordé", affirme la sous-direction du corps préfectoral au Parisien. "En moyenne, ces primes s'élèvent entre 30 000 euros et 40 000 euros à l'année." "Dans la réalité, les préfets et sous-préfets touchent, chaque mois, une avance sur leur prime avant de se voir verser le reliquat en fin d'année, si les critères sont remplis".

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Samedi 26 juin 2010 6 26 /06 /Juin /2010 15:03

 

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Depuis le 3 mai dernier, un mouvement de grève a été lancé par des chômeurs et des précaires. Pour la première fois, une action a été coordonnée en Bretagne par les chômeurs et les salariés de Pôle emploi.

Le lundi 14 juin, des militants CGT Pôle emploi se sont joints à l’occupation de l’antenne Pôle emploi de Carhaix par la coordination des chômeurs de Bretagne composée d’AC  ! Quimper, du comité CGT chômeurs rebelles du Morbihan, du Mouvement des chômeurs et précaires en lutte (MCPL) de Rennes et du Collectif pour la justice sociale de Brest.
Pour la première fois, les salariés et les collectifs de chômeurs se sont coordonnés pour mener cette action qui s’inscrit dans le cadre de la grève des chômeurs qui, depuis le 3 mai, multiplie partout en France des actions dénonçant la gestion actuelle du chômage et de la précarité.
Le Pôle emploi de Carhaix a été choisi car la lutte menée pour la défense de l’hôpital, en 2008, est symbolique de la défense d’un service public non soumis aux logiques de marché et réellement au service de la population alors que le fonctionnement de Pôle emploi est caractéristique des logiques de contrôle et de rentabilité dans le cadre des politiques de démantèlement du service public.
Une assemblée générale commune a débouché sur les revendications suivantes : retrait du suivi mensuel obligatoire et de l’offre raisonnable d’emploi, fin des convocations et des radiations, suppression du 3949 et retour aux lignes directes des agences, suppression des évaluations en milieu de travail et des actions de formation préalables au recrutement, maintien des privés d’emploi dans leur catégorie d’emploi, arrêt de l’utilisation de lampes UV pour contrôler l’authenticité des papiers d’identité, arrêt des pressions exercées sur le personnel de Pôle emploi (primes, objectifs quantitatifs, pression sur les CDD), de la privatisation de Pôle emploi, des prestations privées, des opérateurs privés de placement, embauche de personnel à Pôle emploi pour accompagner, aider, indemniser et non pas fliquer les privés d’emploi, titularisation des CDD, retrait de la plainte de Pôle emploi à l’encontre du copain de Rennes qui avait participé à l’action du 3 mai 2010.
À 17 h 30, le collectif, les militants CGT de Pôle emploi et les salariés, rejoints par des soutiens (entre autres du NPA) décident d’occuper l’agence tant que ces revendications n’auront pas été satisfaites.
Ils reçoivent le soutien du maire de Carhaix qui discute avec la direction et les forces de l’ordre.
Une conseillère technique mandatée par la direction régionale, leur répond, encadrée par les forces de l’ordre. Vers 22 heures, les gendarmes évacuent violemment les occupants.
Un hébergement est trouvé pour la nuit et la coordination des chômeurs de Bretagne réinvestissent l’agence dès 9 h 30 le lendemain. Ils sont reçus par le directeur départemental, M. Poulaille, dont la consigne était de fermer le site pendant l’occupation. Le plus important pour la direction étant de discréditer la mobilisation et d’éviter tout rapprochement entre les privés d’emploi et les agents, M. Poulaille a donc décidé d’envoyer... les poulets. À 13 h 20, la coordination est évacuée et l’agence fermée.
Un prochain rendez-vous a été obtenu pour le 22 juin à Brest à l’occasion de la commission de liaison (syndicats, associations de chômeurs).
Les membres de la commission exécutive de l’union syndicale de la CGT, qui étaient réunis à Loudéac (à 70 km) ont fait le déplacement à Carhaix pour réaffirmer le soutien de la CGT Pôle emploi à la grève des chômeurs. Ils ont également interpellé la direction du travail sur la dégradation (euphémisme) des conditions de travail des salariés de Pôle emploi.
À faire à suivre…
Correspondant

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Samedi 19 juin 2010 6 19 /06 /Juin /2010 07:09

Une manifestation de soutien aux familles en attente de papiers se rassemblera samedi 3 juillet à 11h près du marché au début de la rue Victor Hugo. L'Association pour la Reconnaissance et la Défense du Droit des Immigrés (ARDDI) invite les parents d’élèves à venir se joindre à la manifestation.
Ils entendent ainsi interpeller les Niortais pour dénoncer les complications administratives et la situation invivable qui est infligée à de nombreuses familles. Les parents en attente de papiers sont, pour la plupart interdits de travail. Les familles sont donc privées de ressources, elles n'ont pas droit aux allocations familiales. Les enfants pâtissent tous de cette vie qui leur est imposée alors qu'ils n'y sont pour rien.
Nous demandons aux services préfectoraux plus d'humanité dans le suivi de ces familles pour que des solutions concernant plus particulièrement le logement et l'octroi de titres de séjour soient trouvées rapidement.

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Samedi 19 juin 2010 6 19 /06 /Juin /2010 06:58


Rendez-vous Place du Port, dans les locaux de RESO - La Colline, pour
dire notre désaccord avec cette politique d'abandon...chacun a le droit
d'être accueilli, nourri et logé...c'est un minimum...c'est aussi ce qui
a donné une âme à la Colline...ce ne sera bientôt plus le cas si on
laisse faire n'importe quoi à tout à l'heure, à partir de 10 h .

 

La manifestation décrite par La Nouvelle République

L'Etat fait des économies sur le dos des sans-abri

Débrayage, hier, des salariés de l'association La Colline. Faute de financements, l'accueil de jour de la place du Port fermera ses portes le 1 er juillet.

Les salariés ont improvisé une manifestation entre la place du Port et la préfecture, hier matin. Sur leur banderole de tête, une inscription : « La dignité, ça n'a pas de prix ». - Les salariés ont improvisé une manifestation entre la place du Port et la préfecture, hier matin. Sur leur banderole de tête, une inscription : « La dignité, ça n'a pas de prix ». -  - Photo NR

Que fait-on des sans-abri ? questionne une affichette placardée sur le grillage de l'immeuble de la place du Port. Plus loin, une banderole : « La dignité, ça n'a pas de prix ». Que fait-on des sans-abri ? C'est bien toute la question après l'annonce faite lundi dernier aux salariés de La Colline (qui gère plusieurs structures d'hébergement à travers la ville) : le service qui accueillait dans la journée les personnes en errance, place du Port, ferme ses portes le 1 er juillet.
Dans ces locaux, on trouvait de quoi se nourrir le midi, on pouvait s'y doucher, laver son linge, bénéficier d'une écoute. Colère du personnel de La Colline qui, hier, a débrayé en fin de matinée, à l'appel de la CGT et d'un collectif de salariés et bénévoles. Rassemblés place du Port, les salariés ont ensuite improvisé une manifestation jusqu'à la préfecture où une délégation a été reçue par le directeur de cabinet de la préfète. Car la suppression de ces accueils pour sans-abri découle tout droit du tour de vis budgétaire décidé par l'État. « En mai, on nous a annoncé une baisse de 20 % des financements. Cela représente 300.000 €. Dès lors que nous ne sommes pas autorisés à faire du déficit, la responsabilité de l'employeur est de sauver ce qui peut l'être », explique Sébastien Volokove, directeur de La Colline, venu hier matin rencontrer les salariés. « Le sens de ma présence, c'est de dire que je compatis à leur angoisse. » Les représentants de La Colline ont rencontré la préfète et le directeur de la Ddass dont ils attendent des réponses. Hier, de nombreux adjoints de la municipalité niortaise se sont rendus place du Port et devant la préfecture pour manifester leur soutien aux salariés. Geneviève Gaillard, prévenue au dernier moment du rassemblement improvisé par les salariés, est descendue de son bureau de l'hôtel de ville pour leur exprimer son appui.
'' Ce qui se passe
est inadmissible
et calamiteux ''

Avec la double casquette de maire et de députée, Geneviève Gaillard, alertée du problème, a déjà tiré les sonnettes d'alarme : « Ce qui se passe est inadmissible et calamiteux. Ces décisions remettent en cause tout le travail de réorganisation de l'accompagnement social entrepris par la municipalité », dénonce-t-elle.
Conséquence première de la fermeture de la place du Port : à partir du 1 er juillet, les personnes en errance dans la ville seront livrées à elles-mêmes du matin au soir.

Yves Revert

Extrait du Blog de Joseph Coutant:   http://jcoutant.over-blog.com/

Lundi dernier, les salariés de la structure « La Colline », l’association qui s’occupe à Niort de l’accueil d’urgence des plus démunis, ont appris que des mesures drastiques allaient être prises suite à un désengagement de l’Etat. Les financements de l’Etat seraient réduits de 15 % entrainant une diminution dans le budget de 300 000 €.

 

Conséquences, la structure d’accueil de jour fermerait au 1er juillet. Comme en témoignaient ce matin des salariés de la structure et des usagers, ces derniers n’auront plus la possibilité d’y prendre un repas à midi, d’y prendre une douche, d’y laver leur linge. Ils y trouvaient également un soutien et une orientation pour l’accès aux droits fondamentaux. Une quarantaine de personnes en situation précaire y sont accueillies quotidiennement.

 

Ces restrictions budgétaires ont d’autres répercussions. Trois appartements du Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale qui accueillaient en longue durée des personnes en grande difficulté vont fermer sur Niort. Et concernant l’hébergement d’urgence, il est prévu la fermeture de 10 places durant un mois cet été.

 

Cela risque de toucher également des emplois salariés puisque 4 postes seraient menacés.

 

C’est la raison pour laquelle ce matin un rassemblement s’est tenu devant les locaux dont la fermeture est prévue au 1er juillet, pour dénoncer cette situation et réclamer les moyens financiers permettant le fonctionnement de cette structure. Une manifestation improvisée  s’est ensuite rendue à la préfecture où une délégation a rencontré la préfète. Mais le discours du pouvoir est toujours le même, les caisses sont vides.

 

S’il y a un besoin crucial en matière d’hébergement social, c’est bien le résultat des difficultés grandissantes d’accès au logement, du chômage massif et de la précarisation du travail.

 

Alors, peut-on accepter que des personnes vivant déjà des situations de précarité soient à nouveau victimes de la politique de restriction budgétaire de l’Etat ?

 

Celui-ci a su trouver de l’argent pour sauver les banques et refuse toujours de supprimer le bouclier fiscal.  Alors, ça suffit les injustices ! Un changement de politique est absolument nécessaire, l'argent doit être au service de l'humain et non du capital.

 

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Devant les locaux d'hébergement de jour appelés à fermer. Au fronton une fresque avec l'inscription "Protégez nous". Tout un symbole.

 

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Samedi 19 juin 2010 6 19 /06 /Juin /2010 06:42
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Un texte précisant les critères de régularisation des travailleurs sans papiers devrait être publié le 18 juin. Il pourrait conduire à une issue positive.

Depuis le 27 mai, les travailleurs sans papiers en grève ont occupé les marches, puis l’esplanade devant l’opéra Bastille. Des centaines de grévistes se relaient jour et nuit. Militants, personnalités politiques et du monde du spectacle viennent chaque jour apporter leur soutien.
 Après huit mois d’une grève commencée le 12 octobre 2009, les sans-papiers qui jusque-là occupaient divers lieux (locaux de leur entreprise, agences d’intérim, chantiers, etc.), dont ils ont été peu à peu expulsés, se rassemblent donc en un même lieu, rapidement appelé « piquet des piquets ».



Les organisations qui dirigent ce mouvement, rassemblées au sein d’un « groupe des onze » comprenant syndicats et associations, se sont orientées vers une démarche commune : elles ont convaincu un certain nombre de responsables patronaux de demander ensemble la régularisation des travailleurs sans papiers. Cette démarche, qui a pu sembler incongrue à certains militants, d’autant plus que le nombre de signataires patronaux fut assez modeste, paraît tout de même aujourd’hui porter ses fruits.

D’après le compte rendu fait par les négociateurs, les contacts du groupe des onze avec les ministères de l’Immigration et du Travail sont en passe d’aboutir à un texte qui devrait être publié le 18 juin. Il précisera les conditions dans lesquelles les travailleurs sans papiers pourront être régularisés. Nous ne sommes certes pas dans le cadre d’une régularisation de l’ensemble des sans-papiers, mais la lutte et la détermination de plus de 6 000 d’entre eux durant huit mois pourraient permettre d’arracher de nombreuses régularisations.
À la veille de la publication de ce texte, examinons les enjeux.

 La première des questions est de savoir quel sera le statut de ce texte. S’il est opposable (type circulaire), cela créera du droit pour tous et sur l’ensemble du territoire. Chacun, s’il remplit un certain nombre de critères, pourra bénéficier de ce dispositif de régularisation et pas seulement ceux présents sur une liste ou défendus par telle ou telle organisation syndicale.


Il est également primordial de savoir combien de temps le texte restera en vigueur et, par conséquent, combien de travailleurs pourront déposer une demande.
 En effet, en 1997, lors de la publication de la circulaire Chevènement, les sans-papiers ne disposaient que de quatre mois pour déposer leurs dossiers. Les conditions de régularisation « favorables » contenues dans cette circulaire disparaissaient après ce délai.
Combien de temps faut-il avoir travaillé au cours des dernières années pour entrer dans cette procédure ? L’enjeu n’est pas mince car bien souvent les travailleurs concernés sont utilisés comme une variable d’ajustement par les employeurs et il leur est difficile de travailler de façon continue. Si, comme les premiers échos l’indiquent, le fait d’avoir travaillé 12 mois au cours des 24 derniers mois était retenu comme critère, et que les 8 mois de grève étaient comptabilisés comme mois de travail, cela permettrait d’inclure un grand nombre de ces travailleurs.
 Les mesures concernant les intérimaires semblent aller dans le même sens.
D’autres questions restent en suspens : comment les travailleurs et travailleuses à temps partiel ou au noir seront-ils traités ?

Aujourd’hui, la détermination des grévistes et les mobilisations autour d’eux permettent d’envisager une issue positive à ces négociations et peut-être, osons le mot, une victoire. Les grévistes appellent plus que jamais à soutenir leur mouvement place de la Bastille, place qui pourrait bien avoir un air de fête dans quelques jours.

Pierre Baton

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Jeudi 17 juin 2010 4 17 /06 /Juin /2010 13:33

 

Le 21 mai dernier, à l’occasion de la journée internationale contre l’homophobie et la transphobie, la commission lesbiennes, gays, bi, trans et intersexués de la région parisienne du NPA organisait, dans un bar du 20e arrondissement, une réunion publique sur le thème de la solidarité internationale dans les combats LGBTI. Une soixantaine de personnes y ont participé, venues de divers horizons : militants et sympathisants du NPA, de différentes associations ou groupes LGBTI, mais aussi habitants du quartier… Ce qui constitue un succès prometteur, pour une première initiative de ce genre ! Suzanne, au nom du NPA et de la commission, a d’abord rappelé les raisons de notre engagement, articulant anticapitalisme, luttes LGBTI et internationalisme. Construire des solidarités avec les gays, les lesbiennes et les trans persécutés dans leurs pays implique de lutter contre les lois racistes restreignant le droit d’asile en France ; mais cela implique également de conquérir des droits ici : la France qui donne des leçons sur les droits humains continue de traiter les gays et les lesbiennes comme des sous-citoyens, leur refusant l’égalité des droits, et les trans sont toujours considérés comme des malades. Puis, Lalla et Elsa, déléguées de l’assemblée générale des trans (à Paris le 25 avril), sont revenues sur les enjeux de la lutte pour la dépsychiatrisation de la transidentité. Dans un contexte où le ministère de la Santé joue des effets d’annonce sur ce thème, elles ont expliqué la démarche qui a conduit à organiser l’assemblée, ainsi que les revendications qui en ressortent. Enfin, Peter Drucker, militant impliqué dans les luttes LGBTI aux États-Unis et aux Pays-Bas, a rappelé la nécessité d’un internationalisme conséquent, qui pointe les responsabilités de nos propres États impérialistes dans le soutien de régimes homophobes dans certains pays du Sud. Il a aussi montré que la montée de la xénophobie et de l’islamophobie aux Pays-Bas conduit certains politiciens à instrumentaliser l’homophobie pour en rendre responsables les immigrés. Pourtant, a-t-il rappelé en s’appuyant sur des études, les discriminations et les violences sont transversales à toute la société néerlandaise. Un débat riche et intense s’est ensuivi sur la place des personnes trans dans nos luttes, les stratégies des mouvements LGBTI et l’enjeu des cadres unitaires, la définition d’une orientation plus radicale, le rôle (et les difficultés) d’une commission comme la nôtre, la prise en compte des luttes LGBTI. Une première expérience à rééditer.

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Mardi 15 juin 2010 2 15 /06 /Juin /2010 12:38

Olivier Besancenot, porte-parole du NPA, le 4 juin 2009 à Montreuil

Olivier Besancenot, porte-parole du NPA, le 4 juin 2009 à Montreuil (© AFP Mehdi Fedouach)

 

Olivier Besancenot et quinze autres postiers des Hauts-de-Seine sont convoqués par le tribunal correctionnel de Nanterre le 28 juin, poursuivis pour «séquestration» lors de l'occupation de la direction départementale de La Poste, à Nanterre, le 10 mai.

«On est seize à être convoqués le 28 juin pour séquestration», dont des responsables départementaux de Sud-PTT, deux responsables de la CGT-92 et des grévistes syndiqués ou non-syndiqués, a déclaré à l'AFP Olivier Besancenot, membre de Sud-PTT, confirmant une information du Parisien paru lundi.

«Cette démarche pénale est absurde et révoltante», a ajouté le leader du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), jugeant que cette procédure est «à l'image de la façon dont la direction départementale traite et réprime les conflits sociaux qui existent face aux restructurations».

«La séquestration il n'y en a même pas eu», d'ailleurs «si on avait fait une séquestration on l'aurait revendiquée», a-t-il argué, déplorant qu'«on nous demande des sanctions financières : 1.500 euros par personne, plus 3.000 euros en solidaire».

Risque de licenciement

Mais cette convocation n'est «qu'un des aspects de la répression qui nous touche», estime le facteur de Neuilly pour qui «concrètement, le vrai risque c'est qu'une série de syndicalistes risquent le licenciement».

Des salariés grévistes de La Poste, dont certains sont en grève depuis le 26 avril, avaient occupé pendant plusieurs heures le 10 mai les locaux de la direction départementale du groupe postal à Nanterre pour protester contre le projet «Facteurs d'avenir», qui prévoit une restructuration de la distribution du courrier dans le département.

Dans cette affaire, «le point d'achoppement» c'est le «boycott systématique des négociations par la direction départementale» qui a «même refusé la médiation des maires», fait valoir Olivier Besancenot qui doit participer en début d'après-midi à un rassemblement devant la direction opérationnelle territoriale du courrier de Nanterre.

(Source AFP)

Par NPA 79 Nord - Publié dans : Droits de l'homme - Communauté : les anti-capitalistes
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Mardi 15 juin 2010 2 15 /06 /Juin /2010 10:24

logo_conf.gifCommuniqué de presse

 

Saisonniers agricoles : quand les exploiteurs doivent répondre de leur délit !

 

Deux décisions de justice (Aix-en-Provence) viennent à nouveau mettre la lumière sur les conditions d’emploi des travailleurs saisonniers dans les Bouches du Rhône. La justice vient d’ordonner le renvoi de deux exploitants agricoles devant le tribunal correctionnel.

Non respect de la législation du travail, non-déclaration des travailleurs, salaires de misère, logement indigne, …. longue est la liste des griefs dont ces exploitants agricoles devront répondre.

En parallèle, la Confédération paysanne salue la décision récente du Conseil d’Etat (*) qui a statué sur le fond et reconnu le caractère permanent de l’emploi d’un travailleur agricole, sous contrat saisonnier OMI répété pendant plus de vingt ans, et accordé en conséquence une carte de séjour à celui-ci. Ce faisant, la juridiction suprême condamne les pratiques du préfet des Bouches du Rhône qui accordait, à la demande d’exploitants agricoles peu scrupuleux, des dérogations de durée pour l’emploi des saisonniers. Cette décision a le mérite non seulement de mettre en conformité la situation de centaines de travailleurs agricoles mais elle rappelle aussi que les dérives incriminées sont la face émergée d’un « système » à grande échelle mis en place avec l’assentiment de l’Etat dans ce département. Ces « dérogations » de complaisance à grande échelle permettaient à certains exploitants agricoles d’utiliser des travailleurs permanents dans les exploitations fruitières ou maraichères, avec un statut précaire de saisonnier.

Le Conseil d’Etat condamne ainsi l’Etat mais aussi la FDSEA des Bouches du Rhône, à l’origine de ces pratiques.

La Confédération paysanne rappelle combien l’industrialisation des productions agricoles a pour corollaire l’exploitation humaine des travailleurs, salariés ou paysans. Cette exploitation gangrène de plus en plus, de par le monde, l’agriculture.

La Confédération paysanne réaffirme que le revenu des paysans ne peut se construire en discriminant les autres catégories de travailleurs.

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Lundi 7 juin 2010 1 07 /06 /Juin /2010 12:13
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La grève des chômeurs et précaires ne cesse de s’étendre dans toute la France, et a gagné à ce jour plus d’une vingtaine de villes.

Démarrée le 3 mai, la grève des chômeurs se manifeste sous différentes formes d’actions purement revendicatives ou bien festives et conviviales afin de dédramatiser la situation vécue quotidiennement par les chômeurs et précaires.

Ainsi, à Lille, un apéro organisé devant Pôle emploi a vu une petite dizaine de militants trinquer avec les chômeurs présents : « À nos luttes... À nos luttes futures et solidaires pour l’emploi ! », à Bordeaux, avec un pique-nique revendicatif devant le Pôle emploi, ou encore à Lyon, où une pétition de 1 500 signatures, demandant notamment l’arrêt des radiations et le maintien des indemnités pour les chômeurs en fin de droits, circule via une tournée des agences. À Montreuil, un piquet de grève permanent constitue un centre névralgique dans la ville. À Rennes, d’où est parti le mot d’ordre de grève, un Pôle emploi a été déménagé pour protester contre l’envoi de la police dans cette agence le jour précédent, alors que des chômeurs et précaires ne faisaient qu’accompagner des usagers dans le labyrinthe administratif du Pôle. De même, à Montpellier, Perpignan, Nice, Nancy, Tours, Caen, Nantes, Brest, Lannion… de multiples actions ont été menées dans les Pôles emploi, les Caisses d’allocations familiales (CAF), les administrations, les organismes de formation ou les boîtes de coaching, afin de dénoncer le recours massif à la sous-traitance par Pôle emploi.

Occupations de Pôle emploi ou de CAF

Les occupations de Pôles emploi ou de CAF se multiplient ainsi dans toute la France, permettant au passage de débloquer des dizaines de dossiers (rétablissement de l’ARE, de l’ASS ou du RSA, annulation des indus, re-calcul à la hausse des allocations…). Ces intrusions ne sont pas du goût des directions de Pôle emploi dont la réponse immédiate est de renvoyer les conseillers chez eux ou de fermer les agences. Tout « sans-emploi » étant considéré de fait comme un fraudeur potentiel, les contrôles incessants et les courriers menaçant de radiation ne cessent d’augmenter. D’où une certaine tension latente entre les chômeurs et les salariés de Pôle emploi, qui voient leurs conditions de travail se dégrader et se trouvent dans l’incapacité d’exercer correctement leur boulot. C’est la raison pour laquelle certaines agences se sont mises en grève de manière sporadique, et un appel national à la grève a été lancé pour le 8 juin. Les agents réclament de fait la titularisation de tous les CDD et autres contrats précaires, et dénoncent le recours aux heures supplémentaires servant à combler le retard de traitement des dossiers. Ici ou là, les mouvements de chômeurs se joindront aux salariés de Pôle emploi pour afficher leur solidarité et faire entendre et partager leurs propres revendications. Tous les militants du NPA sont invités à « prendre part activement à ces actions et à les soutenir partout » et à « construire des collectifs de chômeurs là où il n’y en a pas ». C’est le sens du vote du CPN des 29 et 30 mai pour un appel à la grève des chômeurs, s’inscrivant ainsi dans une série de mobilisations initiée par des collectifs de précaires et chômeurs. Seule la convergence des luttes permettra d’abattre la frontière entre chômeur et salarié. La grève des chômeurs aura au moins permis de rendre visibles celles et ceux qui n’apparaissent que dans les chiffres du chômage.
La grève des chômeurs et précaires est aussi le refus d’accepter, comme l’ont dit les chômeurs qui se sont invités sur le plateau de France 2, « n’importe quel travail de dix heures par semaine payé une misère dans les secteurs les plus difficiles ». C’est aussi dénoncer l’exploitation salariale des populations les plus défavorisées, notamment les habitants des quartiers populaires, où le taux de chômage atteint des sommets. Mais c’est aussi une manière de ne pas rester isolé, de « sortir des eaux glacées du calcul égoïste dans lesquelles on nous plonge ». La grève des chômeurs et précaires, c’est décider ensemble d’enrayer une machine à précariser, en imposant aux Pôles emploi ou CAF l’arrêt des radiations, la fin de l’offre raisonnable d’emploi, du suivi mensuel personnalisé, l’arrêt du 3949… et lutter contre la culpabilisation qui est faite sans arrêt aux chômeurs et précaires. C’est de ces multiples constats de dysfonctionnement qu’est partie la lutte des chômeurs et précaires, en prenant appui sur différents collectifs existants ou constitués depuis les Marches contre la précarité. Sous la forme de collectifs d’individus ou à travers la participation de diverses organisations (AC !, Apeis...), la volonté est la même de faire vivre ce mouvement, au cours d’assemblées générales, de réunions publiques, de débats sur la notion de « travail » et sur ce que peut signifier une grève des chômeurs quand il n’y a pas d’autre lieu à occuper que les Pôles emploi ou les CAF, pour faire entendre ses revendications non pas de manière individuelle, comme c’est le cas le plus souvent, mais de manière collective. Une grève qu’il s’agit de ré-inventer tous les jours afin de construire de nouvelles formes de luttes et de résistance.
Sylvain LG, Commission précarité

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Vendredi 4 juin 2010 5 04 /06 /Juin /2010 12:23

Sortie du film

 

Ulysse Clandestin

Un film pour la nécessaire suppression du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale

(93’)

 

et du court-métrage

Il fut des peuples libres qui tombèrent de plus haut

(17’)

 

 

Deux films de Thomas Lacoste

 

Une production de La Bande Passante

 

 

Visionnez les films et soutenez l’initiative

www.labandepassante.org/index_lbp.php

 

 

 

Avec la participation des historiens Pap Ndiaye (EHESS), Gérard Noiriel (EHESS), Tzvetan Todorov (CNRS) et Sophie Wahnich (CNRS), des anthropologues Michel Agier (EHESS), Marcel Detienne (EPHE), Françoise Héritier (Collège de France) et Emmanuel Terray (EHESS), des sociologues Luc Boltanski (EHESS) et Eric Fassin (ENS), tous membres du Collectif pour la suppression du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale, de la danseuse et chorégraphe Latifa Laâbissi et de la comédienne et metteur en scène Anaïs de Courson.

 

La création d'un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale était en soi un acte d'une violence inouïe. Le débat sur l'identité nationale, et toutes les dérives verbales qui l'ont accompagné, ont confirmé les plus sombres prophéties. La prochaine étape dans ce parcours de l'ignominie sera la présentation du projet de loi Besson en septembre 2010 qui dégradera encore un peu plus la condition des immigrés en France.

Il est primordial de réagir, sans attendre. Et pour cela comprendre, comprendre les enchaînements qui conduisent à cette régression, comprendre le contexte dans lequel se déploie ce nationalisme dangereux en France et un peu partout en Europe, et à quelles sources il s'alimente.

Le film choral Ulysse Clandestin (93'), et les autres films qui lui sont associés (20 films réunis dans le Coffret Frontières), s'y emploient. Le court métrage introductif de Thomas Lacoste Il fut des peuples libres qui tombèrent de plus haut (17') revient sur la constance de l'exclusion des étrangers de la cité, à partir d'un texte du sociologue Abdelmalek Sayad (extrait de L'immigration ou les paradoxes de l'altérité, Ed. Raisons d'agir, 2006) et d'une adaptation de la pièce chorégraphique Self portrait camouflage (52') de la danseuse et chorégraphe Latifa Laâbissi. Les dix entretiens longs, avec les intervenants du film choral qui reviennent sur leurs recherches, constituent une mise en perspective et un approfondissement essentiels.

Pour sortir des dangereuses problématiques autour de l'identité nationale que les pouvoirs cherchent à imposer, il faut rappeler ce qu'est l'histoire de l'immigration et ce que sont les caractéristiques du « creuset français ». Les origines de la nation française sont bien là, dans la multiculturalité. Ces films interrogent aussi la récurrence et les usages des thématiques racistes, notamment dans les périodes où le capitalisme entre en crise. Ils reviennent sur cette hydre, l'association de l'immigration et de l'insécurité, sans cesse renaissante.

On l'aura compris, le film-frontières de Thomas Lacoste Ulysse clandestin est aussi un engagement pour un certain nombre de valeurs, simples mais essentielles : hospitalité et accueil, droit d'asile, respect de l'autre et de la différence, du commun et du multiple, du partage et de la redistribution. Les sociologues, anthropologues, historiens et philosophes qui témoignent dans ce film livrent des analyses méticuleusement agencées afin de lancer un salutaire combat : la suppression nécessaire et définitive du ministère de la honte !

 

Voir le film

- Visionnez le film en libre accès sur www.labandepassante.org/index_lbp.php ;

- Soutenez et achetez le DVD 12 € (frais de port inclus) par paiement en ligne sur le site http://www.labandepassante.org/index_lbp.php ou par chèque à l’ordre de L’Autre association, 3, rue des Petites Ecuries, F-75010 Paris.

 

Une sortie nationale en deux temps

Dès aujourd’hui, une sortie en libre accès sur internet et en DVD, et, à partir de septembre 2010, des projections publiques partout en France au moment où sera discuté le projet de loi Besson sur l’immigration au parlement.

 

Lieux de projection

Nous sommes à la recherche de lieux de diffusions.

Si vous voulez participer à la diffusion du film Ulysse Clandestin, vous pouvez organiser une projection publique dans votre ville (cinéma, lieu culturel ou associatif, université, etc.), le film peut être projeté dès lors que vous prenez contact avec Julie Paratian (julie@labandepassante.org) afin de mettre sur pied l'agenda de ce tour de France.

 

Faire circuler

Nous vous invitons à faire connaître et circuler le film Ulysse Clandestin. Ce film peut être repris sur des sites, blogs, etc. Nous vous demandons cependant une seule mention obligatoire :

« Pour soutenir cette initiative et les futurs films, vous pouvez acheter le DVD 12 € (frais de port inclus) par paiement en ligne sur le site http://www.labandepassante.org/index_lbp.php ou par chèque à l’ordre de L’Autre association, 3 rue des Petites Ecuries, F-75010 Paris. Merci de nous informer de toutes initiatives afin que nous relayons l'information sur nos différents sites. »

 

Le Coffret Frontières (20 DVD)

Ce film est accompagné par la sortie du Coffret Frontières, réunissant vingt films en DVD disponibles sur le site www.labandepassante.org/lbp_dvdbox2.php, dont l’acquisition peut également se faire à l’unité.

 

Retrouver l'ensemble de nos films

http://www.labandepassante.org/lbp_dvdlist.php

 

Signer l’appel

www.pourlasuppressionduministeredelidentitenationale.org

 

Contacts

La Bande Passante

info@labandepassante.org

 

Projections publiques

Julie Paratian

julie@labandepassante.org

 

 

 

N'hésitez pas à diffuser largement ce message

 

 

La Bande Passante

www.labandepassante.org

 

Le Collectif pour la suppression du ministère de l’Immigration

www.pourlasuppressionduministeredelidentitenationale.org

 

Le Passant Ordinaire

Editions du Passant

www.passant-ordinaire.com

 

L'Autre Campagne

www.lautrecampagne.org

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Vendredi 4 juin 2010 5 04 /06 /Juin /2010 07:28

(1) : retour sur un débat imposé

Le débat sur l’identité nationale a pataugé du ridicule au racisme. Si nous ne lui avons pas donné écho, nous avons souhaité ici essayer d’en tirer quelques enseignements. Pour cela nous avons sollicité Laure Pitti, historienne, ainsi que Sylvie Tissot et Pierre Tévanian (respectivement sociologue et philosophe) pour qu’ils nous donnent leur vision de ce « débat ».

Le débat sur l’ « identité nationale » a reposé la question du posi­tion­nement de l’État par rapport à ses étrangers. Peux-tu revenir sur la genèse et l’évolution de cette question ?

Laure Pitti - La France devient un pays d’immigration, dans la deuxième moitié du xixe siècle mais lire la suite...

 

(2) cinq belles réponses à une vilaine question

 

Au terme du « débat sur l’identité nationale », l’heure est au bilan, non pas sur la nature de cette improbable identité nationale mais sur la signification d’un tel « débat », sa fonction, ses effets sociaux et surtout les réponses politiques qu’il appelle.

Si une question d’identité se pose aujourd’hui au pays, ce n’est pas une question d’identité raciale, confessionnelle ou culturelle, mais une question d’identité politique. La question à se poser n’est pas « Qu’est-ce que la France ? », mais « Qu’est-ce, politiquement, que la France de 2010 ? » Non pas « Que sommes-nous ? », mais « Que sommes-nous devenus pour accepter d’être réduits à une nationalité ? » Non pas « Comment promouvoir la fierté d’être fran­çais ? » mais « Pourquoi faudrait-il être fier d’être français ? Qui veut qu’on le soit, et pour quoi faire ? » lire la suite...

 

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Dimanche 25 avril 2010 7 25 /04 /Avr /2010 13:08

du 14 au 18 Mai au C.A.C à Niort horaires: -http://www.moulinduroc.asso.fr/horaires%20cinema%20mai%

 -

 du 20 au 25 Mai au Diethich à Poitiers 202010.pdf http://le-dietrich.fr/

Arrivants.jpg

1

SYNOPSIS

Caroline est jeune, impulsive. Colette, plus âgée, est compatissante et bordélique.

Face à elles, des familles venues du Sri Lanka, de Mongolie, d’Erythrée et d’ailleurs,

demander l’asile en France. Chaque jour il en arrive de nouvelles, avec ou sans

passeport, avec ou sans bagage, dans des charters ou des camions bâchés…

Comment répondre à ce flot débordant de détresses et de besoins ?

Le film raconte ce face à face tendu et explosif, émouvant et drôle, où chacun défend

son rôle.

2

LES ARRIVANTS, MODE D’EMPLOI

L’immigration est une réalité qui dérange. Plus précisément, ce sont les immigrés qui

dérangent. Et c'est normal. On peut mettre en avant la compassion et les bons sentiments ou agiter la nécessité de la maîtrise des flux migratoires et « l’ immigration choisie », la réalité est têtue. Et la réalité, c’est qu’ il s'agit d'une rencontre avec des étrangers, des inconnus, des "aliens" comme on disait en bon américain - des perturbateurs de nos conforts, de nos conventions et de nos repères.

C'est peut-être bien là ce qu’il y a de plus vivant et de merveilleusement irréductible dans cette histoire d’immigration.

Les demandeurs d'asile, parce qu'ils ne sont pas des clandestins et parce qu'ils ont le droit d'être ici, nous semblent incarner le plus intensément les complications et les beautés de cette confrontation. La légalité de leur situation devrait permettre d'éviter aussi bien la sentimentalité (versant bien-pensant de gauche) que l'obsession de l'invasion (versant paranoïaque de droite). Deux fantasmes recto-verso, qui font écran à la vérité de cette perturbation qu'impose la rencontre avec des humains à la fois familiers et mystérieux, exigeants et démunis.

Quand on peut enfin voir cette rencontre, non plus neutralisée par les préjugés quels qu'ils soient, mais à vif, dans ses impasses et étincelles, on touche un vertige.

Nous avons tourné « Les Arrivants » à la CAFDA (Coordination pour l’Accueil des Familles Demandeuses d’Asile). C’est une plateforme d’urgence parisienne financée par l’Etat français.

Les familles qui viennent demander l’asile en France y sont accueillies par des travailleurs sociaux qui ont pour tâche de trouver une chambre d’hôtel à ces familles le jour même de leurarrivée, puis de les aider concrètement dans leurs démarches jusqu’à ce qu’elles obtiennent (ou non) le statut de réfugié.

Ca parait simple. Ca ne l'est pas.

Parce que la réalité n'est pas soluble, ni dans l'administration, ni dans la bonne volonté. Et cette réalité, c'est, concret symbole, le Babel des voix et des visages, c'est cette irruption de l'ailleurs qu'on va chercher à canaliser, et qui énerve et qui séduit et qui échappe. Eclats des mondes multiples.

3

Et la CAFDA se révèle ainsi être une scène, une zone où l'ordinaire entre en contact avec l'extra-ordinaire, et où se jouent, spectaculaires, parfois explosives, les incohérences qui minent en profondeur la politique d’accueil des immigrés dans notre pays. Sur cette scène, c'est aussi, plus tremblé, obscurément contradictoire, notre rapport à cette réalité qui se joue.

Dans la grande salle d’accueil où chaque jour de nouvelles familles débarquent du monde entier, il y a un comptoir. Il sépare les arrivants des accueillants. Et dans chaque bureau où les entretiens se succèdent, il y a une table qui joue le même rôle.

Autant de frontières autour desquelles se joue en permanence un face à face à la fois

retournant et impossible.

C'est ce face à face que nous avons filmé, cet impossible qui a lieu.

D’un côté, des demandeurs d’asile et leurs urgences– ils arrivent, ils n’ont rien, ils ont peur, ils ont faim.

De l’autre côté, des travailleurs sociaux qui doivent répondre à ces demandes et qui n'en ont pas les moyens, tant financiers qu'intimes; d'autant qu'ils doivent appliquer des règles qu’ils n’approuvent pas forcément.

D’un côté, les arrivants avec leurs vies qui sont de l’Histoire brute et qui font parvenir jusqu’à nous le grand murmure de la violence qu’on fait aux hommes partout dans le monde.

De l’autre côté, les accueillants, comme nous privilégiés car comme nous protégés de cette violence, mais qui, dans le choc de ce face à face, la reçoivent « en pleine gueule » et en notre nom – et s’en défendent comme ils peuvent.

D’un côté, Zahra, la jeune, belle et laconique Erythréenne qui va accoucher bientôt, les énigmatiques Mme et M. Wong dont on ne sait s’il faut les croire ou non, les Kanesha qui ne savaient même pas qu’ils débarquaient en France et les Moulougheta, lui toujours en colère, elle toujours silencieuse.

De l’autre côté, Colette, la “mamma” au grand coeur et la tranchante et enfantine Caroline, faisant face chacune à sa façon à des demandes impossibles à satisfaire et qui finiront par craquer.

4

Pendant quatre mois, nous avons filmé au quotidien les relations entre ces quelques

personnages - malentendus, crises de nerfs ou de larmes, petits et grands drames . Grâce à ce dispositif, nous avons pu saisir – même si c’est par bribes - la vérité de ces relations. Et cette vérité nous est apparue complexe (ni toute blanche, ni toute noire), vivante, au-delà de toute« bien-pensance » et de toute idéologie – une vérité emblématique du rapport ambigu que nous entretenons avec l’émigré et plus largement avec l’étranger, quel qu’il soit.

Nous sommes partis de ce constat, avec le désir d'y voir un peu plus clair, d'aller voir ce qu'il y

a dans le réel, au-delà des fantasmes de compassion ou de rejet. Pour cela, nous avons choisi

de nous focaliser sur le droit d'asile. Le droit d'asile et les principes qui sont les siens, donne

d'emblée notre point de vue sur le sujet — un point de vue philosophique et éthique, en

référence aux valeurs qui nous viennent des philosophes des "Lumières" et de beaucoup plus

loin encore.

Des valeurs auxquelles nous sommes l'un et l'autre très attachés. Par ailleurs, le droit d'asile,

pour se tenir dans une actualité un peu provocatrice, c'est le contraire de l'immigration choisie.

Claudine Bories, Patrice Chagnard

avec la collaboration d’Evelyne Pieiller

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