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Dimanche 30 mai 2010 7 30 /05 /Mai /2010 09:33
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Aux récentes images de Sud-Africain-e-s en liesse à l’approche de la Coupe du monde auraient dû succéder celles de Sud-Africain-e-s construisant des barricades, alors qu’une nouvelle vague de manifestations et de grèves balaie le pays. Dans des scènes évoquant l’apartheid, la police affronte des manifestant-e-s et à des ouvrier-e-s en grève, tirant à coup de lacrymogènes, de balles en caoutchouc et de munitions réelles.

Cette vague de mobilisations arrive un an seulement après l’élection, en avril 2009, de Jacob Zuma. Ce dernier était vu par beaucoup, notamment par ses soutiens de l’imposant Congrès des syndicats sud-africains (Cosatu) et du Parti communiste (Sacp), comme représentant un nouveau départ pour le gouvernement ANC, après 12 ans de politiques néo-libérales. C’est pourquoi les récents mouvements en ont pris beaucoup par surprise, des commentateurs exprimant leur incrédulité face à le mécontentement envers un gouvernement élu à 66%. Dans une tentative de dévier la colère exprimée dans les manifestations pour de meilleurs services publics, le gouvernement a blâmé «l’incompétence des municipalités» et a plaidé pour qu’on lui laisse le temps de purger les conseillers inefficaces et corrompus. Il a même menacé de prendre le contrôle de municipalités soi-disant «défaillantes». Toutefois, les manifestant-e-s font porter la responsabilité des défaillances des services publics sur les conseillers locaux et les politiciens ANC corrompus.

Les manifestations dans les townships ont coïncidé avec la recrudescence de grèves nationales ces dernières années. Elles suivent la grève d’un mois de 2007 qui fut la plus longue et la plus large grève du secteur public de l’histoire de l’Afrique du Sud, avec plus de 700 000 grévistes et 300 000 autres travailleurs, pour qui faire grève était illégal, prenant part aux différentes formes de protestation. En août 2008, une autre grève générale paralysa l’économie quand le Cosatu mobilisa contre la hausse des prix des produits alimentaires et du carburant, qui suivit celle de 2, 75% de l’électricité. Depuis début 2009, il y a eu 24 mobilisations majeures dans tout le pays et les membres du gouvernement considèrent que le nombre de manifestant-e-s excédera cette année celui de 2007 et de 2008.

Richesses pour certain-e-s, pauvreté pour (beaucoup) d’autres

Bien que l’Afrique du Sud soit parmi les pays d’Afrique aux meilleures performances économiques, tout le monde n’en a pas bénéficié de manière égale. Depuis la fin des années 90, l’économie de l’Afrique de Sud a observé 6% de croissance par an et l’inflation a été réduite de 6%, comme d’autres économies africaines. Ceci a cependant été le fruit de politiques néolibérales avec un contrôle strict des dépenses et des services publics, qui a touché le plus durement les pauvres à mesure que l’argent a été détourné des dépenses publiques à travers des allègements d’impôts pour les riches et les classes moyennes. L’augmentation de certains postes au budget gouvernemental n’est pas venue d’un changement fondamental de politique macro-économique, mais par la mise en valeur de l’efficience fiscale. De telles «économies fiscales», expliquent le COSATU et d’autres, se font au détriment des dépenses en faveur du monde du travail.

Les gouvernements ANC ont trouvé l’argent pour remplir les poches des grandes entreprises avec des milliards d’euros de réductions d’impôts, avec la taxe sur les entreprises qui était de 50% au début des années 90 passée à 30% aujourd’hui. La croissance économique des dernières années est liée à une croissance de la demande globale, particulièrement en Chine, pour les produits manufacturés et les matières premières d’Afrique du Sud. Comme ailleurs dans le monde, ceci a coïncidé avec un boom financier et spéculatif engendrant une montée en flèche des prix de l’immobilier de 400% – plus qu’aux États-Unis et en Irlande. Alors qu’il y a eu des investissements en infrastructure, cela a été réalisé par des partenariats public-privé similaires avec ces grosses sommes investies dans des projets touristiques comme les stades de foot de la Coupe du monde et un réseau ferroviaire rapide pour l’élite, qui évite Soweto, entre Johannesburg et Pretoria qui servira surtout aux migrations pendulaires des riches et des classes moyennes.

La proportion de personnes vivant sous le seuil de pauvreté a diminué de 58% en 2000 à 48% en 2005 et beaucoup de familles ont eu accès à des programmes de réduction de la pauvreté. Mais beaucoup de foyers et de communautés restent piégées par la misère. 75% des enfants noirs vivaient dans la pauvreté en 2007, contre 43% d’enfants «de couleur», 14% d’Indiens et 5% de blancs. Le gouvernement prétend avoir construit plus de 2 millions de nouveaux logements mais il y a toujours 2000 habitations informelles dans tout le pays dans lesquels les gens vivent sans sanitaires ni électricité, dans des cabanes faites de taule ondulée et de matériaux récupérés. Près de 10 incendies par jour tuent des centaines de personnes tous les ans. La colère et l’amertume des rêves brisés de libération rongent ainsi le tissu social. Une rage qui s’exprime aussi à travers les 50 personnes assassinées par jour. Les chiffres de la criminalité ont certes diminué ces dernières années, mais ils sont toujours élevés par rapport à la moyenne internationale.

Officiellement, le chômage est situé à 23%, mais les observateurs les plus sérieux et les militant-e-s l’estiment à plus de 40%. Un chiffre qui risque de monter alors que la crise globale commence à poindre dans un pays dont la récente fortune économique a été le produit d’une demande pour des marchandises comme le charbon, l’or ou le platine. C’est pourquoi les demandes d’emplois et de salaires décents sont au cœur des revendications des manifestant-e-s. Dans ce pays, le travailleur moyen doit nourrir 5 membres de sa famille. Lors des manifestations les média n’ont d’ailleurs pas manqué de noter le jeune âge de nombreux participant-e-s. 1 jeune sur 2 entre 18 et 24 ans est au chômage, et alors que la jeunesse a joué un rôle symbolique et de premier ordre depuis les révoltes de Soweto en 1976, il n’est pas surprenant qu’elle se soit impliquée. Malgré sa récente promesse de créer 500 000 emplois, le président Zuma a reculé et statué que « ce ne sont pas des emplois permanents que l’économie devrait créer, mais des opportunités qui devraient aider notre peuple à survivre à court terme».

Zuma

Il est important de comprendre la signification de l’élection de Jacob Zuma et les attentes qu’il a suscitées. Zuma, à la différence de Thabo Mbeki, est vu comme un «homme du peuple» et un ami des travailleurs ayant la volonté d’écouter les syndicats. Zuma et ses soutiens (dont le COSATU et le SACP) ont longuement expliqué que ce dernier avait été persécuté par Mbeki et ses partisans. En septembre 2008, Mbeki, alors président, était démis par le Comité exécutif national de l’ANC après un verdict judiciaire qui suggérait que Mbeki, ou des membres du gouvernement, avaient pu interférer avec la décision de la National Prosecuting Authority pour poursuivre Jacob Zuma sur une affaire de corruption liée à la vente d’armes. Cela a conduit à une rupture dans l’ANC et à la formation d’un nouveau parti politique – le Congrès du Peuple (COPE) – par les partisan-e-s de Mbeki, dirigé par des multi-millionnaires noirs. En janvier 2009, Zuma était à nouveau poursuivi pour corruption mais, quelques semaines avant l’élection, les charges tombèrent, lui pavant la voie pour devenir président du pays.

Il y existe, à gauche, l’idée que Mbeki a été remplacé à cause de conflits internes à l’ANC. Mais ces conflits reflètent la colère et la frustration envers ses politiques néo-libérales et le destin de Mbeki n’était pas scellé par des manœuvres internes mais par les grèves générales et les manifestations de ces dernières années auxquelles Zuma s’est intelligemment associé pour gagner le soutien du SACP et du COSATU. En ayant l’air de persécuter Zuma, Mbeki a renforcé sa popularité et en a fait un nouveau leader pour des millions de mécontent-e-s. Toutefois, Zuma n’est pas un radical. Il était vice-président sous Mbeki et ne protesta pas contre les politiques favorables aux entreprises de Mbecki ni ses remarques scandaleuses sur le VIH et le sida selon lesquelles il n’y aurait pas de lien entre les deux phénomènes.

Zuma est un pragmatique qui a tenté, jusqu’à présent de manière satisfaisante, de rassurer les capitalistes qu’il ne basculerait pas vers la gauche. Présenté comme un homme de gauche par ses soutiens, il parle plus comme un républicain américain, comme l’a dit un éditorialiste, avec ses appels à une action plus dure contre la criminalité et à des marchés plus libres. Avant son élection, le conseiller le plus proche de Zuma, l’ancien dirigeant syndical Gwede Mantashe, rencontra les investisseurs de Cape Town et souligna les façons d’accélérer la hausse des investissements en Afrique du Sud, de combattre le crime et d’offrir progressivement un filet social de sécurité, disant que la présidence de Zuma ne consisterait pas à opposer «les entreprises contre les pauvres» mais à «créer un environnement pour les entreprises tout en se tournant vers les besoins des pauvres.» Un peu avant son élection, Zuma parla d’établir un «pacte» entre les entreprises, le gouvernement et les syndicats pour répondre aux bas salaires, aux grèves et à l’inflation. Les grèves et les manifestations ont fait volé en éclat cette perspective, et au lieu d’apporter la paix sociale le Financial Times note qu’«il y a une sale, imprévisible humeur chez les pauvres sud-africains».

L’Alliance

On parle toujours du fait que l’alliance entre l’ANC, le COSATU ou le SACP puisse se briser mais beaucoup des principaux militant-e-s considèrent encore qu’il est mieux de travailler à l’intérieur de l’Alliance. Zuma prévenait d ailleurs ainsi les militant-e-s avant la violente rupture dans l’ANC : «...une chose que nous savons d’après des décennies d’expérience. Personne ayant quitté l’ANC, quelle qu’en soit la raison, n’est parvenu à se distinguer.» L’Alliance est rongée par des contradictions et des tensions résultant de la confusion entourant la manière de comprendre l’ANC, avec les dirigeant-e-s du très radical syndicat des mineurs déclarant par exemple que les manifestations sont le résultat de politiques dirigées par les «agents néo-libéraux du gouvernement» et accusant certains protestataires d’être «des forces opportunistes et réactionnaires» qui manipulent les mouvements des townships.

Il est clair en tout cas que les grèves militantes et les protestations des townships de ces dernières années ont eu pour effet de rompre le consensus néo-libéral au sein de l’Alliance. Avec l’élection de Jacob Zuma beaucoup espéraient que cela conduirait à une nouvelle période de stabilité sociale. 15 ans de gouvernement ANC ont vu l’Afrique du Sud devenir le pays le plus inégalitaire au monde mais aussi sa capitale protestataire. En mai 2008, les chiffres de la police et du gouvernement notèrent qu’entre 1997 et 2008 il y avait eu 8695 incidents liés au contrôle de la violence ou de l’agitation des foules et 84 487 incidents liés au contrôle de foules et de manifestations pacifiques.

Et alors que les précédentes protestations avaient été centrées sur des questions comme le manque d’eau et le logement, les récentes manifestations ont été plus généralisées et plus violentes. Comme le protestataire Mzonke Poni le dit aux journalistes : « À chaque fois que le gouvernement ANC échoue à tenir parole, il se trouve des excuses et en fait le reproche à des individus. Il est vrai que ses conseillers manquent d’engagement et de talent, mais il faut aussi blâmer la direction nationale – et pendant ce temps les gens souffrent. La seule façon de se faire entendre par le gouvernement est d’exprimer notre colère et notre rage et alors ils comprennent ce que nous ressentons».

La Coupe du monde n’offre à l’Afrique du Sud rien d’autre que ce qu’elle a toujours connu: la séduisante illusion du développement par les grands stades, la publicité internationale, et le tourisme footballistique. La réalité ne changera pas pour celles et ceux qui désiraient un vrai changement avec la fin de l’apartheid ou qui espéraient que la victoire de Zuma l’an dernier implique une rupture avec les politiques dévastatrices qui ont plongé l’Afrique du Sud plus profondément dans la pauvreté.

Mais le climat de rébellion, qui est depuis longtemps un invariant pour les pauvres sud-africain-e-s, crée d’immenses opportunités et défis aux révolutionnaires pour aider à organiser des protestations, et à unifier les luttes des chômeur-euse-s pauvres des townships et les travailleur-euse-s pauvres dans la direction d’une alternative politique qui puisse commencer à défier la domination de l’ANC.

Peter Dwyer et Leo Zeilig. Traduit de l’anglais par Félix Boggio

Par NPA 79 Nord - Publié dans : International - Communauté : les anti-capitalistes
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Mardi 18 mai 2010 2 18 /05 /Mai /2010 16:29
 
salahAFPS -Association France Palestine Solidarité
Salah n’est pas Clothilde, l’Iran n’est pas Israël…
publié le dimanche 16 mai 2010

Comité natonal de soutien pour la libération de Salah Hamouri
 
Un régime qualifié de totalitaire, l’Iran, libère notre jeune compatriote Clothilde Reiss au terme de négociations nombreuses appuyées par une ferme volonté politique du Chef de l’Etat Israël, considéré par le Président de la république et son ministre des Affaires étrangères comme étant un Etat de droit,refuse la libération de Salah Hamouri, 25 ans, et lui refuse la moindre remise de peine !

Nous nous réjouissons tous de la libération, désormais pleine et entière, de notre jeune compatriote, Clothilde Reiss, détenue depuis 10 mois en Iran dont 8 mois passés à l’ambassade de France à Téhéran dans l’attente de sa libération obtenue aujourd’hui.

Cette libération intervient après un procès truqué devant un tribunal civil de Téhéran dont l’audience a été publique et devant lequel, pour éviter le pire, elle s’est accusée faussement. Ce furent, en effet, des « aveux extorqués » selon Bernard Kouchner. Elle est libre aujourd’hui dimanche, après des mois très « difficiles pour une jeune fille », selon le même ministre.

Bienvenue en France, Clotilde !

Cette situation qui nous réjouit est à mettre en relation avec la situation de Salah Hamouri. Lui aussi est un jeune Français. Il a 25 ans. Lui aussi a été contraint de s’accuser faussement devant un tribunal militaire israélien d’occupation, illégal, tandis qu’aucun fait ni acte ne sont à lui reprocher. Le procès a été à huis clos. Mais il est quant à lui toujours en prison. Depuis plus de 5 ans. En Israël.

Voilà un véritable scandale d’Etat.

Voilà qu’un régime qualifié de totalitaire, l’Iran, libère notre jeune compatriote au terme de négociations nombreuses appuyées par une ferme volonté politique du Chef de l’Etat. L’Iran totalitaire libère Clotilde et Israël, considéré par le Président de la république et son ministre des Affaires étrangères, comme étant un Etat de droit refuse la libération de Salah Hamouri, 25 ans, et lui refuse la moindre remise de peine !

Qui peut croire que ce qui a pu être obtenu de l’Iran pour Clotilde ne peut pas l’être d’Israël pour Salah ?

Si tel n’est pas le cas, c’est qu’entre les deux « affaires » il ya une nette différence d’attitude et de traitement de la part des autorités françaises, une différence énorme illustrée par le fait, symbolique mais honteux, que le Chef de l’Etat refuse formellement et obstinément de recevoir en personne la famille de Salah Hamouri à l’Elysée.

La liberté ne peut avoir de frontières. La défense des droits de l’Homme non plus. Ce qui vient de se passer heureusement aujourd’hui pour Clotilde, il faut que cela se passe pour Salah.

Ceux qui dirigent savent mieux que nous ce qui peut et doit être fait pour aboutir à la libération de ce jeune Français de 25 ans qui est le plus « vieux » des prisonniers politiques de France malgré son jeune âge.

Salah vaut Clotilde. Un Français vaut une Française. La solidarité doit être sans frontières politiques.

La démonstration est ainsi faite aujourd’hui que si les autorités françaises le veulent, elles peuvent le sortir de prison. Aucune échappatoire n’existe plus pour elles. Elles sont plus clairement que jamais au pied du mur.

Il convient, forts de ce qui vient de se passer pour Clotilde emprisonnée en Iran, d’exiger plus fort, et plus nombreux que jamais, la libération de Salah Hamouri, victime d’une occupation étrangère et d’un procès illégal et illégitime.

Ce qui a été obtenu de l’Iran peut l’être d’Israël. Qui peut prétendre le contraire ? C’est une question de volonté politique jusqu’ici absente pour Salah.

A nous de l’imposer !

Plus que jamais nous avons le bon droit de notre côté !

Liberté pour Salah Hamouri !

La France doit agir fermement auprès d’Israël comme elle l’a fait pour Clotilde auprès de l’Iran !

Mobilisation générale !

 

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Vendredi 7 mai 2010 5 07 /05 /Mai /2010 10:31
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La grève-séisme d'aujourd'hui et la manifestation la plus massive depuis la chute de la dictature militaire ont exprimé le NON le plus fort aux mesures du trio gouvernement-UE-FMI. Au lieu de retirer ces mesures du Parlement, le gouvernement se sert sans honte du décès tragique de trois travailleurs de Marfin pour les monter en épingle, comme le fait le «Front noir» ND-LAOS[ND, Nouvelle Démocratie, le parti de droite, et LAOS, Rassemblement populaire orthodoxe, le parti d'extrême droite qui soutient activement les mesures du gouvernement du PASOK, le parti socialiste grec). Les larmes de crocodile de Vguenopoulos[le patron de Marfin Bank], qui a obligé ses employés à travailler enfermés à clé dans un bâtiment sans protection incendie, ont la même valeur que les condamnations du premier ministre sur les «manifestants assassins».

C'est le gouvernement qui est responsable de ces morts, ainsi que la police et le patronat. Le gouvernement, enfermé dans sa tour de verre, avec les contrôleurs du FMI et de l'UE, a donné des ordres pour une attaque sans merci contre les centaines de milliers de manifestants qui ont assiégé le Parlement en criant aux députés: «Sortez de là, maintenant!». L'orgie de la terreur policière a continué, en entravant l'accès des pompiers au bâtiment en feu. Des milliers de manifestants ont reçu des coups de matraque et des gaz lacrymogènes de Syntagma[la place du Parlement]jusqu'à Klafthmonos[une autre place du centre ville d'Athènes], pour les empêcher de s'approcher du «lieu sacré» du Parlement, où le gouvernement, avec ND et LAOS, veut imposer sans vergogne le pire coup d'État contre les droits des travailleurs et de la jeunesse.

Athènes, le 5 mai 2010

ANTARSYA (Antikapitalistiki Aristeri Synergasia gia tin Anatropi,

Front de la gauche anticapitaliste grecque)

 

Crise en Europe : racket organisé contre la Grèce

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Le « plan de sauvetage » adopté par l’Union européenne (UE) et le FMI prétend mettre pendant trois ans la Grèce à l’abri de la spéculation des marchés financiers et empêcher sa « faillite ». Mais le carcan « euro-FMI » empêche les débats et mesures démocratiques qu’il faut imposer en Grèce et dans toute l’Europe : l’ouverture des livres de compte (des États, des banques, des entreprises) et le bilan de faillite de l’UE néolibérale dont témoigne le recours au FMI...

Georges Papandréou a accepté un plan d’austérité sans précédent : en contrepartie d’une aide de 110 milliards d’euros sur trois ans, l’État s’engage à réaliser 30 milliards d’euros d’économies. Les profits et marchés financiers sont épargnés alors que les services publics et les salaires doivent trinquer !
Côté dépenses : il s’agit de lancer une nouvelle offensive contre les services publics d’éducation et de santé – en diminuant un peu des dépenses militaires très au-dessus de la moyenne de l’Union européenne (UE) – mais gageons que la France, deuxième fournisseur d’armement de la Grèce, verra ses commandes protégées. Une contre-réforme des retraites, pire que celle qui nous menace en France, est prévue. Les salaires des fonctionnaires seront baissés puis gelés ; et dans le privé, les licenciements sont facilités en même temps que l’on introduit un revenu minimum pour les jeunes et les chômeurs de longue durée trouvant un emploi – ce qui multipliera les « salariés pauvres »...

Côté recettes : les privatisations des transports et de l’énergie aggravent une Europe antisociale et désastreuse pour l’environnement. Au plan fiscal, on épargne les profits ou les exonérations dont bénéficie l’Église orthodoxe ; mais l’impôt le plus injuste – la TVA – sera augmenté.
Le recours au FMI et à des financements bilatéraux par les États membres vise à sauvegarder l’architecture néo-libérale de l’UE : absence de fiscalité européenne (le budget européen est plafonné à 1 % du PIB), priorité aux financements privés avec libre circulation des capitaux et « critères de Maastricht1 ». Ceux-ci, réaffirmés aujourd’hui, ont été établis en 1992 pour que l’Allemagne accepte de renoncer au Deutsche Mark. L’ensemble a construit une UE de plus en plus dissymétrique. Les pays désignés avec mépris comme les « PIGS » (cochons en anglais), pour Portugal, Irlande/Italie, Grèce et Espagne (Spain) sont une « périphérie » de l’eurozone comme il existe celle de l’Est. Aux excédents commerciaux et à la faible inflation d’une Allemagne pratiquant les délocalisations vers l’Est et l’austérité salariale, correspondent une plus forte inflation, des déficits et endettements supérieurs ailleurs.
Les agences de notation « évaluent » ces déséquilibres. Elles qui portaient aux nues en 2007 ce qui s’est avéré être des « titres pourris » dans la crise des subprimes, se permettent aujourd’hui d’infliger de « mauvaises notes » dont s’emparent les marchés spéculatifs : la Grèce, le Portugal et l’Espagne sont les plus fragiles – mais l’Italie a une dette supérieure à la Grèce et le déficit du Royaume-Uni dépasse les 10 %... Dominique Strauss-Khan et l’Élysée grondent contre ces agences qui aggravent la spéculation sur l’euro. Mais les « spéculateurs » sont notamment les banques elles-mêmes. Celles de France et d’Allemagne détiennent 80 % de la dette grecque. La banque centrale européenne n’a pas le droit de prêter aux États, mais a prêté aux banques des montants faramineux à taux bas en pleine crise financière. Cet argent leur sert aujourd’hui à prêter, avec un taux supérieur, aux États... qui viennent de décider de prêter à leur tour à la Grèce, avec un bénéfice au passage...
Le FMI et les gouvernements de l’UE veulent que la Grèce serve « de leçon » européenne. Mais cette Europe-là doit être rejetée par des mobilisations qui imposent de vraies solidarités, et des « critères de convergence » visant la hausse des niveaux de vie et la protection de l’environnement. La monnaie et les financements sous contrôle public doivent être au service de la cohésion sociale.
Le « plan de sauvetage » de la Grèce épargne les profits et les revenus financiers sur la dette. Il faut le refuser parce qu’il est aussi injuste que le sont les plans du FMI ailleurs – et inefficace : l’austérité signifiera récession, cause première de déficit public – sans faire cesser la spéculation.
Les Islandais ont refusé de payer pour une faillite qui n’est pas la leur, lors d’un référendum en mars dernier. Il faut refuser de payer pour des dettes sans audit, transparence et débat sur ces dettes.


Catherine Samary et Hugo Harari-Kermadec, Groupe de travail Économie du NPA


1. Le déficit public sous les 3 % du PIB et la dette publique sous les 60 % concernent le budget de l’État, des collectivités locales et de la sécurité sociale : fiscalité et retraites sont donc au cœur des enjeux. Mais l’UE a aussi interdit aux banques centrales de l’eurozone de financer les États...

 

Lire aussi: union europeenne le scandale grec

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Lundi 26 avril 2010 1 26 /04 /Avr /2010 10:33
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1. La crise économique globale continue. Des quantités énormes d'argent ont été injectées dans le système financier – 14 000 milliards de dollars pour les mesures de sauvetage aux États-Unis, en Grande-Bretagne et dans la zone euro, 1 400 milliards de dollars en nouveaux prêts bancaires en Chine l'année dernière – autant d'efforts pour donner une nouvelle stabilité à l'économie mondiale. . Mais ces efforts seront ils suffisants pour produire un rétablissement durable, la question reste ouverte. La croissance reste très molle dans les économies avancées, tandis que le chômage continue d'augmenter. Il y a des craintes qu’une nouvelle bulle financière, centrée cette fois ci sur la Chine, soit en train de se développer. Le caractère prolongé de la crise – qui est la plus grave depuis la Grande Dépression – est symptomatique du fait qu'elle trouve ses racines dans la nature même du capitalisme en tant que système. Lire la suire

 

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Dimanche 25 avril 2010 7 25 /04 /Avr /2010 10:24

Recueilli par Sylvain Mouillard

Manifestants devant le Parlement grec le 5 mai à Athènes

Manifestants devant le Parlement grec le 5 mai à Athènes (REUTERS/Pascal Rossignol)

Dominique Plihon est président du conseil scientifique d'Attac France. Il était à Athènes ces derniers jours et a pu s'entretenir avec plusieurs interlocuteurs de la situation économique du pays. Il revient sur la crise sociale et économique qui touche la Grèce.

Quel était le mot d'ordre principal dans les défilés mercredi?

Les Grecs sont révoltés par la manière dont le plan d'austérité va les toucher. Ils ont conscience que leur système économique ne fonctionne pas bien, mais ils ont l'impression que le fardeau d'ajustement n'est pas bien partagé, et qu'il va davantage toucher les classes moyennes et populaires.

Pourtant, les premières mesures du gouvernement Papandréou étaient plutôt bien réparties socialement. Il y avait une hausse de la TVA et du prix de l'essence, mais aussi une augmentation des droits de succession et de la progressivité de l'impôt sur le revenu. C'est sous la pression des gouvernements européens que des mesures plus régressives ont été prises. Notamment en réduisant les retraites. Certaines sont désormais inférieures à 600 euros par mois.

Hier, secteur public et privé défilaient ensemble. Les fonctionnaires sont déjà touchés, avec la suppression des treizième et quatorzième mois. Les salariés du privé s'inquiètent quant à eux de futures mesures directes sur leurs salaires, et de mesures induites, comme des licenciements.

Quels blocages peuvent intervenir dans la société grecque?

Le PIB est sous-évalué de 35% car il ne prend pas en compte le secteur informel. Cela représente un manque à gagner de recettes fiscales de 15% pour le pays. Il y a évidemment quelque chose à faire à ce niveau, mais les gouvernements n'ont jamais voulu aller jusqu'au bout car cela touche l'ensemble de la population. Par exemple, les professions libérales -médecins, avocats, architectes- ne déclarent pas leurs revenus.

Hier, outre l'incendie de la banque à l'issue dramatique, un centre des impôts a également brûlé. On m'a dit qu'il traitait des dossiers fiscaux litigieux. Il existe un gros problème d'évasion fiscale en Grèce, et Papandréou avait décidé de combattre ce problème. Il n'est pas impossible que des manipulations aient pu mener à cet incendie.

La population grecque est très sévère avec sa propre classe politique. Comment se positionne-t-elle par rapport à l'Union européenne et au FMI?

Les Grecs étaient plutôt pro-européens. Mais ils sont aujourd'hui déçus car les pays membres de l'Union européenne ont tardé à les aider. Certains économistes sont convaincus que si la commission était intervenue plus tôt pour garantir la dette grecque, on n'aurait pas eu besoin d'un plan d'austérité si rigoureux.

Quant au FMI, certains jugent qu'il est intervenu de manière plus réactive que l'UE. Mais d'autres soulignent aussi que Dominique Strass-Kahn, bien que socialiste, n'a pas modifié la doctrine du FMI sur les politiques d'ajustement structurel. Le peu d'attention porté aux effets redistributifs du plan n'a pas changé.

Le plan d'austérité doit être voté au Parlement ce jeudi. Peut-il améliorer la situation?

J'ai parlé avec plusieurs économistes grecs, et j'ai comme eux la conviction que le plan d'austérité va être inefficace et même dangereux. Il va avoir un effet dépressif sur l'activité ce qui rendra encore plus difficile le rééquilibrage du déficit extérieur. Les rentrées fiscales diminueront aussi.

A court terme, le plan va sûrement satisfaire les marchés. Mais les effets induits à moyen terme, d'ici un à deux ans, ne régleront pas les problèmes de fond.

Quelles mesures alternatives vous sembleraient intéressantes?

Il y a un effort à faire du côté des banques, qui bénéficient d'un circuit financier très pervers. Elles se refinancent auprès des banques centrales et prêtent cet argent à des taux beaucoup plus élevés. Pour mettre fin à ce phénomène de spéculation, on pourrait mettre en place un fonds européen. Celui-ci s'endetterait sur les marchés avec la signature européenne, garantie par des pays comme l'Allemagne et la France. Ces taux d'intérêt, plus bas, bénéficieraient à d'autres pays que la Grèce, comme l'Espagne et le Portugal.

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Vendredi 23 avril 2010 5 23 /04 /Avr /2010 15:38

 

 

Le jeudi 25 février dernier le président Nicolas Sarkozy s’est rendu au Rwanda. C’était la première visite d’un chef de l’Etat français depuis 1994, date du génocide des Tutsis et du massacre des Hutus qui s’y opposèrent.
À l’occasion de cette visite le Président de la République a évoqué de « graves erreurs d’appréciations », des « erreurs politiques » et une certaine « forme d’aveuglement » en parlant de la politique de la France au Rwanda entre 1990 et 1994.

Depuis 1994, ces « erreurs » ont commencé à être décrites et analysées par la Mission d’Information Parlementaire Française de 1998 et précisées par des organisations internationales, des chercheurs, des historiens, des associations de droits de l’homme… Ces travaux font apparaître que les responsabilités françaises vont au-delà de simples erreurs. Il est indispensable de les préciser et d’en comprendre les causes.

Que s’est-il réellement passé ? De quelle nature juridique ces faits doivent-ils être qualifiés ? S’agit-il de fautes ? Y a-t-il eu des crimes ? Comment les autorités politiques et militaires françaises ont-elles pu soutenir, par des conseils militaires, la fourniture d’armes, et l’engagement direct de troupes, un régime qui avait fait du racisme anti-tutsi un point central de son identité et de son action ? Comment ces mêmes autorités, très bien informées par les coopérants militaires restés sur place après le 6 avril 1994 du démarrage du génocide, ont-elles pu appuyer au sein du Conseil de sécurité la diminution des effectifs militaires des Nations Unies et s’opposer à l’utilisation du mot génocide pendant des semaines ? Comment ont-elles pu continuer à organiser la fourniture d’armes au gouvernement génocidaire ?

Il est essentiel d’apporter des réponses claires à ces questions et de préciser la responsabilité de ces autorités, pour les victimes du génocide, et pour nous tous, qui ne voulons pas qu’une telle tragédie se reproduise. Ce travail de compréhension doit nous conduire à revoir le fonctionnement de nos institutions politiques : l’enjeu est de développer le contrôle de la politique étrangère par nos députés ainsi que le droit de regard et d’interpellation des citoyens, en vue d’obtenir une nouvelle orientation de la politique de la France en Afrique fondée sur le respect de la dignité de tout homme.

Au cours de ce printemps où vont se succéder la 16ème commémoration du génocide le 7 avril, puis le sommet réunissant les chefs d’Etats africains et français à Nice du 30 mai au 1er juin, il est essentiel pour notre pays de faire un nouveau pas en avant dans la compréhension du rôle qu’a joué la France au Rwanda à cette époque.

Pour cela :

- Nous demandons à tous les partis politiques de notre pays de prendre une position publique sur la nécessité de faire ce travail historique et de s’engager en faveur d’une recherche de vérité et de justice.

- Nous demandons aux députés et au gouvernement de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour faire la lumière sur le rôle joué par la France avant, pendant et après le génocide. Comme première étape nous demandons l’ouverture des archives et la levée du secret -défense sur tout ce qui se rapporte à l’action de la France au Rwanda depuis 1975.

- Nous demandons aux autorités politiques et judiciaires de notre pays de tout mettre en œuvre afin que les procédures judiciaires concernant des présumés auteurs ou complices de génocide soient conduites rapidement.


Premiers signataires

Associations: SOS Racisme, Terre des Hommes France, Ligues des Droits de l’Homme, fédération des Bouches du Rhône, Survie, MRAP, CPCR (Collectif des parties civiles pour le Rwanda), Mouvement de la Paix, Gandhi International, Mémorial 98, ACTES (Association de Coopération avec les Territoires africains pour l’Education et la Santé), collectif MISTRAL, Respaix Conscience Musulmane

Personnalités: Jean-Marie Muller, philosophe et écrivain, fondateur du MAN; Olivier Le Cour Grandmaison, Universitaire; Gustave Massiah, économiste, membre fondateur du CEDETIM/IPAM; Eric Fassin, sociologue, enseignant-chercheur, Ecole normale supérieure; Laure de Vulpian, journaliste à France Culture; Akhenaton, chanteur d’IAM; Keny Arkana

 

Dimanche 4 avril 2010 7 04 /04 /2010 21:12

 
Communiqué du NPA sur le Rwanda . Briser la loi du silence.

Le Nouveau Parti Anticapitaliste s'associe pleinement aux signataires de l'appel citoyen « France-Rwanda » et demande que toute la lumière soit faite sur les complicités de l'Etat français dans le génocide des Tutsi du Rwanda en 1994.

S'agissant d'un crime de cette nature, il est aujourd’hui plus que temps de reconnaître et sanctionner le rôle qu'ont joué les autorités politiques, militaires et diplomatiques françaises qui sont intervenues pour soutenir un régime génocidaire. Sans cela, il n’y aura pas de vigilance pour empêcher la répétition de la barbarie, il n’y aura pas de rupture avec la politique de domination de la France en Afrique.

Il s’agit de rendre justice non seulement aux Rwandais-e-s, mais à tous les peuples, en Afrique et de par le monde, qui ont subi ou subissent encore de telles exactions.

Nous voulons que soit brisée une loi du silence qui fait injure aux victimes et déshonore celle et ceux qui l'acceptent ; et nous demandons que soient engagées des poursuites judiciaires à l’encontre des complices de ce crime imprescriptible.

 

Le 28 avril 2010.

Par NPA 79 Nord - Publié dans : International - Communauté : les anti-capitalistes
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Samedi 3 avril 2010 6 03 /04 /Avr /2010 10:50
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La crise franchit une nouvelle étape. Après avoir organisé l’endettement des États, les classes dirigeantes en profitent pour renforcer les politiques d’austérité.
Arguant du niveau du déficit public grec (12, 7 % du PIB en 2009), spéculateurs et agences de notation exigent un « ferme engagement politique ». Les dirigeants s’empressent de les rassurer en préparant des programmes réactionnaires : gel des salaires et des pensions, hausse de la TVA, remplacement d’un fonctionnaire sur cinq, etc. La violence des attaques est inouïe. Le véritable objectif du sommet de Bruxelles était de se mettre d’accord sur les moyens d’imposer un tel programme. Mais comment l’Union européenne en est-elle arrivée là ?

Les causes de l’endettement

En 1986, avec l’Acte unique, la priorité absolue est accordée à la concurrence, la libre circulation des capitaux et la préparation de la monnaie unique. Les critères du traité de Maastricht (1992) sont supposés assurer la convergence des économies de la zone. Et pour compenser les effets sociaux de la concurrence, il est décidé d’augmenter les fonds versés aux États les plus pauvres (Irlande, Grèce, Portugal et Espagne) pour assurer la « cohésion économique et sociale ». Mais ce mécano européen est illusoire. Entre 1988 et 1998, le ratio entre le PIB des 25 % de régions les plus riches et celui des 25 % les moins riches est demeuré constant. Les inégalités n’ont pas diminué. Le budget fédéral européen dépasse à peine 1 % du PIB (celui des USA s’élève à 20 %). Et les moyens consacrés aux nouvelles adhésions sont ridicules. Surtout, la logique prédominante est celle de la concurrence commerciale, sociale et fiscale. Les économies européennes sont demeurées dans des dynamiques divergentes. Tandis que les prix augmentaient de 46 % en Grèce entre 1997 et 2009, l’évolution était de 19 % en Allemagne. Ces deux pays ont pourtant la même monnaie, l’euro, et donc un même taux d’intérêt fixé par la Banque centrale européenne (BCE) en fonction de l’inflation moyenne. Dans les États où l’inflation était la plus forte, le faible taux d’intérêt incitait à l’emprunt. En Grèce, c’est l’État qui s’est massivement endetté. En Irlande, en Espagne et au Portugal, c’est l’endettement privé qui atteint des niveaux très élevés.

L’hypocrisie des dirigeants

La Grèce, l’Irlande, l’Espagne et le Portugal ont vu leur déficit commercial se creuser. Tout cela n’a rien de nouveau. C’est même ce qui a permis pendant des années aux capitalistes allemands d’exporter massivement une production qui ne pouvait pas être écoulée en Allemagne du fait de l’austérité salariale. Le Financial Times le reconnaît : « en raison des excédents structurels du secteur privé et des comptes courants de l’Allemagne, il est quasiment impossible que ses voisins puissent résorber leur déficit budgétaire, sauf s’ils sont prêts à supporter un ralentissement durable de leurs économies... la demande intérieure déficiente de l’Allemagne ne peut être universalisée ». Plus simplement : tous les pays ne peuvent être exportateurs nets. Les déclarations de Merkel et Sarkozy sont hypocrites et tentent seulement de masquer l’échec de l’Union européenne (UE). Les pays aujourd’hui montrés du doigt sont précisément ceux qui devaient bénéficier de l’aide de l’UE parce que leur PIB par habitant était très inférieur à la moyenne communautaire.

La dette : un problème ?

La dette publique n’est pas problématique en elle-même. Si elle résulte d’une hausse des dépenses publiques d’infrastructures, d’éducation ou de santé, et si les intérêts ne sont pas exorbitants, la dette est même souhaitable ! Mais la dette accumulée dans la dernière période ne remplit pas ces conditions. En Grèce, elle provient notamment de l’absence d’un système de perception d’impôts efficace, et de la collusion entre la bourgeoisie grecque et de grandes banques. La Grèce paye des intérêts très élevés. En France, la part des dépenses publiques dans le PIB a culminé en 1996 et oscille depuis à un niveau inférieur. Pourtant, la part de la dette publique dans le PIB n’a pas cessé d’augmenter. Comment est-ce possible ? Cela signifie simplement que l’envolée de la dette est imputable à la baisse des recettes. Rien qu’en 2008, les niches fiscales constituaient un manque à gagner de 73 milliards d’euros1. Quant à la facture des réductions de cotisations sociales, on sait qu’elle s’élève à 42 milliards pour 20092. Ce sont ces privilèges qui creusent la dette. Au lieu de payer l’impôt, des rentiers prêtent à l’État. En 2008, celui-ci leur a versé 54, 6 milliards d’euros d’intérêts. Il faut que cela cesse, et ce n’est pas de Bercy ni de Bruxelles que viendra la solution.

1. Rapport de la Commission des finances, de l’économie et du plan de l’Assemblée nationale.
2. Rapport de la Commission des finances du Sénat.

Islande

À l’automne 2008, le système bancaire islandais s’écroule. Les trois plus grandes banques, qui avaient été privatisées en 2003, sont renationalisées. Qui va payer leurs dettes ? Les gouvernements britanniques et néerlandais indemnisent leurs ressortissants et exigent que les contribuables islandais, déjà touchés par la montée du chômage, payent l’addition. Soit 12 000 euros par habitant ! L’UE exerce alors un chantage sur la demande d’adhésion déposée par l’Islande. Le Parlement islandais cède, en votant la loi Icesave. Le Fonds monétaire international (FMI) est satisfait et les agences de notation accordent une bonne note à l’État islandais. Pour faire entendre son refus, la population organise alors des manifestations inédites depuis un demi-siècle et impose un référendum. Le 6 mars 2010, la loi Icesave est rejetée par 93 % des votants. Contrairement à ce que disent les lobbies financiers, il ne s’agit pas de reporter le coût de la crise sur des « contribuables étrangers » mais de placer les financiers et leurs représentants face à leur propre responsabilité. Qu’ils soient islandais, britanniques ou néerlandais, ce n’est pas aux travailleurs de payer la crise !

Grèce

Gel des salaires dans le secteur public, suppression des primes, recul de deux ans de l’âge de départ à la retraite, telles sont les mesures décidées par le gouvernement « socialiste » de Papandréou, prenant prétexte de la dette publique. Des choix lourds de sens. Rappelons qu’avec plus de 2, 8 % de son PIB consacré à l’armement, la Grèce est la championne des dépenses militaires. Les travailleurs ont répliqué par la grève. La Grèce nous donne un avant-goût du problème auquel tous les travailleurs européens seront bientôt confrontés : face à l’offensive des banquiers et de leurs représentants, seule une forte mobilisation sociale peut bousculer les règles du jeu. Mais pour être à la hauteur des enjeux, il faut aller vers la construction d’un front de résistance coordonné en Europe. Car de mauvais coups se préparent partout. Le gouvernement « socialiste » portugais annonce déjà des privatisations massives.

Leurs solutions et les nôtres

La Banque centrale européenne a renfloué les banques privées en difficulté, mais le traité de Lisbonne lui interdit de faire de même avec un État membre ! C’est donc auprès des autres pays de l’UE que la Grèce va emprunter de quoi rembourser ses créanciers (parmi lesquels… des banques). Le seul enjeu du sommet de Bruxelles du 25 mars était de savoir si, pour imposer un plan d’austérité à la population grecque, la bourgeoisie européenne allait s’appuyer sur le FMI. La répartition des rôles a été actée : le FMI jouera celui du « méchant flic » et l’UE celui du « bon policier ». Et leurs recettes ne feront qu’aggraver la crise et monter le chômage. Car ils refusent de taxer le capital. Celui des riches armateurs, de l’Église orthodoxe (exonérée d’impôt), des banques, etc. Mais c’est à l’échelle européenne qu’il faut instaurer cette taxation.

Face à l’endettement privé, il faut arracher des hausses salariales. Face au chômage, il faut imposer le partage du temps de travail. Face à la crise, notre solution est le contrôle social des banques et des entreprises.

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Vendredi 2 avril 2010 5 02 /04 /Avr /2010 07:28

voir mediapart: http://www.mediapart.fr/content/torture-made-usa-une-enquete-exclusive

Ce documentaire de Marie-Monique Robin a reçu le 26 mars 2010 au Figra, festival international du grand reportage d'actualité du Touquet Paris-Plages, le prix Olivier Quemener-Reporters sans frontières. Ce film de 85 minutes, vous n'avez pu le voir à la télévision. A ce jour, il a seulement été diffusé sur Mediapart entre le 19 octobre et le 19 décembre 2009 en partenariat avec ACAT-France, Amnesty International et Human Rights Watch. A l'occasion de cette récompense, nous le rediffusons pendant une semaine. Vous y découvrirez qu'à Guantanamo comme en Irak ou en Afghanistan, l'administration Bush a institutionnalisé la torture. Ses juristes ont tout fait pour s'exonérer des conventions de Genève et du droit de la guerre.
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Vendredi 26 mars 2010 5 26 /03 /Mars /2010 09:48

20-3-2010-0300.JPGCommémoration de la
 journée de la Terre Palestinienne
à Niort
le même jour que dans les principales villes de France et dans le monde.


A l'initiative de l'Association France Palestine Solidarité 79.- AFPS 79

Mardi 30 Mars à 18h.
Sur les marches du Parvis des Droits de l'Homme - Devant la Mairie

 

Article Courrier de l'Ouest

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JOURNEE DE LA TERRE PALESTINIENNE

 

30 mars 1976- 30 mars 2010

Une même logique israélienne

de confiscation des terres palestiniennes.

Chaque année, le 30 mars, depuis 1976, le peuple palestinien -et avec lui le mouvement de solidarité avec ses droits nationaux- commémore une journée de deuil mais aussi de lutte contre la confiscation de sa terre par Israël. En 1976 en effet, le gouvernement, travailliste, décide de confisquer 2 000 hectares de terre, principalement en Galilée. Ce sont donc les Palestiniens de 1948, c'est-à-dire théoriquement citoyens de ce qui est devenu en 1948 l’Etat d’Israël, qui sont visés. Après l’expulsion massive et la dépossession de 1947-1948, les confiscations des terres de Palestiniens ayant réussi à rester dans le territoire devenu israélien se poursuivent. Citoyens de dernière zone, ils ont vu la destruction de centaines de leurs villages et subissent eux aussi le vol de leurs terres et de leurs ressources. Le 30 mars 1976, c’est la grève générale. Un jour de renaissance politique pour les Palestiniens d'Israël. Un jour de révolte. Un jour de lutte pour leur terre et pour leurs droits, avec le soutien des Palestiniens de Cisjordanie, de Jérusalem, de la bande de Gaza. La répression militaire israélienne en Galilée sera féroce. Bilan de la journée : six morts, des centaines de blessés et autant d'arrestations.

 

Aujourd’hui encore ces Palestiniens de 1948, s’ils ne sont plus soumis à l’état d’urgence militaire, continuent de subir un apartheid de fait, politique, social, économique. A l’automne 2000, treize d’entre eux ont été tués et des centaines d’autres blessés lors d’une manifestation de protestation contre la répression massive et meurtrière d’Israël contre la seconde Intifada. Le gouvernement israélien, obsédé par la démographie, en est en outre à exiger la reconnaissance de l’Etat comme Etat juif, c’est-à-dire niant les droits nationaux et citoyens de près de 20% de la population. Et le ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, n’hésite pas à prôner ouvertement le transfert de la population palestinienne, pour faire d’Israël un Etat « ethniquement pur »…

 

En commémorant le « Jour de la Terre » de ce 30 mars 1976, les Palestiniens ne font pas seulement acte d’histoire. Ils disent aussi la continuité d’une politique de négation des droits du peuple palestinien, de confiscation et d’annexion de sa terre. Et celle de la résistance palestinienne.

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                                                                         Olivier
-


La colonisation de la terre de Palestine occupée, elle, s’accélère. Tout en renforçant le siège inhumain de la bande de Gaza, il s’agit pour Israël en Cisjordanie d’accaparer le maximum de terres et d’eau en refoulant le maximum de Palestiniens et d’empêcher l’édification d’un Etat palestinien indépendant, souverain, dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale. Ainsi de la décision israélienne de ne geler la colonisation que pour dix mois, mais hors des projets nombreux déjà en cours et hors de Jérusalem-Est. Ainsi de l’annonce par Israël ce mois-ci, à l’occasion de la visite du secrétaire d’Etat américain Joe Biden, de la construction de 1600 nouveaux logements dans le secteur oriental illégalement annexé de Jérusalem. Jérusalem-Est « fait partie intégrante de notre capitale », assène Avigdor Lieberman : « Nous ne sommes pas prêts à négocier sur Jérusalem ». Enfonçant le clou ; le Premier ministre Benjamin Netanyahu a exclu lui aussi, le 22, à Washington, tout gel de la colonisation dans le secteur oriental de la ville

 

La construction du mur de l’annexion à l’intérieur de la Palestine occupée se poursuit également, en violation des résolutions des Nations unies et de la Cour internationale de Justice. Les manifestants pacifiques contre la construction du mur subissent une répression meurtrière. Nous serons à leurs côtés et aux côtés des anticolonialistes israéliens, à Bil’in, en avril prochain.

 

Le « Quartette pour le Proche-Orient » (Onu, Etats-Unis, Union européenne, Russie), réuni à Moscou, a exhorté le gouvernement israélien « à geler toutes les activités de colonisation (…) à démanteler tous les avant-postes construits depuis mars 2001 et à s'abstenir de procéder à des démolitions et des expulsions à Jérusalem-Est », a déclaré le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon.

 

Il ne s’agit plus d’exhorter. La paix mérite des actes.

 

Il est temps de boycotter la politique israélienne, de désinvestir, de sanctionner, en commençant par suspendre l’accord d’association entre l’UE et Israël.

 

C’est la voie de la raison, celle du droit, pour donner une chance à la paix.



à Poitiers
: 30 Mars Journée de la Terre Palestinienne


Soirée Palestine - débats, films, restauration

Mardi 30 mars

  • 18h00 Projection de « La terre parle arabe » de Maryse Gargour suivie d’un débat avec la réalisatrice.
  • restauration sur place
  • 20h30 Projection du film « l’anniversaire de Leïla » du palestinien Rashid Masharawi suivi d’un débat.

Organisé par le « Comité poitevin France Palestine » au Tap cinéma Entrée : 8 euros

Projection du film « l’anniversaire de Leïla » du palestinien Rashid Masharawi suivi d’un débat avec le Comité poitevin France Palestine au cinéma Le Théâtre-TAP de Poitiers




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Projection à Niort le Vendredi 12 Mars du film Gaza-strophe organisée par l'AFPS 79 (Association France Palestine Solidarité)

Mission en Palestine de militants NPA - témoignages

Poitiers - photos et allocutions du rassemblement « gaza : on n'oublie pas

Manifestation unitaire samedi 19 à poitiers pour gaza - 1 an déjà !

Poitiers - 16 janvier - gaza : on n’oublie pas !

Repas solidaire, musical et convivial organisé par l’Association France Palestine Solidarité 79

Projection du Film Rachel à Parthenay suivi d'un débat avec l'Association France Palestine Solidarité

Communiqué de l'Association France Palestine Solidatité 79 - Les menaces d'Alliot-Marie

Niort : réunion d’information quelle est la situation en palestine


Semaine de la solidarité internationale à poitiers

 

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Jeudi 11 mars 2010 4 11 /03 /Mars /2010 07:46
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Les mesures d’austérité imposées aux travailleurs grecs pour résorber les déficits ne sont qu’un prélude de ce qui pourrait se produire dans d’autres pays européens. La crise grecque démontre les désaccords de la classe dirigeante sur les stratégies à adopter.

Pour la deuxième fois depuis décembre 2008, la Grèce est au cœur de la situation politique en Europe. Depuis l’arrivée au pouvoir du Pasok, le parti social-démocrate grec, et les révélations concernant le trucage des chiffres du déficit budgétaire (le gouvernement de droite avait falsifié les chiffres pour annoncer un déficit moins élevé que son niveau réel, ce qui lui permettait de continuer d’emprunter à des taux d’intérêt bas sur les marchés), une sorte de tragédie grecque se déroule sous nos yeux. Les sociaux-démocrates ont très vite abandonné leurs promesses électorales et ont annoncé l’inéluctabilité des mesures de rigueur. La presse allemande mène une campagne de dénigrement de la population grecque. Le Premier ministre grec, Papandreou, fait le tour des principales capitales d’Europe pour quémander un sauvetage européen. Dans la presse bourgeoise, le débat sur l’opportunité de sauver ou non l’État grec fait rage. Sur les marchés financiers, la spéculation liée aux déficits grecs fait glisser l’euro et en inquiète les architectes. En Grèce même, les plans de rigueur se suivent à une vitesse impressionnante (celui du mois de janvier n’a pas suffi pour calmer les gros investisseurs financiers et il a fallu des mesures supplémentaires, annoncées en février, d’une ampleur bien plus importante), les grèves se multiplient et la peur d’un nouveau décembre grec hante l’Europe.
La crise grecque est significative de la situation de plusieurs pays européens.
D’abord, elle reflète les divisions de ceux qui dirigent nos sociétés. C’est ce que révèle le débat autour de l’aide que pourrait apporter l’Europe à la Grèce. Certains ne veulent pas entendre parler du moindre centime d’aide à la Grèce. « L’Allemagne ne donnera pas un cent à la Grèce », a déclaré Rainer Brüderle, le ministre de l’Économie et membre du FDP, le parti libéral-démocrate allemand, partenaire de la CDU de Merkel au gouvernement. Les libéraux du FDP et les Bavarois de la CSU sont farouchement opposés à un sauvetage de la Grèce. Ils mènent campagne pour que l’État grec fasse le ménage chez lui et impose aux travailleurs l’intégralité de la facture par le biais des mesures de rigueur. Mais en face, d’autres veulent à tout prix éviter une faillite de l’État et parmi eux, bon nombre de banquiers européens qui ont massivement prêté à la Grèce et se trouveraient à nouveau dans une situation très difficile si le pays ne remboursait pas ses dettes. C’est ce qui explique la visite du patron de la Deutsche Bank à Athènes fin février, dans le but de négocier avec le gouvernement grec un éventuel soutien allemand.
Dans cette situation, Papandreou essaie de jouer toutes ses cartes pour faire pression sur le gouvernement allemand. Après sa visite à Berlin le 5 mars et à Paris le 7, il a rencontré lundi Barack Obama à Washington pour évoquer la possibilité d’un soutien du FMI. Les dirigeants européens ne veulent pas en entendre parler. Une telle solution montrerait l’incapacité de l’UE à régler seule ses problèmes. Et plutôt que de voir le FMI intervenir, ils sont prêts à le faire eux-mêmes.
L’enjeu de toutes ces bagarres est de savoir comment va se distribuer le fardeau des déficits grecs. C’est un bras de fer entre les classes dirigeantes européennes. Mais sa source principale est l’incapacité du gouvernement grec à faire payer les pots cassés de la crise aux travailleurs de son pays.
Car si Papandreou était en mesure d’imposer la rigueur nécessaire pour résorber rapidement les déficits et calmer les investisseurs financiers, il n’y aurait pas besoin d’un soutien européen. C’est ce que réclament les « faucons » en Allemagne.

Crise européenne

Derrière la Grèce, un ensemble d’autres pays attendent leur tour. Les déficits grecs ne sont pas beaucoup plus élevés que ceux de l’Espagne, du Portugal, de l’Irlande, de l’Italie ou encore de la Grande-Bretagne. À part cette dernière, les autres font partie de l’euro. Si la Grèce reçoit du soutien, ce
serait un signe que les grands pays européens – notamment l’Allemagne, principale puissance économique européenne  – feront la même chose pour les autres. Cela affaiblirait la pression qui s’exerce sur eux pour imposer des mesures de rigueur.
D’une certaine manière donc, la lutte actuelle des travailleurs grecs a une portée européenne. Plus ils réussiront à résister aux mesures de rigueur et plus cela créera des conditions plus favorables aux travailleurs des autres pays européens pour lutter contre les plans de rigueur qui ne vont pas tarder à leur tomber dessus.
Et d’ailleurs, dans plusieurs pays déjà, les travailleurs du secteur public passent à l’action. Les 8 et 9 mars, les fonctionnaires britanniques ont fait grève contre la réduction de leurs primes de licenciement. Au Portugal, les travailleurs du public ont fait grève jeudi 5 mars contre le gel de leurs salaires, mesure prise pour réduire les déficits portugais. En Espagne, le mardi 2 mars était une journée contre le relèvement de l’âge de départ à la retraite de 65 à 67 ans. En France, le 23 mars est une journée interprofessionnelle.
La crise grecque deviendra certainement une crise européenne lorsque les autres gouvernements adopteront des mesures similaires. La résistance des travailleurs grecs devra suivre le même chemin.
Christakis Georgiou

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La crise grecque, c’est le début de la crise de l’Europe
Grèce : succès de la grève générale....

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Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /Mars /2010 07:12
Un millier de manifestants contre l'implantation d'Agrexco

Vincent ANDORRA


Publié à 18 h 30 - Mis à jour à 18 h 50 - Entre 1.100 manifestants, selon la gendarmerie, et 1.500 selon les organisateurs , opposés au projet d'implantation de l'importateur israélien de fruits et légumes Agrexco sur le port de Sète, se sont rassemblés ce matin à Montpellier, avant de marcher jusqu'au port de Sète. Le cortège a marché « dans une ambiance bon enfant », a précisé le groupement départemental de gendarmerie de l'Hérault.

« Agrexco, le port de Sète n'est pas à toi », ont scandé les manifestants rassemblés devant le conseil régional Languedoc-Roussillon, propriétaire et gestionnaire du port de Sète. Sur des pancartes,

on pouvait lire des slogans hostiles au projet défendu par Georges Frêche, président sortant DVG de la Région Languedoc-Roussillon et candidat à sa succession.

A une semaine du premier tour des élections régionales, la marche anti-Agrexco a d'ailleurs pris des allures de fronde anti-Frêche, avec la présence, à son départ de Jean-Louis Roumégas, tête de liste d'Europe Ecologie en Languedoc-Roussillon, Paul Alliès, porte-parole de la candidate socialiste Hélène Mandroux, et René Revol (Front de Gauche/NPA).

« Je suis opposé à la venue d'Agrexco à Sète pour deux raisons, a expliqué M. Roumégas. D'une part, on ne peut pas commercer à n'importe quel prix, en fermant les yeux. Les produits d'Agrexco viennent de terres volées, où la liberté et l'eau sont volées. On est dans la violation du droit international. D'autre part, en développant ce type d'emploi sur le port de Sète, ne tue-t-on pas l'emploi de dizaines et de centaines de producteurs locaux? »

« On ne veut pas d'Agrexco à Sète car cette entreprise exploite les produits des colonies palestiniennes, a renchéri Jean-Paul Nunez, délégué régional de la Cimade. C'est contraire à la 4e convention de Genève. Agrexco est une entreprise criminelle, qui n'a rien à faire sur le port de Sète ». Il a regretté que la direction du port n'ait pas reçu de délégation. « Les autorités régionales ne veulent pas dialoguer », a-t-il dit.

José-Luis Moragues, animateur de la coalition anti-Agrexco, a annoncé deux actions en justice, « une au niveau européen, devant la Cour pénale internationale, en invoquant l'exploitation économique de territoires occupés; une, plus urgente, au niveau civil, pour demander une enquête sur l'origine des produits ».

Agrexco table à Sète sur un trafic annuel de 200.000 palettes au démarrage de l'activité, en 2012 ou 2013. La pose de la première pierre de l'entrepôt frigorifique de GF Group, qui doit accueillir principalement Agrexco, a été retardée et est désormais annoncée "pour septembre", a déclaré M. Frêche début février. Le terminal fruitier doit employer une centaine de personnes.

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Samedi 6 mars 2010 6 06 /03 /Mars /2010 12:55

Le 24 février, alors que la Grèce est paralysée par la grève générale, une délégation de l’Union européenne débarque à Athènes pour contrôler la mise en place des mesures d’austérité exceptionnelles imposées à ce pays.

Le gel des salaires dans le secteur public, la suppression des primes, un allongement de deux ans de l’âge de départ à la retraite et une augmentation des taxes sur les carburants, le tabac, l’alcool et l’immobilier sont jugés insuffisants par l’élite dirigeante européenne. Des mesures similaires à celles déjà imposées en Irlande et impliquant une réduction de salaire de 20% dans le secteur public, des augmentations d’impôts et des coupes dans les prestations sociales seront sans doute exigées.

Un pays souverain est mis sous tutelle par des institutions européennes qui n’ont ni la légitimité du vote populaire, ni celle des traités signés. C’est une première dans l’histoire de l’Union européenne.

Les institutions européennes tiennent leur mandat des marchés financiers. Le Premier ministre du Luxembourg et président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker a clairement dit que la zone euro ne ferait que mettre en œuvre les exigences des marchés financiers: « Si les marchés mettent en cause la démarche grecque, des mesures additionnelles devront être prises. La zone euro n'interviendra que lorsque cela aura été fait. »

Le 23 février, c’était les travailleurs espagnols qui manifestaient contre le report à 67 ans de l’âge de la retraite. Dans les semaines qui viennent d’autres pays européens connaîtront le même scénario, attaque spéculative sur la dette, puis imposition d’un plan d’austérité. Les mesures imposées dans chaque pays deviendront de plus en plus brutales.

Incapables de lutter contre le chômage, incapables de se mettre d’accord sur une politique industrielle, incapables de faire face à leur responsabilité devant la crise climatique, les dirigeants européens mènent la charge contre la classe ouvrière.

La Commission européenne est en train d’élaborer un « projet directeur » pour la croissance et l’emploi, appelé « Europe 2020 » et qui devrait être prêt le mois prochain. Celui-ci sera inévitablement, de la part de l’UE et des gouvernements qui la composent, une déclaration de guerre économique et sociale à la population laborieuse. Un débat alarmant s’est même ouvert dans les cercles dirigeants européens sur le niveau de répression étatique nécessaire pour atteindre leurs objectifs.

Pour sortir vainqueur de cet affrontement, il faut d’urgence unifier le combat social à l’échelle européenne et dénoncer ces institutions de l’Union qui préparent une des pires régressions de l’histoire européenne.

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Samedi 6 mars 2010 6 06 /03 /Mars /2010 12:50
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À l’appel de la GSEE (secteur privé) et d’Adedy (secteur du public), 2, 5 millions de travailleurs se sont associés à la grève du 24 février (sur 11 millions d’habitants). Les manifestations ont été partout combatives, comme à Athènes, avec 50 000 personnes dans la rue et des slogans affirmant que ce n’est pas aux travailleurs de payer la crise et attaquant l’Union européenne et le FMI. Ce succès confirme celui de la grève du 10 février, où seule Adedy appelait, et constitue une réponse cinglante aux prétentions des agences financières de notation qui menacent de baisser la note du pays si le gouvernement n’arrive pas à empêcher les mobilisations. Mais c’est aussi une réponse à la fable selon laquelle la Grèce vivrait au-dessus de ses moyens. Une véritable insulte alors que la Grèce compte parmi les régions les plus pauvres d’Europe et que bien des travailleurs doivent cumuler deux emplois pour arriver à boucler leur mois.
Face aux mesures annoncées et à venir (un deuxième paquet est exigé par la bourgeoisie européenne, visant notamment le quatorzième voire le treizième mois), la fermeté sur les revendications est décisive. En ce sens, les revendications des deux syndicats enseignants du premier et deuxième degré sont un bon exemple : salaire minimum à 1 400 euros, intégration des primes au salaire, budget de l’Éducation porté à 15 % du budget national et représentant au moins 5 % du PIB. Elles ont défilé sous le titre « Ils déclarent la guerre ? Ils vont recevoir la réponse qu’ils méritent ! »
Cela dit, les obstacles à l’extension des luttes sont importants. Il y a d’abord le double discours des directions syndicales dirigées par la Pasok (PS). La GSEE dit « nous refusons de payer le prix d’une crise dont nous ne sommes pas responsables » pour ajouter aussitôt qu’il n’y a pas que les travailleurs qui doivent faire des sacrifices, admettant ainsi que les mesures anti-ouvrières sont nécessaires mais demandant à Papandreou de prendre aussi une ou deux mesurettes contre le patronat.
Second obstacle, décisif, la division du mouvement ouvrier, entretenue avant tout par le KKE (PC) qui a réussi le 24 février une « dynamique mobilisation » tout en restant à part des autres cortèges ! La gauche antilibérale et anticapitaliste a donc la responsabilité historique de pousser réellement au « tous ensemble ». De ce point de vue, l’appel de la coalition Antarsya va dans le bon sens, appelant à étendre les grèves avec assemblées générales de masse et comités de grèves coordonnés.
Il y a urgence, les impasses peuvent vite venir, à l’exemple de cette campagne xénophobe menée actuellement non pas contre les pressions des capitalistes allemands, mais contre « les Allemands », avec évocation de l’occupation nazie. La coordination des travailleurs à toute l’échelle européenne devient prioritaire.
D’Athènes, Andreas Sartzekis

Par NPA 79 Nord - Publié dans : International - Communauté : les anti-capitalistes
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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /Fév /2010 17:38
La chambre de commerce France-Israël ne s’en cache même plus : elle avoue que les milliers de tonnes de fleurs qui arrivent d’Israël et inondent les pays européens à l’occasion de la Saint-Valentin sont faussement étiquetées "Made in Holland". A lire et à diffuser largement, car on n’offre pas les fleurs de l’occupation et de la colonisation à ceux qu’on aime.

News : ISRAEL in LOVE - Joyeuse Saint Valentin : des millions de roses en provenance d’Israël sont arrivées en Europe Par David Rosenfeld

Israël, 3ème producteur mondial de roses, a affrété des avions cargo spéciaux ces derniers jours afin de livrer les précieux gages d’amour.

IsraelValley.com vous souhaite à toutes et à tous une joyeuse Saint-Valentin.

A l’occasion de la Saint-Valentin, Israël expédie en quelques jours vers l’Union Européenne environ 50 millions de fleurs. Une flotte de quelques 20 avions participe à ce pont aérien pour transporter plusieurs milliers de tonnes de fleurs fraîchement coupées. Ces lots arrivent dans la nuit à la bourse aux fleurs aux Pays Bas. Fraîchement conditionnées, elles repartent avec le sceau « Made in Holland » vers le reste du monde.

Pour la France spécifiquement, les fleurs arrivent via des cargos spécialisés des compagnies israéliennes Cargo Air Line (CAL) ou El Al à Marseille.

L’essentiel de ces exportations est réalisé par la coopérative agricole israélienne AgrexCo. Celle-ci réalise 10% de son chiffre d’affairers annuel en ce jour de Saint Valentin.

La société Agrexco, dont une part importante du capital est détenue par l’Etat d’Israël, exporte aussi des agrumes, des légumes et d’autres produits agricoles sous les marques Carmel, Ecofresh, Bio Top ou encore les dattes Jordan Rivers.

Source :http://www.israelvalley.com/news/2007/02/14/8609/israel-in-love-joyeuse-saint-valentin-des-millions-de-roses-en-provenance-d-israel-sont-arrivees-en-europe

Par NPA 79 Nord - Publié dans : International - Communauté : les anti-capitalistes
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Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /Fév /2010 20:55

Alicja Tysiac, jeune femme polonaise, a fait condamner en 2007 l’Etat polonais par la Cour Européenne des Droits de l’Hommes pour refus d’IVG – calomniée par l’Eglise et les médias catholiques, traitée de meurtrière et comparée aux criminels nazis, elle porte plainte en diffamation contre l’hebdomadaire épiscopal «  Gosc Niedzielny » (« L’Invité du dimanche ») et l’archevêché de Silésie.

Depuis l’interdiction de l’IVG en 1993 en Pologne, la loi ne permet d’avorter qu’en cas de viol, de malformation du fœtus et de danger pour la santé de la mère. Lourdement handicapée suite à ses deux premières grossesses, Alicja demanda l’autorisation d’une IVG légale lors de sa troisième grossesse, mais les médecins la lui refusèrent au terme de procédures humiliantes. Refusant d’être une victime du système fondamentaliste patriarcal, Alicja Tysiac attaqua les institutions polonaises pour non-respect de la loi jusqu’à se retrouver devant la plus haute juridiction européenne. La Cour Européenne des Droits de l’Homme, sans statuer sur la question de l’IVG, condamna l’Etat polonais pour l’absence de procédures de recours.

Depuis ce jugement, les journalistes de « Gosc Niedzielny » ne se contentaient pas de traiter Alicja Tysiac de « meurtrière en puissance pour avoir voulu tuer son enfant », ils s’en prenaient aussi aux juges du tribunal européen accusés d’avoir « versé 25 000 Euros à Alicja Tysiac pour la récompenser d’avoir voulu tuer son enfant ». Le plus choquant est un article du 7 octobre 2007 où le nom d’Alicja est placé aux côtés de celui de criminels de guerre nazis comme Mengele, Hess et le gardien SS de Auschwitz, Karl Hoecker. A propos de ces criminels de guerre, le journaliste décrit des photographies les présentant détendus et souriant dans un centre de repos, puis, il continue : « Ils se sont habitués aux crimes en série commis derrière la clôture du camp. Et aujourd’hui, comment cela se passe-t-il ? Aujourd’hui, c’est tout aussi effrayant. La Cour Européenne de Justice de Strasbourg a justement rejeté l’appel du gouvernement polonais dans l’affaire d’Alicja Tysiac ».

Comparer l’IVG à la Shoah est un procédé rhétorique courant dans les textes écrits et dans les discours émanent de l’épiscopat polonais et des médias tant ecclésiastiques que publics. Mais c’est la première fois qu’une haute juridiction européenne, saisie par une citoyenne polonaise contre son Etat, est désignée comme étant similaire aux nazis.

Les avocats d’Alicja Tysiac argumentent que ces publications constituent une diffamation, une atteinte à l’honneur et une ingérence dans sa vie privée car le droit à la liberté d’expression ne donne pas aux journalistes et politiciens catholiques le droit de dénigrer une personne parce qu’elle ne partage pas leurs opinions sur l’IVG. Les plus odieuses diffamations sont les articles comparant Alicja Tysiac et les juges européens aux criminels nazis et l’IVG à la Shoah : « Rien ne donne le droit aux journalistes catholiques et aux hommes politiques de comparer les décisions de la Cour Européenne des Droits de l’Homme et les conséquences de ces décisions à la Shoah. Le discours qui inclut Alicja Tysiac dans ce contexte n’est pas seulement d’une arrogance absolue, mais également d’une cruauté inhumaine et inimaginable face aux victimes de la Shoah » - explique Marcin Górski, l’avocat d’Alicja Tysiac.

La victoire d’Alicja Tysiac en première instance

Les laïques et des féministes polonais et européens se sont mobilisé et ont envoyé des lettres de soutien afin de signifier au tribunal polonais que toute l’Europe observe avec attention ce procès dont l’enjeu est la liberté d’expression des citoyen/nes européennes face à la puissance du Vatican. La juge du Tribunal de première instance de Katowice suivit en grande partie l’argumentation des avocats d’Alicja Tysiac. S’appuyant sur les juridictions polonaises et de la Cour Européenne des Droits de l’Homme définissant le « discours de haine – le racisme, l’antisémitisme, la xénophobie, tous les discours ayant comme objet la haine de l’Autre », et limitant de ce fait la liberté d’expression garantie par les lois polonaises et européennes, la Cour de 1ère Instance condamna le 23 septembre 2009 le magazine et l’archevêché de Silésie à publier des excuses et à verser des dommages et intérêts.

Ce jugement historique met une limite aux attaques de l’Eglise et des médias catholiques contre les militant/Es pour le droit à l’IVG. En cela il constitue une première victoire sur le fondamentalisme religieux en Europe de l’Est et ouvre une première brèche en condamnant fermement les discours de haine ainsi que à l’instrumentalisation de la Shoah à laquelle l’avortement est comparé dans les médias et les prêches de l’Eglise en Pologne. C’est aussi première victoire idéologique des laïques et des féministes en Europe de l’Est sur le fondamentalisme religieux depuis 1989. Tout comme l’arrêt européen récent concernant les croix dans les écoles publiques, ce procès s’inscrit dans une offensive des mouvements laïques et féministes pour la laïcité dans l’espace européen.

L’Eglise polonaise n’a pas l’intention de désavouer son discours idéologique dans lequel les femmes « avorteuses » jouent un rôle de bouc émissaire primordial et l’archevêché de Silésie a donc fait appel de la décision du Tribunal. La première audience en appel aura lieu le 19 février prochain à Katowice.

Pourquoi il est important que les laïques d’Europe soutiennent Alicja Tysiac

Dans sa stratégie actuelle, l’épiscopat polonais cherche à contester devant la Cour d’Appel polonaise la légitimité juridique et politique des instances européennes en Pologne. Il refuse à la justice polonaise notamment le droit de s’appuyer sur les arrêts de la Cour Européenne des Droits de l’Homme et sur la Convention Européenne des Droits Fondamentaux. L’offensive du Vatican pour délégitimer la seule instance protectrice des droits humains en Europe est à liée à sa crainte que des citoyens européens de plus en plus nombreux ne se saisissent de la Cour de Strasbourg pour lutter pour la laïcité et les droits des femmes. Cette offensive met à mal l’architecture des institutions européennes en cherchant à exclure définitivement les droits humains des compétences de l’Union, alors que pour des millions de citoyens en Europe de l’Est, c’est l’espoir d’une avancée dans les droits humains qui a fait accepter les immenses sacrifices consentis pour l’adhésion. Sans la protection des droits humains, l’adhésion à l’Union Européenne aura-t-elle encore un sens pour les populations européennes ?

L’Eglise minimise l’horreur de la comparaison d’Alicja Tysiac et des juges européens aux criminels nazis faisant ainsi le lit d’un négationnisme de l’extrême droite catholique qui se sert de la question de l’IVG pour relativiser les atrocités du nazisme. De même, l’Eglise réfute tout discours de haine à l’encontre d’Alicja Tysiac en affirmant son « droit » à stigmatiser les femmes qui avortent. Avant même le procès du 19 février l’épiscopat polonais a démarré une campagne médiatique visant l’interdiction d’utiliser le mot « d’avortement » alors même que la loi polonaise ne définit par l’IVG comme un meurtre ni l’embryon comme une personne.

De plus, l’Eglise prétend que le Concordat arraché en 1995 à un Etat polonais affaibli primerait sur la législation européenne et en particulier sur les décisions de la Cours Européenne de Strasbourg. Cette offensive montre combien les concordats en Europe constituent une menace pour les droits humains et un sérieux frein à la lutte pour la laïcité dans les pays de l’Union. De plus, il apparaît que l’enjeu est l’avenir même de l’Union réduite à un espace de libre échange néoconservateur et religieux, vidée de tout projet politique un tant soit peu favorable aux droits des citoyens. Le procès d’Alicja soulève également cette question politique importante.

Enfin, après 30 ans de combats défensifs des féministes et des laïques en Europe contre le fondamentalisme religieux, en soutenant ce procès nous avons enfin l’occasion de contre-attaquer. La victoire définitive d’Alicja Tysiac signerait une importante défaite des fondamentalistes catholiques dans leur tentative d’imposer à toute la population européenne leurs valeurs et leurs opinions. Elle montrerait au Vatican la force et l’union des forces laïques en Europe et constituerait un jalon important dans la lutte pour une Europe débarrassée de l’influence réactionnaire du Vatican sur les Etats et les sociétés européennes.

C’est pourquoi, le comité de soutien d’Alicja Tysiac appelle les ami/es laïques d’Europe entière à écrire des lettres de soutien qui seront versés dans le dossier du procès ainsi que des courriers aux ambassades polonaises en Europe.

Les lettres de soutien doivent être envoyées à l’adresse du Tribunal d’Appel  avec la mention :

Alicja Tysiac contre Gosc Niedzielny

sygn. akt l ACa 790/09

Sad Apelacyjny

Al.W.Korfantego 117/119

40-156 Katowice

Pologne

Monika Karbowska – pour l’Initiative Féministe Européenne France mkarbowska@free.fr

Le Parti RACJA de la Gauche Polonaise, le collectif de Initiative de Genre de Silésie, les laïques européens, le réseau européen de catholiques pro-choix Eglises et Libertés, le réseau Initiative Féministe Européenne France et l’association féministe française Rien Sans Elles.

Par NPA 79 Nord - Publié dans : International - Communauté : les anti-capitalistes
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