Politique


Jeudi 24 juin 2010 4 24 /06 /2010 06:50

 

Depuis le 16 juin, le gouverrnement a battu ses cartes pour réformer le système de retraite. Avec la reconnaissance de la pénibilité mise au placard, ce sont les salariés qui doivent payer les dégâts causés par la crise du capitalisme à travers le report de l'âge légal à 62 ans et jusqu' à 67 ans pour une retraite sans décote, mais aussi l'allongement de la durée de cotisation et la baisse des salaires pour les fonctionnaires.

La mobilisation sociale et politique la plus large possible pour le maintien de la retraite à 60 ans, à taux plein doit continuer à s'organiser, se développer sur la durée pour obtenir le retrait de cette réforme présentée par E. Woerth.

Les meetings unitaires, à l'initiative d'ATTAC et de Copernic, qui s'enchainent montrent un rejet de cette réforme des retraites par une large partie de la population.

La grève et les manifestations du 24 juin doivent manifester un rejet massif de la part des salariés.

Le 24 juin est une étape importante dans le cadre de cette mobilisation qui doit rebondir, massivement, dès le début de la rentrée du mois de septembre, à l'occasion de l'ouverture du débat parlementaire.

La mobilisation croissante, des salariés, de la population, jusqu'à la grève génnérale s'il le faut, c'est la seule façon de contraindre le gouvernement Sarkozy-Fillon à retirer cette réforme de régression sociale.

Le NPA , investi pleinement dans cette campagne, sera présent dans les manifestations le 24 juin.

A Paris, il tiendra un point fixe, avec Olivier Besancenot son porte-parole, à l'angle de la rue de Lyon et de l'avenue Daumesnil.

Le 23 juin 2010.

Par NPA 79 Nord - Publié dans : Politique - Communauté : les anti-capitalistes
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Vendredi 18 juin 2010 5 18 /06 /2010 09:38
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Le 35e congrès du PCF qui s’ouvre vendredi est un « congrès d’étape » avant celui de juin 2011. Le PCF devra discuter de ses alliances tant avec le PS qu’avec ses alliés du Front de gauche, du fonctionnement du parti et de l’élection d’un nouveau secrétaire national.

Le PC qui compte environ 80 000 adhérents dont 7 000 élus avait réussi, grâce à la création du Front de gauche, à enrayer son déclin électoral lors des Européennes et des Régionales, sans pour autant créer une quelconque dynamique. Mais cette façade unitaire lui a coûté très cher puisqu’il a perdu la moitié de ses conseillers régionaux. Cette perte a suscité un véritable tollé contre le Front de gauche dans la plupart des « sensibilités » existantes. Cela d’autant plus que c’est Jean-Luc Mélenchon qui est apparu comme le leader médiatique de ce Front, malgré ses 2 000 adhérents du PG, et que Christian Piquet et ses 200 militants de la Gauche unitaire ont quand même sept élus...

Pour des raisons totalement opposées, la droite du parti regroupée derrière Robert Hue et Daniel Cirera ont lancé un appel de 200 militants critiquant ce Front qui remet en cause le parti sans s’allier à toute la gauche, et les « orthodoxes » dirigés par le député André Gérin ont aligné 700 signatures dont celles de trois députés et d’une quinzaine de membres du CN sur un texte en défense d’un « parti piétiné et humilié ».

C’est dans ce cadre quelque peu houleux que les « Communistes unitaires » emmenés par quelques députés dont Patrick Braouezec et 200 militants ont annoncé qu’ils quittaient définitivement le PCF. Parmi eux, beaucoup d’élus et quelques militants de Seine-Saint-Denis et des Bouches-du-Rhône. Ils reprochent au parti d’avoir une politique sectaire d’autoconservation de l’appareil et une conception étriquée d’un Front de gauche réduit à un cartel. Sensibles au mouvement de masse, ils ne se prononcent pas sur les problèmes stratégiques qui fâchent et centrent leur critique sur la forme de parti qu’ils jugent complètement dépassée. Leur ambition est de développer la Fase…
Dans ce débat où personne, vu les traditions et l’éducation, ne remet en cause la perspective d’aller au pouvoir par une majorité électorale dans les institutions, Pierre Laurent propose une réponse claire sur le fond mais emberlificotée dans son expression : refus de « figer la division de la gauche et de structurer un parti de l’autre gauche », construction d’un Front de gauche élargi en un « nouveau Front populaire » qui pousserait encore plus loin à gauche les efforts de Martine Aubry pour aller vers « une nouvelle majorité politique de changement ».
Cela dit, l’avenir du Front de gauche n’est pas garanti et pas pour des raisons de fond.

En effet, Mélenchon tient absolument à être candidat, ce que le PCF refuse pour le moment, et il se bat pour une transformation du Front de gauche en un Die Linke avec adhésions individuelles. Le futur secrétaire général, Pierre Laurent, a refusé les adhésions individuelles sauf à une association bidon, les « Partisans du Front de gauche », et la création d’un nouveau parti, et il propose pour la présidentielle « un candidat PCF ou un candidat de rassemblement avec le Front de gauche » ou – nouveauté ô combien significative – « la participation au processus des primaires lancé par le PS ».
Pierre Laurent gagnera le congrès car sa politique donne du grain à moudre à tout le monde sans offrir une stratégie alternative qu’aucun courant ne réclame. Les problèmes internes au Front de gauche ne nous concernent pas mais, en revanche, nous devons être partie prenante, voire organisateurs de tous les débats programmatiques et stratégiques esquivés à ce congrès et, au-delà de nos divergences, aider à construire partout des front unitaires d’action contre la droite, notre ennemi commun.
Alain Krivine

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Mercredi 16 juin 2010 3 16 /06 /2010 17:16
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Mise à mort de la retraite à 60 ans avec passage de l’âge légal à 62 ou 63 ans, allongement de la durée de cotisation, augmentation des cotisations des fonctionnaires, ce qui équivaut à une baisse de salaire, traitement individualisé de la pénibilité : le gouvernement a décidé de taper fort et sur tous les paramètres.
Alors pour la gauche, pour toute la gauche, syndicale ou politique, pour l’ensemble du mouvement social, ce n’est pas le moment de tergiverser. C’est le moment de jeter toutes nos forces dans la bataille, d’y aller toutes et tous ensemble, parce que c’est maintenant et sur ce terrain des retraites que se joue le rapport de forces entre une poignée
de capitalistes et un gouvernement tout à son service d’un côté et l’immense majorité de la population qui refuse de travailler plus longtemps de l’autre.
Sans hésiter, il faut réussir la journée de grève et de manifestations du 24 juin. Le gouvernement doit recevoir immédiatement la réponse à son projet de loi. Elle doit être massive et catégorique. Sa réforme des retraites, c’est NON. Nous en exigeons le retrait pur et simple.
Les suites dépendent du succès du 24. Mais ce succès dépend aussi des suites. La motivation pour réussir le 24 sera d’autant plus forte que cette journée apparaîtra comme une première riposte inscrite dans un plan de mobilisation. Le prochain rendez-vous ne peut pas attendre mi ou fin septembre. Pour ne pas laisser retomber la pression nous avons besoin dès maintenant d’une stratégie pour construire une grève générale, un mouvement prolongé de blocage de l’économie. Cela ne se fait pas en un jour. Mais dans les entreprises, dans les syndicats, dans les collectifs unitaires, des équipes militantes se mobilisent et peuvent pendant tout l’été, être présentes partout, prendre des initiatives, comme les « lundis au soleil » prévus à Paris, pour maintenir et faire grandir
un climat de mobilisation générale afin d’être prêts pour le débat parlementaire qui débutera le 7 septembre.

Christine Poupin

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Mercredi 16 juin 2010 3 16 /06 /2010 14:53

Par LEXPRESS.fr

 
 
Olivier Besancenot, leader du NPA, pendant une manifestation en octobre 2010.

REUTERS/Charles Platiau

Olivier Besancenot, leader du NPA, pendant une manifestation en octobre 2010.

 

Le leader du NPA a rencontré mardi 15 juin les membres de plusieurs partis anticapitalistes européens pour "témoigner des résistances" aux plans d'austérité. Objectif: construire une "gauche anticapitaliste européenne".

"On veut avancer dans la construction d'une gauche anticapitaliste européenne". Le mot d'ordre est lancé. Comme l'a expliqué Olivier Besancenot à la presse mardi 15 juin, avant un meeting anticapitaliste européen à La Mutualité, à Paris, réunissant six autres responsables européens.

Une nouvelle conférence de ces partis pourrait ainsi se tenir en septembre ou octobre, a ajouté le leader du Nouveau Parti anticapitaliste, espérant alors réussir à rendre "plus visible" la future formation avec notamment des "campagnes communes sur les salaires, les services publics, la répartition des richesses", voire un logo ou un porte-parole communs.

Le meeting de mardi était destiné à "témoigner des résistances et mobilisations par rapport aux différents plans d'austérité" et à montrer qu'une "gauche de résistance anticapitaliste fait des propositions" partout en Europe, a expliqué Anne Leclerc (NPA).

Avant le meeting, Tassos Anastasios de la coalition grecque Antarsya, a fustigé le gouvernement Papandreou qui avait "promis des augmentations de salaires supérieurs à l'inflation" pendant sa campagne et aujourd'hui "bloque et baisse les salaires".

Miguel Crespo (Izquierda anticapitalista) a ironisé sur le gouvernement espagnol (PSOE) "qui continue de s'appeler socialiste et ouvrier alors qu'il propose des réformes drastiques".

Grève générale dans toute l'Europe

"Nous n'avons pas à payer pour cette crise", "il faut pointer les vrais coupables", non "des boucs émissaires" comme les travailleurs immigrés, a fait valoir Chris Bambery (SWP anglais). Et "ne pas permettre aux requins de la finance de s'attaquer aux classes ouvrières", a renchéri Joe Higgins (eurodéputé irlandais) qui appelle à une semaine de mobilisation du 21 au 26 juin.

Pour Andrej Hunko (député Die Linke en Allemagne), il s'agit d'"organiser les résistances et reconstruire la gauche".

Tous disent espérer une "grève générale" fin septembre dans toute l'Europe. Mais "ça ne se décrète pas", c'est une proposition qu'on amène dans les forums, les réunions, ce serait une vraie nouveauté", selon Olivier Besancenot.

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Jeudi 10 juin 2010 4 10 /06 /2010 11:00

Le conseil municipal du 17 mai a mis un éclairage cru sur la politique réelle du PCF quand il gère une ville. Deux points importants à l’ordre du jour : l’ouverture des magasins le dimanche et des vœux présentés par Gennevilliers pour Tous, groupe local unitaire qui a obtenu deux élus avec près de 10 % des voix et où milite le NPA (1 élue). Ces vœux portaient sur la solidarité avec les habitants expulsés par la préfecture d’un immeuble appartenant à GDF.
Premier dossier : ouvrir tous les dimanches une zone commerciale (Fnac, Décathlon, C&A, etc.). Dossier défendu par Roland Muzeau, député et 1er adjoint, porte-parole du PCF pendant le débat à l’Assemblée nationale de la loi sur le travail du dimanche qu’il a su critiquer, dénonçant civilisation du caddy, chantage à l’emploi, impossible liberté de choix des salariés, « un coup de canif de plus dans notre droit du travail et un coup de couteau de plus dans le dos des salariés, véritable recul de société ».
Mais dans sa ville, ses arguments se renversent. Il faudrait craindre la perte de 129 emplois, les comités d’entreprise et les salariés seraient d’accord et – argument massue – c’est ouvert chez les voisins, Gennevilliers est obligé de le faire… Pour être classé en Puce (périmètre de consommation exceptionnelle), il faut une habitude antérieure d’ouverture, donc une prime à l’illégalité : ça tombe bien, la municipalité avait donné, il y a deux ans, son accord à l’ouverture tous les dimanches dans cette zone… Cette différence entre les discours généraux et la pratique sur le terrain s’explique par la volonté de la municipalité d’attirer les entreprises dans la commune, en faisant des cadeaux aux patrons, comme l’autorisation pour le travail du dimanche.
Ici, le PCF, majoritaire, n’a pas même l’excuse de la pression de ses alliés PS et Verts.
Seuls les deux élus Gennevilliers pour Tous et deux PS ont voté contre. Les groupes membres de la majorité ne se risquent jamais à exprimer un avis différent.
Et pourtant quelques-uns ont aussi osé soutenir nos vœux demandant un soutien à la lutte des expulsés de l’immeuble GDF, en particulier la demande d’un local provisoire pour s’abriter décemment tant qu’ils n’auront pas obtenu un relogement.
Sur cette lutte, voir Tout est à nous ! n°54 et la vidéo sur le site NPA.
La municipalité a toujours refusé d’apporter un soutien à ces expulsés pour leur relogement, consentant seulement à intervenir lors de l’arrestation de sans-papiers. Elle a même organisé une contre-manif à un rassemblement de soutien aux expulsés dénonçant « une manœuvre politicienne du NPA ».
Sa justification : « C’est à la préfecture de s’occuper du problème, on a déjà assez à faire avec les Gennevillois mal logés. »
Apparemment des familles qui habitent depuis six ans dans la ville, même dans un squat, ne sont pas des Gennevillois.
Leur tort peut-être, n’avoir pas le droit de vote.
Au nom donc de leur conception privative de la citoyenneté, ils mettent des frontières à la solidarité avec les exploités.
Ces abandons entraînent dans une partie du « peuple de gauche » résignation devant les attaques gouvernementales, cynisme : « les politiques tous pareils », et racisme de basse intensité : « on ne peut pas accueillir toute la misère » ou « on en loge déjà bien assez comme ça ».
Pour ressouder sa majorité et les militants, le maire a eu recours aux bonnes vieilles méthodes staliniennes face aux deux élus de l’opposition de gauche : insultes et interruptions de parole. Ces méthodes sont toujours de mise, même pour un « communiste unitaire », quand il y a opposition à gauche.
Cette modeste expérience doit faire réfléchir sur la réalité de ce parti loin des discours de congrès ou de fêtes de l’Huma.
Isabelle Guichard

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Mardi 8 juin 2010 2 08 /06 /2010 15:27

MARSEILLE — La gauche a tenu lundi soir à Marseille son deuxième "meeting unitaire", en présence notamment d'Olivier Besancenot (NPA) et de Marie-George Buffet (PG), pour défendre la retraite à soixante ans coûte que coûte quitte à "bloquer le pays".

Une quinzaine de personnes, issues de partis politiques (PCF, Verts, NPA, PG), d'organisations syndicales (CGT, CFDT, FSU, Solidaires, Unsa, Unef) et d'associations citoyennes, se sont succédé à la tribune devant une salle comble rassemblant plusieurs centaines de militants (1.200, selon les organisateurs).

Déjà le 6 mai, les grands leaders de la gauche s'étaient réunis à Paris à l'initiative de la Fondation Copernic et de l'association Attac qui ont lancé début avril un appel actuellement signé par plus de 100.000 citoyens, selon le président de Copernic, Willy Pelletier.

"En faisant ces tribunes communes, on envoie deux messages", a lancé M. Besancenot. "Pour la gauche: maintenant les conneries, ça suffit, on y va ensemble pour défendre ce droit précieux de la retraite à 60 ans à taux plein. Et contre la droite: quand la gauche, toute la gauche, sociale et politique, parle d'une seule et même voix sans trembler, en parlant clairement, évidemment à droite on parle différemment".

"C'est un mouvement d'ensemble dont on a besoin. Ensemble on peut faire des miracles, comme au moment du Contrat première embauche (CPE)", a martelé le porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste, en annonçant d'autres meetings à Lyon et Rouen.

La secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet, a aussi appelé à "se mobiliser contre cette réforme idéologique", tout en tendant la main aux socialistes, représentés par l'ancienne ministre Marie-Noëlle Lienemann, qui anime le club Gauche Avenir au sein du PS.

Après la journée d'action prévue le 24 juin, "il faudra continuer le combat à la rentrée", a-t-elle prévenu, à l'unisson de plusieurs intervenants qui ont menacé d'"un mouvement de grève générale".

"Nous avons le devoir d'être en colère, nous allons imposer à Sarkozy d'être entendus, et s'il faut pour bloquer la réforme, bloquer le pays, nous le bloquerons et nous irons jusqu'au bout", a assuré M. Pelletier.

 

Retraites : meeting unitaire à Marseille (7 juin)

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Vendredi 4 juin 2010 5 04 /06 /2010 07:34
Stéphane Alliès - Médiapart

 

Pas la grande forme, mais pas la déprime non plus. Dans le TGV le menant à Marseille ce dimanche 5 juin, Olivier Besancenot ne se berce pas d'illusions sur l'état actuel de l'anticapitalisme. Le porte-parole reconnaît la mauvaise passe du NPA, qui correspond selon lui «au terrible reflux du mouvement social».

Selon le candidat aux deux dernières présidentielles, mais pas forcément à la prochaine, «il faut admettre que la direction a manqué d'intuition, même si je pense que nos orientations étaient les bonnes. Certains anciens se sont peut-être trop éloignés. Et la diversité des engagements rend certaines questions compliquées. Tout ça prend du temps. Il faut maintenant tout mettre sur la table avant le prochain congrès, en continuant à participer aux luttes qui reviennent, des retraites aux sans-papiers en passant par la Palestine».

Au menu du futur congrès de novembre, dont les débats animent déjà les comités locaux: l'élaboration d'un nouveau texte d'orientation économique, une position à trancher sur la question religieuse (après «l'affaire du voile» de la candidate Ilham Moussaïd), un débat sur la stratégie électorale et l'élection de nouveaux porte-parole pour venir épauler Besancenot. Une vieille requête du leader anticapitaliste, «même s'il faudra accepter d'être moins présent médiatiquement»

Désormais, il a envie de prendre un peu de champ, de participer activement au développement de la Société Louise-Michel, le cercle de réflexion créé par Daniel Bensaïd, le «philosophe-mentor» récemment disparu, qu'il ne cesse de citer. Besancenot est convaincu que la structuration du NPA se consolidera par «la formation et la définition commune d'une doctrine collective». En guise d'exemple, il évoque les réunions à venir autour du 140e anniversaire de la Commune de Paris, qui peuvent «permettre de donner un peu de chair à notre vision de l'exercice du pouvoir».

Le porte-parole évoque aussi son investissement dans la structuration du réseau anticapitaliste européen, qui devrait franchir une étape à l'automne prochain. Enfin, il espère la réussite de l'implantation du NPA dans les banlieues, l'une des cibles de la stratégie refondatrice d'ouverture de la LCR (lire notre enquête alors). 

Ce dimanche après-midi à Marseille, sur la terrasse d'un bar de Saint-Joseph, un quartier résidentiel au milieu des tours des quartiers nord, Besancenot est venu écouter des militants et des représentants d'association. Pour faire le point sur les difficultés à mobiliser dans les cités françaises.

Le modèle LKP

Devant le bar Le Rustic, tout juste les embrassades terminées que le concours de vannes à caractère footballistique est lancé.  Besancenot assume et ne s'en laisse pas compter: «Je vous l'ai déjà faite la blague sur le nuage de cendres? En fait, c'était pas un volcan islandais mais la poussière provoquée par les supporters de l'OM, qui ont ressorti leurs écharpes pour fêter leur premier titre depuis dix-huit ans…»

 

A Marseille, Olivier est appelé «Olive». Comme pour se réapproprier le postier parisien, dont la renommée en banlieue est le premier des points d'entrée du NPA. «Ici, on est plus choqué d'avoir un porte-parole pro-PSG que d'avoir une candidate voilée», se marre un militant. Mais hormis des voix à l'élection présidentielle, et encore, cette popularité n'est rien sans le terrain quotidien, si elle veut déboucher sur un élargissement conséquent de l'audience anticapitaliste.

 

 

 

Ici, les militants locaux ont développé une sorte de laboratoire des luttes dans les quartiers populaires, créé il y a près d'un an sur le modèle du LKP guadeloupéen. Le CRAP, pour Collectif de réflexion et d'action populaire, se porte plutôt bien. L'une de ses têtes de file, Nicolas Johsua, résume la démarche: «L'idée est de réunir un maximum d'associations de quartiers, de partis militant dans ces quartiers, de syndicalistes et de personnalités habitant dans les quartiers, afin de construire un rapport de force face aux politiques clientélistes du PS et de l'UMP, tout en faisant de l'éducation populaire et en ramenant la politique au bas des tours.»

Organisation de manifestations de défense de la cause palestinienne, création de collectifs sur le logement afin d'établir des contre-projets aux plans de rénovation urbaine de l'Anru, mobilisation contre les expulsions de sans-papiers ou contre les bavures policières. «On essaie d'offrir un cadre où on peut mettre les gens de la cité en contact, on propose un soutien logistique et théorique aux envies d'actions collectives», raconte «Nico».

A ses côtés, Fadila El-Miri, qui fut tête de liste départementale aux dernières régionales, se réjouit elle de l'audience croissante de l'initiative. «Au début, on était six, avec les représentants de l'association “Quartiers Nord, Quartiers forts”. Puis on était 20 à la deuxième réunion, puis une centaine, et on est monté jusqu'à 300. Des partis comme les Verts, la Fédération, ou certains du PCF ont rejoint le CRAP. Au total aujourd'hui, il y a une trentaine d'organisations», explique celle qui est entrée au NPA peu après sa fondation, venue du Maroc à Gardanne (Bouches-du-Rhône) à l'adolescence.

Même si elle n'habite pas elle-même dans les quartiers nord, cette directrice de centre social à Aix-en-Provence a choisi d'occuper le terrain. Car «le problème des simples réunions, c'est que ça en bloque certains. Moi, il y a trois ans, il était hors de question que je prenne la parole. Il faut aussi aller jouer aux cartes ou au foot avec les habitants, pour prendre la température des problèmes du quotidien, et essayer de participer à les résoudre».

«Une intersyndicale associative des quartiers»

Ce dimanche, ils sont plus de soixante-dix à avoir répondu présent, malgré le beau temps et les promesses déçues. Adil Fajry, trentenaire ayant rejoint le NPA à sa création, a «la rage de voir que les jeunes du quartier qui m'avaient promis de venir ne sont pas là, et sont évidemment sur répondeur. Et après, les gars passent toute l'année à me défoncer parce que je serais un politicien comme les autres!». Selon ce responsable d'associations sportives, le plus dur est de faire comprendre que les mentalités peuvent changer. «Tout le monde s'est habitué à se contenter de la politique du coca et des chips avant chaque élection.» Pour lui, «les clientélistes ne changeront de politique à l'égard des quartiers que si on leur enlève des voix. A Istres, on nous a doublé la subvention aux clubs de foot, après nos bons scores aux régionales». 

Ici, le clientélisme et le «système Guérini» (du nom de Jean-Noël Guérini, le président PS du conseil général) ne semblent pas être une légende qu'on prendrait à la légère. La salle de boxe un premier temps réservée a finalement été refusée au NPA par le conseil général propriétaire. «Les locaux associatifs nous sont interdits, parce qu'il ne faut pas parler de politique dans les cités! Il faut s'interroger sur la possibilité de faire des réunions dans des snacks», propose Zohra, la quarantaine, travailleuse sociale à Marseille.

Plusieurs personnes (on en a compté six), employées par le département dans des structures d'animation de quartiers ou d'aide sociale, nous ont demandé de ne pas mentionner leur prénom dans ce reportage, par crainte de représailles. A entendre ses fondateurs, le Crap est aussi né avec l'ambition d'être «un bouclier collectif aux chantages à la subvention qui pourraient frapper l'une des associations membres»: «Il faut voir comment c'est ici, explique l'une de ses anonymes, on accorde des subventions pour “tenir” les bureaux de vote, au sens propre comme au figuré.» «Si jamais l'une des assos se faisaient couper les vivres, c'est tout le Crap qui gueulerait. Comme une intersyndicale associative des quartiers, il faut rééquilibrer le rapport de forces», renchérit Mohammed Ben Saada, l'un des organisateurs de l'après-midi.

 

 

 

 

 

Des deux heures de témoignages, on retiendra la difficulté à intéresser les gens, à «repolitiser des endroits où la méfiance (est due au) passif de la gauche en matière de politique de la ville».

Une éducatrice de quartier, d'origine algérienne, préférant ne pas être citée, estime nécessaire d'«en passer par la mémoire pour intéresser les jeunes. Il faut faire de l'éducation populaire, en racontant les luttes des travailleurs immigrés, dans les mines du Nord ou à Renault-Billancourt». Sa voisine évoque dans la foulée «la question de la guerre d'Algérie, qui a un sens encore plus fort ici face à la communauté pied-noir proche du FN.» Déjà, la formation est l'une des activités les plus mobilisatrices dans les quartiers, aux dires des participants. De conférences sur le capitalisme dans les quartiers populaires aux formations sur Malcom X ou les événements de Sétif, en passant par des débats sur le sionisme, les initiatives pullulent dans les comités NPA de Marseille et ses alentours.

Mohammed, commerçant quinquagénaire, lance d'une voix éraillée: «Aujourd'hui, j'ai l'impression de revivre l'époque où mon père me disait: “Ne fais pas de bruit, ne va pas manifester, ne te fais pas remarquer”.» Selon lui, «il faut aller chercher les jeunes qui restent enfermés chez eux à écouter les médias qui relaient les propos de Sarko TF1. Il faut investir Facebook, pour leur proposer une alternative!»

Ici, la question religieuse semble revêtir moins d'enjeu qu'au niveau national. Seule Djamila, jean-chemise et turban sur la tête, évoque le sujet. «Je voudrais poser une question sur la laïcité au NPA, interroge cette militante du collectif Palestine de la cité phocéenne. On ne sent pas trop de clarté dans votre position. On n'a pas eu de réponse quand on vous a proposé d'organiser une conférence avec Tarik Ramadan, et on n'a pas senti beaucoup de soutien, quand Ilham Moussaïd s'est fait dézinguer par tout le monde… Est-ce qu'on doit laisser notre foulard ou se raser la barbe si on veut adhérer au NPA?»

Au-delà de sa pirouette au micro («T'inquiète pas, ta carte est prête, t'as plus qu'à la signer!»), Nicolas Johsua pense possible de sortir de ce vif débat interne qui divise profondément le NPA, et notamment ses composantes athées et féministes. «Il faut prendre le temps de pouvoir faire émerger des légitimités collectives, explique-t-il. Si les comités “quartiers populaires” prennent de l'ampleur dans les quartiers, la question de la représentation du parti par des femmes voilées aux élections posera moins de problème.»

«Engagez-vous! Prenez le pouvoir!»

Olivier Besancenot ne se contentera que d'une prise de parole, s'inscrivant aux deux tiers de la liste des interventions. Le porte-parole du NPA ne botte pas en touche sur la question du voile («On n'a pas su anticiper, il y a eu des débats, des crispations. Il faut prendre le temps d'en discuter et de trouver un consensus, même si moi je fais partie de ceux qui assument totalement»), mais préfère consacrer son intervention à l'importance de l'implantation du NPA en banlieue.

«On progresse. Il y a deux ans, on faisait encore des débats sur les quartiers populaires avec un sociologue, un enseignant de ZUP, trois éducateurs et quatre habitants!, explique-t-il micro en main. Désormais, on est en train de faire en sorte que les gens des quartiers populaires commencent à se sentir bien chez nous.» Avant de s'enflammer: «Franchement, quand je vois le nombre de militants en or qu'on rencontre depuis, je me dis que si on les réunissait, il y en a qui auraient peur dans la gauche traditionnelle. Mais maintenant, il faut arriver à fédérer tous ces engagements, dans un grand mouvement de masse. Le rôle du NPA, ce n'est rien d'autre que de donner des débouchés politiques à l'expression des quartiers populaires, comme à celle des salariés des entreprises!»

 

Au final, Amir ne dit pas autre chose. Concluant la séance, ce chef de file de la communauté comorienne considère qu'«il faut changer de grands-frères»: «Les quartiers ne manquent pas de leader! Mais c'est difficile, parce que les jeunes qui tiennent les murs n'ont pas envie de le quitter. Il faut que ceux qui luttent donnent aux autres l'envie de lutter.»

 

Pour Fadela El-Miri, le travail lancé il y a un an commence à payer. «Désormais on est accepté et identifié quand on arrive avec nos tracts ou qu'on commence à venir tchatcher.» Les tensions avec le Forum social des quartiers populaires (lire notre reportage en septembre 2009) sont oubliées, et elle sera même leur invitée lors de la prochaine édition. Quant aux résultats électoraux, ils sont plutôt encourageants, dans la morosité actuelle.

Lire ainsi l'extrait d'une note-bilan sur les dernières régionales dans les quartiers populaires de Marseille:

 

 

Au moment de terminer la réunion, Mohammed Ben Saada lance un dernier appel à l'intention de la trentaine de «non-encartés» présents: «Les mentalités que vous dénoncez dans les partis, il n'y a qu'une façon vraiment efficace de les faire changer: Engagez-vous! Prenez le pouvoir!» Quelques instants après, entre un jus d'orange et une portion de quatre-quarts maison, il s'approchera de Besancenot, une vieille femme voilée à ses côtés. «Elle n'ose pas te le demander, mais est-ce que tu pourrais lui signer un autographe?» Pris dans ses contradictions mais le sourire aux lèvres, le porte-parole du NPA s'exécute. Sans qu'il l'ait confirmé par la suite, on a cru ressentir chez lui l'envie que des «militants en or» et autres «leaders des quartiers» prennent sa place.

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Mardi 1 juin 2010 2 01 /06 /2010 07:32

Meeting européen à Paris : Partout en Europe, aux capitalistes de payer leurs dettes !

Avec Joe Higgins, député européen irlandais, André Hunko député de Die Linke au Bundestag, des représentant de la gauche anticapitaliste de l’Etat espagnol, de la coalition Antarsya de Grèce, Marisa Matias députée européenne du Bloc de gauche portugais, Chris Bambery du SWP anglais, Olivier Besancenot du NPA...

A 20h, salle de la Mutualité, M° Maubert Mutualité - Paris.

http://www.npa2009.org/content/meeting-europeen-paris-partout-en-europe-aux-capitalistes-de-payer-leurs-dettes

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Samedi 29 mai 2010 6 29 /05 /2010 16:15

 

 

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Jeudi 27 mai 2010 4 27 /05 /2010 20:08

 

Besancenot : "Une journée de mobilisation ne suffira pas"
LEMONDE.FR | 27.05.10 | 19h06

Pour Olivier Besancenot, présent dans la manifestation parisienne aux côtés des militants du Nouveau Parti anticapitaliste, la bataille de la gauche et des syndicats contre les projets du gouvernement ne fait que commencer.

 

Cette journée de mobilisation contre la réforme des retraites arrive-t-elle trop tard ?

C'est le début d'un bras de fer avec le gouvernement, une nouvelle étape dans la mobilisation. Il faudra se retrouver tous ensemble, dans la rue avec les syndicats, et par ailleurs dans un large front politique et social. C'est ce qu'ont commencé à faire la Fondation Copernic et Attac. Je serai moi-même présent à Marseille à un meeting de soutien.

Pensez-vous que les syndicats peuvent faire reculer le gouvernement  ?

Il est clair qu'une journée de mobilisation ne suffira pas. Il faut trouver les chemins des convergences et des luttes. C'est ce qu'on avait réussi à faire pendant le CPE (contrat première embauche : type de contrat de travail à durée indéterminée à destination des moins de 26 ans, qu'avait voulu mettre en place le gouvernement Villepin en 2006). Maintenant, il faut un déclic pour que la mobilisation prenne de l'ampleur. La vraie-fausse annonce du gouvernement sur la fin de la retraite à 60 ans a remobilisé les gens. Aujourd'hui, il y a deux possibilités : soit Sarkozy passe en force et, comme l'a fait Maragert Thatcher en Grande-Bretagne, casse le mouvement social pendant des années ; soit il se prend un retour de bomerang grâce à une large mobilisation populaire. La partie reste ouverte.

Que pensez-vous du contre-projet de réforme formulé par le Parti socialiste ?

Le Parti socialiste a enfin tranché, il est pour la défense de la retraite à 60 ans. Tant mieux. Nous ne sommes pas d'accord sur les solutions à apporter : nous sommes pour revenir aux 37,5 années de cotisation. Mais il n'y a pas de raison de ne pas être ensemble dans la bataille contre le projet du gouvernement. Il faut le front le plus large possible et, pour cela, le PS doit participer aux mobilisations unitaires. Ils ont participé à un meeting avant de rendre public leur projet, ils doivent aller plus loin.


Propos recueillis par Nabil Wakim
Par NPA 79 Nord - Publié dans : Politique - Communauté : les anti-capitalistes
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Mardi 25 mai 2010 2 25 /05 /2010 07:28

  Image A l'Université d'été du NPA !

Pour voir des images video de la précédente: cliquer sur le liens ci dessous

A l'Université d'été du NPA !

 
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L'été ne s'est pas encore installé qu'il faut déjà penser à préparer la rentrée politique. Rien de tel qu'un petit rendez-vous au bord de la mer méditerranée à Port Leucate pour recharger les batteries et débattre à tout rompre.

Cette année, le thème central de l'Université d'été s'intitule «pour un socialisme du XXIème siècle». Quatorze séances préparées par les commissions nationales du NPA, et structurées autour de trois pôles. Part-on de rien ? Le bilan des expériences du XXème siècle, mais aussi la longue histoire des projets dit utopiques constituent le point de départ de notre réfléxion. En se penchant ensuite sur les expériences avancées de luttes contemporaines contre le capitalisme, nous discuterons de la mise en oeuvre de politiques visant à le dépasser : Amérique latine, luttes émancipatrices pour l'égalité des droits, modéles alternatifs au marché... Enfin, en guise de conclusion (convenons-en temporaire), les questions clés pour un projet d'émancipation seront à l'ordre du jour : quel socialisme démocratique ? Pourquoi réorganiser l'économie autour d'une planification écosocialiste ? Quels peuvent être la place et le rôle du travail sous le socialisme ? Et comment y arriver : luttes, grèves générales, élections, comment prendre le pouvoir sans être pris par lui ? Sans nul doute, ce cycle de réflexion et d'élaboration sera un moment important pour affiner le projet du NPA à quelques mois de son premier véritable congrès.

L'université d'été est aussi un temps pour la discussion, le débat et l'échange avec d'autres personnalités, d'autres courants politiques. Outre les nombreux invités – historiens, philosophes, sociologues, etc. - de la Société Louise Michel, le NPA a notamment le plaisir d'accueillir cette année Gérard Mordillat, écrivain et cinéaste, et Paul Ariès, politologue «multi-cartes». Avec le premier, nous aborderons la question du monde du travail et de la classe ouvrière dans la littérature et nous découvrirons avec lui les premières images de l'adaptation de son roman «Les vivants et les morts». Avec le second, une des figures de la décroissance et animateur du journal «le Sarkophage», nous ne manquerons pas de débattre de la façon dont on peut aujourd'hui reconstruire une perspective radicalement à gauche, qui ne cède rien au productivisme.

Et sans terminer par un inventaire à la Prévert, si on vous dit quand même qu'à Port Leucate entre le 25 et 28 août, on parlera entre autre de Galilée, de lutte contre l'identité nationale, de la presse révolutionnaire, des 40 ans du mouvement des femmes, de plein de coins de notre petite planète et même des sorcières, tout cela avec en plus le soleil, la mer sur fond de salsa

 

Par NPA 79 Nord - Publié dans : Politique - Communauté : les anti-capitalistes
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Vendredi 21 mai 2010 5 21 /05 /2010 09:17
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L’apocalypse en 2050
Le 12 mai, le conseil d’orientation des retraites (COR) a publié un nouveau document présentant différentes hypothèses : Scénario 1 : l’âge de la retraite passe de 60 à 63 ans et la durée de cotisation à 40, 5 ans. Dans ce cas le déficit en 2050 serait de 46, 4 milliards d’euros.
Scénario 2 : L’âge de la retraite est fixé à 60 ans, mais la durée de cotisation passe de 40, 5 ans à 45 ans. En 2050 le déficit serait de 44, 2 milliards d’euros. Scénario 3 : l’âge de la retraite passe de 60 à 63 ans et la durée de cotisation de 40, 5 à 45 ans.
Le déficit serait alors de 30, 3 milliards d’euros.
Ces chiffres à donner le vertige n’avaient qu’un seul objet : conditionner l’opinion publique et la préparer aux annonces du gouvernement.
Elles sont intervenues le 16 mai et sont l’ébauche de vigoureuses attaques : allongement de la durée de cotisations dans le public et le privé, recul de l’âge de départ à la retraite. Les scénarios du COR ne sont pas écartés. Le prélèvement sur les hauts revenus et ceux du capital semblent n’avoir pour objet que d’essayer de mieux faire passer la pilule. Ils seraient exceptionnels selon le Monde mais introduisent la fiscalisation au détriment du paiement par la cotisation sociale, et permettraient ainsi aux entreprises de se dégager dans l’avenir du financement du régime de retraite.
Le gouvernement envisage aussi « une réforme systémique ». Les premières mesures pour instaurer, à terme, un régime par points ou à compte notionnel pourraient apparaître. Ces systèmes marqueraient une rupture avec les principes fondamentaux de la Sécu. Les prestations répondent encore moins aux besoins et évoluent chaque année selon la situation économique des caisses, et de l’espérance de vie en ce qui concerne le régime par compte notionnel.
Les partis de gauche institutionnels, les directions des confédérations syndicales affirment aussi qu’il y a péril, prétendent apporter des solutions et proposent de « nouvelles sources de financement ». Le NPA récuse les visions catastrophiques, apporte ses propres réponses et engage toutes ses forces pour une mobilisation unitaire.

LEUR CAMPAGNE...

Péril démographique  !
Les prévisions pour 2050 sont tout aussi fiables que celles de Nostradamus !
Le COR1 établit ses prévisions depuis 1997 sur la base d’un taux de fécondité de 1, 9 enfant par femme en âge de procréer alors qu’en France actuellement nous approchons de 2, 1 enfants par femme.
Il s’inquiétait du vieillissement de la population en raison du papy-boom d’après-guerre, mais avait oublié que le papy-boom cessera vers 2035 et que le nombre d’entrées en retraite chutera à ce moment.
Il annonçait un solde migratoire de 50 000 personnes par an, il est de 100 000.
Il prévoyait une augmentation de l’espérance de vie, malheureusement elle a diminué.
Prétendre connaître la situation économique durant les 40 prochaines années relève de la plus grossière escroquerie politique. Les mêmes commentateurs annonçaient il y a quelques semaines la sortie de la crise !
1. Voir Tout est à nous ! du 22 avril, À b(r)as le COR.

Déficit abyssal  !
Le ministre du Travail Éric Woerth a annoncé, le 11 mai, un besoin de financement des retraites s’élevant à 2 600 milliards d’ici 2050. Peu après le président du COR a surenchéri : d’ici 2050, il serait de 3 400 à plus de 5 300 milliards d’euros, soit entre 77, 3 % et 118, 2 % du PIB ! Plus c’est gros, plus ça marche ? C’est le cas pour la plupart des médias qui répercutent ces chiffres sans sourciller.
Le déficit est une construction politique : le gouvernement annonce un déficit de 30 milliards d’euros de la Sécurité sociale (maladie, retraites, famille, accidents du travail) en 2010, dont 11 milliards pour la caisse vieillesse.
L’attention est focalisée sur les « dépenses excessives » de la Sécu. Mais en réalité, les dépenses n’explosent pas. En revanche, les recettes diminuent. La hausse du chômage se traduit par toujours moins de cotisations (100 000 chômeurs en plus c’est une perte de 1, 3 milliard). Et la Sécu est pillée : le montant des exonérations de cotisations sera supérieur à 30 milliards en 2010 !
Le budget de l’État, donc les impôts supportés essentiellement par les salariés, est censé compenser à 85 % ces exonérations de cotisations appliquées sur la part patronale. De plus l’État a des dettes1 (3, 6 milliards) plus importantes que celles des employeurs (2, 15 milliards) et paie en retard (800 millions d’intérêts des emprunts à la charge de la Sécu). Les salariés (régime général) financent d’autres régimes (7, 8 milliards pour les commerçants, artisans et exploitants agricoles).

1. Rapports de la commission des comptes de la Sécurité sociale (juin 2009).

Travailler plus longtemps
L’âge légal de départ à la retraite est de 60 ans, mais les retraites sont liquidées en moyenne à 61, 5 ans et très souvent à 65 ans pour les femmes qui ont cotisé un nombre de trimestres encore plus insuffisant.
Mais l’âge moyen de cessation d’activité professionnelle est inférieur : moins de la moitié des salariés entre 55 et 59 ans occupent un emploi.
À 60 ans, ils ne sont plus que 40 %. Les autres sont au chômage, en invalidité, en préretraite. Les salariés qui le pourront ne travailleront pas plus longtemps, en revanche, le niveau des pensions sera bien plus faible !
Quant au développement des « emplois vieux », cela ne ferait qu’accroître le chômage de ceux qui sont en âge de travailler !

Dette laissée à nos enfants  !
Dans un régime par répartition, les cotisations d’aujourd’hui financent les retraites d’aujourd’hui. Il n’y a donc pas de « poids pour les générations futures ». Les pensions sont financées comme les salaires directs, par les employeurs. Durant la vie professionnelle, le salarié est sous la subordination d’un patron qui lui attribue directement une partie de la paie et verse dans un pot commun l’autre partie du salaire, sous forme de cotisations immédiatement transformées en prestations, c’est le salaire socialisé.1 Il n’y a pas d’accumulation financière ni de dettes. Pendant la retraite on continue d’être payé, mais sans la contrainte patronale. C’est insupportable pour la bourgeoisie !
1. Voir Tout est à nous ! La revue n°10 et le site www.npa2009.org - rubrique Nos arguments / retraites : le salaire socialisé.

L’enjeu
La réforme actuelle a pour but d’exonérer le plus possible les patrons du financement des retraites, en basculant vers un autre mode de financement.
Les retraites sont financées à 80 % par les cotisations sociales. Pour la branche maladie, les impôts (CSG, taxes diverses) représentent 45 % des recettes. La part des remboursements par la Sécurité sociale se réduit, ouvrant la voie à un remboursement croissant par les assurances complémentaires (mutuelles, assurances privées) pour les salariés qui le peuvent. Ce schéma devrait s’appliquer à la retraite : les mesures envisagées conduiraient à la réduction du niveau des pensions afin de contraindre les salariés qui le peuvent à les compléter par l’épargne individuelle, la capitalisation.

...ET LA NÔTRE


Nous avons déjà trop payé !
Allongement de la durée de cotisation pour bénéficier d’une retraite à taux plein de 37, 5 années à 40 années, base du calcul de la pension calculé sur les 25 meilleures années et non plus sur les
10 meilleures, revalorisation de la pension à partir de l’évolution des prix et non plus des salaires : les mesures inspirées du Livre blanc de Michel Rocard en 1991 et mises en œuvre par Édouard Balladur en 1993 et François Fillon en 2003, ainsi que les accords paritaires les prolongeant pour les régimes complémentaires (Arrco et Agirc), n’ont pas encore porté tous leurs effets néfastes mais ont déjà eu pour conséquence une perte du pouvoir d’achat des retraités de 20 à 25 %.
Actuellement le montant moyen des retraites globales est de 1 122 euros, et les femmes sont encore plus défavorisées1 : une retraitée sur deux perçoit moins de 900 euros, une sur trois moins de 700.
1. www.npa2009.org, Nos arguments/retraites : femmes et retraites.

Partage des richesses
Le nombre de retraités augmentera dans les prochaines décennies. Il faudra donc consacrer plus de ressources pour le financement. Mais cela n’a rien d’insurmontable.
Les 50 dernières années, la part des pensions dans le produit intérieur brut (PIB)1 a augmenté de 5 % à 12 %. Selon des projections du COR, il faudrait passer les 50 prochaines années de 12 % à 20 % du PIB. Celui-ci se montait à 1 950 milliards d’euros en 2000. Il s’est élevé à 1 970 milliards d’euros en 2009. Le COR lui-même envisage son doublement d’ici 2040 (2 900 milliards).
Mais à qui doit profiter l’augmentation des richesses : au profit ou au salaire ?
Le problème fondamental est bien le partage des richesses. La part des salaires dans le PIB a diminué de 10 % depuis 1980. Les profits non investis ont progressé de 8 %. Reconquérir le niveau de partage de 1980 permettrait sans difficulté de répondre aux besoins de financements tout en abrogeant les lois Balladur et Fillon.
1. Le PIB mesure le niveau des richesses produites dans un pays.

Plus de salaire !
Que l’on soit en formation, au travail, en maladie, au chômage ou à la retraite nous avons tous droit à un salaire prélevé sur la richesse produite. Le problème de la Sécurité sociale, notamment des retraites, c’est la redistribution des richesses, c’est la bataille qui oppose le capital et le travail.
Pour arracher plus de salaire, autrement dit plus de cotisations sociales, il faut imposer le plein emploi : du travail aux 5 millions de travailleurs qui en sont privés, le partage et la réduction du temps de travail, le refus du temps partiel imposé aux femmes. Il faut augmenter les salaires directs et la part patronale des cotisations.

Financement à 100 % par la cotisation sociale !
Vouloir financer la Sécurité sociale par d’autres modalités, notamment la taxation des revenus financiers, c’est esquiver la bataille fondamentale pour les salaires, c’est se résigner à la situation où des millions de travailleurs sont réduits au chômage et à la précarité.
Et ce n’est pas sans risque : les revenus financiers prospèrent grâce aux bas salaire et le financement des retraites évoluerait selon les cours de la Bourse. Le salaire est le meilleur moyen de taxer les revenus financiers.

Revendications pour la mobilisation :

1 Des droits collectifs pour tous les salariés du public et du privé
Le gouvernement dispose de trois leviers pour s’attaquer aux retraites :
• repousser l’âge de départ au-delà de 60 ans,
• allonger la durée de cotisation au-delà des 40, 5 annuités,
• modifier les règles de calcul : le taux (moins de 50 %) et les périodes retenues (25 meilleures années dans le privé et six derniers mois dans le public).
Il peut agir sur une, deux ou l’ensemble de ces modalités. Nos trois exigences sont indissociables. Le gouvernement annonce agir sur les deux premiers. Les modifications des règles de calcul par Balladur et Fillon ont déjà fait des dégâts importants. Nous ne renonçons à aucune de ces revendications :

• Le droit à la retraite à 60 ans au plus, à 55 ans pour les salariés ayant réalisé des travaux pénibles et ceux qui sont affectés par la dégradation des conditions de travail.
La revendication sur le travail pénible ne doit pas être une monnaie d’échange dans les négociations, mais elle est indispensable en raison notamment des fortes disparités d’espérance de vie (sept ans entre un cadre et un ouvrier).

• La pension égale à 75 % du salaire brut, calculée dans le privé et le public sur les six meilleurs mois.
La retraite c’est la continuité du salaire. Le salaire de retraite doit être celui de la qualification la plus élevée d’une carrière. C’est ce qui justifie la revendication d’une pension indexée sur le meilleur salaire, calculé sur les meilleurs mois.

• La durée maximum pour bénéficier de la retraite à taux plein à 37, 5 annuités de cotisation, en incluant les périodes de perte d’emploi, d’apprentissage, de formations et d’études à partir de 18 ans.
Il faut définir les conditions pour bénéficier d’une retraite « à taux plein » à
60 ans. Le salaire est prélevé sur les richesses produites. Il ne peut pas être identique si l’on a travaillé un an ou si on a une carrière plus longue. Notre objectif est que chacun bénéficie d’un travail : « travailler tous pour travailler moins ». Pendant le reste de leur vie, les salariés pourraient bénéficier dès
18 ans d’un « présalaire » leur permettant de vivre avant d’entrer dans l’emploi, et de pensions de retraites, salaire continué.

2 Abrogation de toutes les mesures depuis 1993 concernant les retraites « Sécurité sociale » du public et du privé, et celles des régimes complémentaires.

3 Garantir le financement par la cotisation sociale : le plein emploi et l’augmentation
des salaires.
• Un CDI à temps plein pour tous et toutes, avec un temps de travail
à 32 heures et moins si nécessaire.
• Interdiction des licenciements.
• Augmentation de tous les salaires de 300 euros net pour tous.
• Augmentation de la part patronale des cotisations.
• Tous les éléments de rémunération doivent être soumis à cotisations.
Nous sommes opposés à l’individualisation des rémunérations : l’intéressement, la participation, les stock-options doivent être intégrés aux salaires et distribués de manière égalitaire.

4 En finir avec le pillage de la Sécu
• Arrêt de toutes les exonérations de cotisations.
• Paiement des dettes patronales et de l’État.
• Arrêt des compensations des régimes salariés aux autres régimes.
Les supermarchés sont responsables de la situation des commerçants ; le Crédit agricole, les trusts alimentaires de la situation des agriculteurs ; les donneurs d’ordre de la situation des artisans. C’est à eux de payer et non aux salariés de se priver de salaire direct ou socialisé.
Dans ce cas, il serait en effet légitime de « taxer les profits ».

5 Non aux salaires de misère
• Indexation des retraites sur les salaires et non sur les prix.
• Revalorisation de toutes les retraites de 300 euros net.
• Pas de retraite en dessous du Smic revendiqué (1500 euros net).
• Rattrapage immédiat de toutes les inégalités entre les hommes et les femmes

 

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Réunion publique intersyndicale sur les retraites à Niort le 8 Juin

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Besancenot lance un appel aux leaders de la gauche pour défendre la retraite à 60 ans!"
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Manifestation de retraités devant la préfecture
Mobilisation pour nos retraites !
Communiqué du npa. Avec les retraités le 24 février.
Retraités - rassemblement place de la mairie à niort à 10 h 30 le 24 février

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Lundi 17 mai 2010 1 17 /05 /2010 19:34

lien  http://www.npa2009.org/npa-tv/all/all/19776

 

Olivier Besancenot sur Canal + à Dimanche Plus...

O.B. Dimanche +
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Lundi 10 mai 2010 1 10 /05 /2010 13:08

(AFP - extrait)

Le porte-parole du NPA Olivier Besancenot, sur LCI : "On est en deçà de ce qu'il faudrait, c'est le rendez-vous manqué de l'Europe. Aujourd'hui ce qu'il faudrait, c'est remettre en cause ceux qui sont responsables de la crise, c'est-à-dire les spéculateurs, annuler clairement la dette grecque et puis on serait en droit d'espérer qu'on substitue enfin à la Banque centrale européenne (BCE) un service public européen unique qui ait le monopole du crédit et qui prête de l'argent, mais pas pour spéculer dessus".

 

 

Vidéo d’explication de la situation en Grèce et en Europe


 

 

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Vendredi 7 mai 2010 5 07 /05 /2010 09:48
Gros succès pour le metting unitaire à Paris sur les retraite. La salle n'était pas assez grande. Il y avait autant de monde à l'extérieur qu'à l'intérieur

La gauche ne sonnera pas la retraite...

Par Pierre Gastineau,(l'express) publié le 07/05/2010 à 13:06

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De gauche à droite, le journaliste Edwy Plenel, Pierre Laurent (PCF), Olivier Besdancenot (NPA), Jean-Luc Melenchon (Parti de Gauche) et Gérard Filoche (PS), jeudi 6 mai à Bellevilloise, à Paris.

Jeudi 6 mai, Attac et la fondation Copernic donnaient rendez-vous à toute la gauche politique et syndicale à la Bellevilloise à Paris pour mobiliser contre la réforme des retraites.

La Bellevilloise, salle plus habituée à recevoir des rock stars que des politiques et des syndicalistes, atteint vite sa capacité d'accueil maximale. La plupart des militants, venus écouter leurs hérauts, n'ont pas pu mettre un pied dans le meeting. En protestation de cette organisation quelque peu chaotique, qualifiée par un militant de Sud de "bordel sans nom", ils entonnent une Internationale qui restera dans les mémoires des riverains de la rue Boyer (XXe arrondissement).

Le pari du rassemblement unitaire de la gauche, au vu du panel allant d'Olivier Besancenot à Cécile Duflot, semble réussi. Edwy Plenel, fondateur de Mediapart, se prête au rôle de maître de cérémonie. Il ne peut s'empêcher de distiller quelques piques à un Jean-Luc Mélenchon hiératique: "Les journalistes sont utiles dans le combat que nous menons", "il faut faire l'éloge du journalisme"... Ce dernier ne réagit pas, il doit être plus facile de se gausser d'un étudiant en journalisme que d'un ancien rédacteur-en-chef du Monde.

C'est au tour du président du parti de Gauche de prendre la parole, il n'a, comme tous les autres, que quelques minutes pour s'exprimer. Il relaye les craintes que les partenaires sociaux éprouvent face à la réforme des retraites: "Toute négociation se fera sous l'emprise de la peur de ce qui arrive aux Grecs, nous ne devons pas tomber dans ce piège". Moins rhéteur qu'à l'accoutumée, il appelle à une "votation populaire, sur le modèle de ce qui s'est fait pour La Poste" avant le vote définitif de la loi, qui devrait intervenir à la mi-septembre.

Cécile Duflot regarde sa montre, pensive. Ca tombe bien, c'est son tour. Elle commence: "Nous sommes d'accord." Petit rictus discret de Jean-Luc Mélenchon. La secrétaire nationale des Verts a le mérite d'évacuer les questions qui fâchent d'entrée de discours: "Discuter des solutions, ce n'est pas maintenant!" Elle appelle néanmoins de ses voeux "une discussion sur les alternatives et les propositions" de la gauche. Comme pour les autres, l'intervention est brève, La salle est pourtant conquise. "Elle parle vraiment bien, quand même", glisse à sa voisine un jeune retraité de l'Education nationale.

Le discours au micro d'Annick Coupé, militante de Solidaires, réveille enfin la salle. "Il faut une grève générale dans ce pays!". Le public applaudit, Olivier Besancenot aussi. Cécile Duflot ne cille pas. "Nous avons réussi à faire reculer la droite sur le CPE, nous y arriverons encore!", finit la syndicaliste.

Après cette harangue, un jeune homme se lève, du second rang. Inconnu de la majeure partie du public présent, il est heureusement présenté par Edwy Plenel: "Razzi Hammadi, secrétaire national du PS aux services publics". Martine Aubry avait promis que le PS serait représenté, il est effectivement venu en force... "Il faut se rassembler! Evidemment que nous ne sommes pas d'accord sur tout, mais lorsque l'essentiel est en jeu, la gauche est en capacité de se rassembler!" Les applaudissements n'arrivent pas à couvrir les railleries de certains militants: "Ils disent ça parce qu'ils ne sont pas au pouvoir, sinon, ils auraient fait pareil..." Sentiment sûrement partagé par Olivier Besancenot, qui n'arrive pas à se retenir de fustiger "la gauche qui hésite", visant le cafouillage de Martine Aubry sur le recul de l'âge légal de départ à la retraite.

Ils se donnent néanmoins rendez-vous le 27 mai pour une grande mobilisation. "Tous ensemble".

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Meeting-Paris.jpgMeeting "unitaire" d'une gauche qui voudrait faire bloc sur la défense des retraites

PARIS — La gauche a affiché jeudi soir son unité pour "faire front face au gouvernement" sur les retraites, le temps d'un meeting avec ses leaders, Jean-Luc Mélenchon (PG), Pierre Laurent (PCF), Cécile Duflot (Verts), Olivier Besancenot (NPA), au côté d'un PS représenté par Razzy Hammadi, de son aile gauche.

Après un 1er mai syndical peu mobilisateur, ce premier meeting unitaire depuis celui de décembre sur le service public, a fait salle comble --plus de 500 personnes, et du monde dehors-- à La Bellevilloise, haut lieu branché de la gauche à Paris.

L'association Attac et la Fondation Copernic, à l'origine du meeting, avaient lancé en avril un appel actuellement signé par 50.000 citoyens "pour faire entendre les exigences citoyennes sur les retraites".

C'est sous ce slogan en fond de scène qu'une quinzaine d'intervenants se sont succédé à la tribune des politiques mais aussi des représentants syndicaux notamment du FSU, Solidaires, CGT finances, Unef, Confédération paysanne.

D'emblée, le président de Copernic, Willy Pelletier, a donné le ton: "ce gouvernement ne veut pas réformer les retraites mais organise la peur sur l'avenir. Nous, nous défendons la civilisation du tous ensemble".

Pour Pierre Laurent, numéro deux du PCF - qui remplaçait Marie-George Buffet: "nous sommes ici pour faire front, face à un gouvernement qui veut passer en force". Il a dénoncé un gouvernement qui organise "l'intox autour de chiffres fantaisistes" et "une parodie de débat", appelant à la "mobilisation" pour la journée syndicale du 27 mai.

Olivier Besancenot a lancé: "Ce soir, c'est un engagement que les organisations politiques et syndicales prennent pour mener une campagne unitaire", "une campagne jusqu'à la victoire".

"Quand toute la gauche politique et sociale parle d'une seule voix +on ne touche pas aux retraites à 60 ans+, du côté de l'Elysée, on raisonne un peu différemment que quand la gauche hésite, est divisée ou dit +une fois 60 ans, une fois 62 ans+", en allusion à certains propos flous de Martine Aubry.

"Il n'y a pas de place pour le sectarisme les querelles de chapelle ni au niveau social, ni au niveau politique", a martelé le leader du NPA.

Son appel à participer à ce meeting n'a pas été entendu de la patronne du PS, mais Razzy Hammadi, proche du porte-parole Benoît Hamon, reconnaît: "Evidemment ici nous ne sommes pas d'accord sur tout mais nous savons qu'il va falloir porter les alternatives, mobiliser les concitoyens".

Selon lui "lorsque l'essentiel est en jeu, la gauche est en capacité de se rassembler, de se mettre en mouvement pour résister et demain, je l'espère aussi, de proposer".

Mais pour Cécile Duflot, outre la mobilisation "il est nécesaire que nous ayons une discussion sur les alternatives et les propositions". "Il faut préparer un discours qui s'oppose aux solutions préfabriquées du gouvernement".

Jean-Luc Mélenchon, lui, réclame une "votation citoyenne" sur les retraites: "L'arbitre, c'est la souveraineté populaire", "il faut se battre pour qu'il y ait un referendum" que la Constitution réformée permet. "C'est entre maintenant et le 7 septembre qu'il faut agir", en dénoncant "l'empire de la peur".

Mais, prévient-il, la "première condition, c'est d'être ensemble. Si on se dispute, on est perdus".

"Rien n'est jamais écrit", a assuré Annick Coupé (Solidaires) "Le calendrier est extrêmement court, mais tous ensemble, on peut gagner".

D'autres initiatives unitaires sont prévues, notamment à Marseille le 7 juin.


Article JDD

Retraites: La gauche veut faire front commun

D'Olivier Besancenot à Cécile Duflot, plusieurs leaders ont affiché leur unité sur le dossier qui fâche.

Une "victoire" sur les retraites qui, ils l’espèrent, pourrait en préfigurer d’autres. Jeudi soir, les leaders de la gauche ont affiché leur unité à La Bellevilloise, à Paris, cadre bobo branché d’un premier meeting visant à consolider un front commun sur cet épineux dossier. "Si on est d’accord pour demander la retraite à 60 ans, pourquoi ne pas le dire ensemble?" s’interroge, faussement naïf, Olivier Besancenot, avant de prendre place sur l’estrade entre dirigeants politiques, syndicaux et associatifs, tendance plutôt gauche de la gauche, de Pierre Laurent (PCF) à Cécile Duflot (Verts) en passant par les représentants d’Attac et de la Fondation Copernic, à l’origine de la rencontre et d’un appel au dialogue signé par 50.000 personnes.

Pendant la soirée, le leader du NPA sera cependant le seul à marteler devant une salle comble cette exigence du départ à 60 ans. Car si le principe semble plutôt partagé, dans l’absolu rien n’est tranché au sein d’Europe Ecologie et du Parti socialiste. Cécile Duflot et Daniel Cohn-Bendit, en pleines tractations sur le futur du mouvement, n’ont pas trouvé de position commune et Olivier Besancenot a profité de la soirée pour reprocher au PS sa reculade sur l’âge de départ à la retraite, offrant ainsi sur un plateau d’argent l’image d’une gauche désunie.

Lancer une grande consultation populaire

La présence des deux grands vainqueurs des régionales, encombrants alliés dans cet attelage ancré plutôt très à gauche, est cependant nécessaire. Alors, les participants font référence aux riches heures des alliances de gauche contre les projets du CPE ou de la réforme de La Poste plutôt qu’aux querelles du passé. A l’image des autres participants, Razzy Hammadi, secrétaire national du PS en charge des services publics, met l’accent sur cette gauche "en capacité de se rassembler, de se mettre en mouvement pour résister et, demain, je l’espère aussi, de proposer".

Proposer quoi ? On ne sait pas vraiment – même si tous parlent d’une "meilleure répartition de richesses" "détournées" au profit des "responsables de la crise" voulant mettre à bas le système par répartition –, puisque le meeting vise aussi à lancer une grande consultation populaire, dont la prochaine étape est prévue le 7 juin à Marseille. Une consultation qui s’oppose, évidemment, à celle proposée par Eric Woerth, coupable de défendre des "solutions préfabriquées" aux arguments comptables falsifiés, dénoncées par Cécile Duflot, reçue l’après-midi même par le ministre du Travail. Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) avance, lui, l’idée d’une "votation citoyenne", un référendum d’initiative populaire, qui a cependant peu de chances de voir le jour d’ici à la discussion du projet de loi, début septembre.

Car le calendrier est serré. La solution est donc pour l’instant de débattre mais surtout de résister, pour renverser la "peur" que chercherait à instiller le gouvernement en s’appuyant sur l’exemple d’une Grèce au bord de la faillite. L’intersyndicale ayant décidé peu avant le meeting d’un grand rassemblement le 27 mai, on insiste pour une mobilisation commune dont l’apogée pourrait avoir lieu début juin, après un 1er-Mai décevant. Olivier Besancenot veut voir dans la soirée les prémices d’un engagement, d’un pacte, voire d’un nouveau "Front populaire". Un front qu’il va cependant falloir faire vivre en dépit des obligations et des prétentions des uns et des autres. Alors que les lumières se rallument dans la salle de La Bellevilloise, Duflot, Mélenchon et Hammadi ont déserté depuis longtemps.

 


 

 

Meeting à Paris pour défendre les retraites....

http://www.npa2009.org/npa-tv/all/all/19664


 

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Par NPA 79 Nord - Publié dans : Politique - Communauté : les anti-capitalistes
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