Hier samedi 6 février à Poitiers, une manifestation de soutien aux sans papiers réunissant près de 300 personnes a été la cible de la provocation et de la répression policière.
Une manif plutôt joyeuse et paisible
La manifestation s’était déroulée calmement, au rythme animé et joyeux d’une fanfare et de slogans en soutien aux sans papiers. Pendant tout son parcours nous avons été filmé, suivi par des policiers en civil et en uniforme visiblement tendus et au regard hostile.
A sa dispersion, près de la place de la Préfecture, la police a commencé à faire des contrôles d’identité et des fouilles au corps en visant particulièrement les jeunes.
Nous avons alors réagi demandant que la police les laisse dans la mesure où ils n’avaient fait que participer à une manifestation. A ce moment là il restait environ une cinquantaine de personnes.
Et là tout a été très vite
Les policiers nous ont alors encerclés, nous demandant de nous disperser ce que nous ne pouvions bien sûr plus faire vu leur positionnement autour de nous ! Certaines personnes ont eu peur, ne sachant quoi faire, d’autres ont été bousculé. Un jeune a été plaqué au mur, une matraque coincée dans le dos, une fille emmenée dans le fourgon. Ils nous ont alors contraint à avancer, en groupe, vers la place d’Armes et nous ont fait passer dans la rue piétonne principale et commerçante jusqu’à la place du palais de justice ou là ils nous ont enfin laissé. Démonstration de la force policière en plein cœur de la ville un jour de grande influence, on peut s’interroger ? !
Pendant tout ce temps nous sommes restés calmes ce qui n’est absolument pas le cas des policiers qui ont continué d’attraper rue Gambetta et d’embarquer des jeunes qui s’approchaient d’eux un peu trop près. A la fin de l’après-midi 6 personnes avaient été interpellées et emmenées au commissariat.
Les manifestants choqués et révoltés
Bien sûr tout le monde a été surpris et ne s’attendait pas à une telle charge policière. Rien ne justifiait ce comportement hostile de la police, il faut le dire et le redire autour de nous. Nous sommes face à des comportements policiers (avec une volonté délibérée ?) qui génèrent de la tension, de la peur, de la révolte, le sentiment que nous ne sommes plus libres de manifester. A Poitiers, les contrôles d’identité au faciès (aujourd’hui les jeunes), les fouilles au corps, les gardes à vue, les arrestations tout azimut à l’occasion de manifestations sont des pratiques que nous n’avons jamais eues. Nous devons les dénoncer. Elles sont inadmissibles pour qui conque est attaché à la démocratie et au droit d’expression qui est attaché.
Nadine Courilleau,
manifestante le samedi 6 février 2010 en solidarité avec les sans papiers
extrait du blog: Antirepression 86: lien......
Article La Nouvelle République (Vienne)
Soutien aux sans-papiers : six interpellations
Les manifestants ont prévu de se retrouver à nouveau ce
soir à 18 h devant le palais de justice. : (Photo NR, Patrick Lavaud)
La manifestation de soutien aux sans-papiers a mal tourné à Poitiers. La police a interpellé six personnes dans la confusion la plus totale.
Samedi, pour cette manifestation de soutien aux sans-papiers à l’appel du Collectif contre les expulsions et pour le droit de vivre en France, rejoint par d’autres associations et partis politiques, dix bus de CRS avaient été mobilisés sans compter les policiers en tenue et en civil. Une manifestation ayant regroupé 300 personnes selon les participants, dénonçant la précarité, demandant le respect des droits des étrangers, la régularisation de tous les sans-papiers. Une manifestation dans le calme jusqu’à ce qu’un contrôle d’identité oppose manifestants et policiers. « Provocation des policiers », « mise en place d’une souricière », ont dit les uns, « protection des fonctionnaires », « virulence des manifestants », ont répondu les autres.
Résultat des courses, six interpellations et six gardés à vue selon le commissariat. Autant de personnes qui ont quitté l’hôtel de police en soirée samedi.


ILLE (Reuters) - Condamnés à de la prison avec sursis
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